Les lecteurs européens que nous sommes connaissent la démesure des paysages canadiens au travers des récits virils de voyageurs aventuriers, de carnets d’écrivains géographes aux accents volontiers lyriques. Le premier recueil de Kristina Gauthier-Landry, publié par les Éditions La Peuplade, nous donne à voir un tout autre Québec : celui d’une femme, Montréalaise native de Natashquan, qui revient sur ses pas pour retrouver la magie et les secrets du pays de son enfance. Et c’est une voix talentueuse.
Auteur : Cathy Jurado
Septième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Chute libre est une émission de Paul de Brancion qui s’entretient ici avec Joël Vernet.
On aurait intitulé ce texte : « Éloge du silence ». Parce que cela fait longtemps que ce titre-programme trotte en tête. Et puis, au moment de se mettre à l’écriture, découvrir que le titre existe, qu’il a été celui d’un livre à succès il y a trente ans et seize fois réédité depuis : un essai sur le silence qui est surtout un livre de sagesse, par un auteur qui puise dans la philosophie asiatique et cite le maître zen Deshimaru : « Vous devez pouvoir méditer sous les bombes ! »
C’est une jeune femme brune au sourire conquérant, qui brandit un drapeau au cœur d’un concert de milliers de jeunes gens qui reprennent à plein poumon les refrains de cinq garçons dans le vent.
Le cinéma sert à poser des questions, pas à y répondre, disait le tout jeune Leos Carax à la Berlinale de 1987. Il semblerait que toute une nouvelle génération de cinéastes l’ait pris au pied de la lettre, commençant à remettre en cause toute forme d’assignation du film à un genre, à une fonction, à un public. Le nouveau film-question de Patric Chiha arbore fièrement son hybridité, en défiant dès son titre les attentes d’un spectateur éventuel, ce spectateur cœur de cible dont tout le monde sait qu’il n’existe plus mais qui continue, du fond du gouffre, à dicter la loi du marché affolé des images.
Inédit posthume : les mots sont lâchés, la pupille d’abord se dilate d’excitation puis le cerveau se calme et on en vient à se méfier. A quoi s’attendre ? Juvenilia dispensables, fond de tiroir oublié, rebus mal aimé ? Quelle surprise Bolaño depuis sa tombe nous-a-t-il réservés ? La question est légitime car Le Troisième Reich, premier roman inédit publié en 2010 sept ans après la mort de Bolaño, avait mis la barre très haut. Entrons donc prudemment dans ce second tome d’Œuvres Complètes.
Sixième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
Dans son nouvel ouvrage Les Mille et une nuits aujourd’hui, Christiane Chaulet Achour, spécialiste des littératures francophones et comparées, part sur les traces des réécritures contemporaines du recueil de contes arabes, d’origine persane et indienne, qui ont marqués des générations de lecteurs. Elle en décrypte les « itin-errances » et en interroge les réinventions et les reprises.
Sylvain Prudhomme a embarqué sur le Pandémonium avec un texte inédit, « La mélancolie des paquebots », 60 notations sur un présent opaque, dérivation maritime et littéraire. Eléa Terrode et Nathan Devillard, qui ont suivi ses masterclasses durant deux ans dans le cadre du Master de création d’Aix-Marseille Université, racontent :
Cinquième lecture d’un extrait du « Monologue de Bassoléa », un des chapitres de Des espèces de dissolution, de Juliette Mézenc, paru en 2019 aux éditions de l’Attente.
pour Émilie et Loïc
On aimerait, mais il s’agit d’un vœu pieux, que la philosophie ne nous arrive jamais sous sa forme dégradée ou désamorcée. Or, tout se passe trop souvent comme si la pensée tendait à être intégrée, à l’image de toute chose, au spectacle et à sa glaçante ironie. À commencer par Le Mythe de Sisyphe (1942) d’Albert Camus.
Chute libre est une émission de Paul de Brancion qui s’entretient ici avec Gilles Weinzaepflen pour son livre Soleil grigri paru aux éditions LansKine.
Depuis 2003, Perrine Le Querrec publie à un rythme frénétique, multipliant les sujets, les formes, proposant des livres qui constituent à chaque fois des objets différents et audacieux. Les trois textes publiés début 2020 dessinent de manière saisissante les contours d’une poésie contemporaine parmi les plus remarquables.
Côme Martin-Karl a publié des nouvelles dans La Nouvelle Revue Française, des romans, les premiers parus chez Jean-Claude Lattès : Les Occupations (2013) raconte l’histoire d’un gratte-papiers qui s’improvise censeur des pièces de théâtre de Jean-Paul Sartre sous l’Occupation ; Styles (2017), celle d’un étudiant qui consacre son mémoire de sociologie au chanteur Harry Styles. Avec La Réaction, paru chez Gallimard en février dernier, il signe une brillante satire du milieu réactionnaire en peignant ses lieux de sociabilité entre messes intégristes et réunions « contre la Grande Déliquescence ».