Il est des premiers romans qui emportent tout sur leur passage. Citons, pour notre immédiat contemporain, Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck, L’Eté des charognes de Simon Johannin ou Nos Mères d’Antoine Wauters. A cette liste on pourra désormais ajouter Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard, premier roman incandescent qui paraît aujourd’hui aux éditions de Minuit.
Auteur : Johan Faerber
Peut-être cette année vivons-nous, comme jamais, une rentrée post-littéraire.
Quatre ans après le puissant Nos Mères, roman clef de notre contemporain, Antoine Wauters revient en cette rentrée avec non pas un mais deux romans, remarquables l’un l’autre : le fraternel Pense aux pierres sous tes pas et le noir Moi, Marthe et les autres.
Sans doute Par les écrans du monde de Fanny Taillandier qui paraît aujourd’hui est-il non seulement l’un des romans les plus importants de cette rentrée mais, plus largement, l’un des plus remarquables parus ces dernières années.
La chose est entendue : l’Affaire Benalla-Macron est désormais l’Affaire. De révélations en révélations presque toutes les heures, l’affaire occupe chacun, mobilise tout et canalise toute l’énergie des infos.
Voici deux ans jour pour jour que Jean Ricardou, l’aventurier du Nouveau Roman, nous a quittés. C’est à l’occasion conjointe de l’anniversaire de sa disparition et de la parution des très beaux deux premiers tomes de son Intégrale aux Impressions Nouvelles dirigée par Erica Freiberg et Marc Avelot que Diacritik a interrogé ce dernier.
Après Éclaircies sur le terrain vague et Avis d’orage en fin de journée, Christian Rosset, compositeur mais aussi producteur sur France Culture, revient à l’écriture avec un splendide nouveau texte : Les Voiles de Sainte-Marthe, remarquablement édité par Hippocampe.
Ciclic, en partenariat avec Diacritik et la Maison Max Ernst vous a proposé une série de rencontres avec Camille de Toledo, autour de son puissant projet Écrire la légende. Lors d’un ultime rendez-vous, le 23 juin à 15h, l’écrivain poursuit sa lecture inquiète et noire du texte en cours d’écriture et dévoile comment le livre à venir, longtemps reculé, est devenu possible grâce à la mise en partage lumineuse du passé lors de ces rencontres mensuelles à Huismes (37).
Macron, c’est l’avènement d’une ère, celle de la responsabilisation comme discours criminogène. Comment ne pas être stupéfait par les propos tenus sur la vidéo postée par sa conseillère, propos tenus par celui qui vous sert de président depuis bientôt un an ? Le discours ici proféré s’appuie sur une notion clef de l’ère criminogène : la responsabilisation. Les aides sociales coûtent « un pognon de dingue », elles ne servent à rien : les pauvres demeurent toujours en dépit des aides pharaoniques accordées toujours invariablement pauvres. Ils sont toujours à eux-mêmes leur propre tautologie, c’est ça qui est désespérant, donc inutile. Il va falloir, dit Macron, les responsabiliser.
« Il faut prendre soin de ceux qui restent et enterrer les morts. On n’écrit pas autre chose. Des tombeaux » avançait Mathieu Riboulet, partageant sa voix avec Patrick Boucheron, à l’entame de Prendre dates à propos des attentats de 2015 pour venir dire combien, désormais, à la mesure des morts qui peuplent les jours et les nuits, il appartient à chacun d’œuvrer non à la déploration continue et au deuil irréversible des êtres disparus mais d’en convoquer la revie depuis la littérature même.
En partenariat avec Diacritik, Ciclic et la Maison Max Ernst vous proposent une série de cinq rendez-vous avec Camille de Toledo, autour du projet Écrire la légende. Lors de la rencontre qui aura lieu, à 20h30, ce jeudi à Huismes (37), l’écrivain poursuivra sa lecture du texte en cours d’écriture qui part des photos et des archives familiales pour explorer un Livre des Morts intime. C’est sur cette grande traversée de la mort par l’image à la croisée du documentaire et du fabulaire que Diacritik a voulu revenir avec le romancier le temps d’un grand entretien.
Gérard Genette, c’était peut-être, d’un mot qu’il n’a jamais prononcé, bien plutôt l’écriture d’une aventure que l’aventure d’une écriture.
« Il faut tenir, et courir, s’élancer d’une enceinte à l’autre. Papillonner, flirter, continuer la discipline de légèreté. Tenter d’obtenir ce sentiment impur, inachevé et possible du chagrin heureux »
Sans doute, parmi les jeunes revues qui, depuis quelques années, apparaissent de manière flamboyante dans le paysage contemporain, Possession immédiate s’impose-t-elle comme l’une des plus riches et des plus vives.
Terrain Vague, indéniablement la meilleure revue du moment, l’une des plus audacieuses et neuves, lance ce mercredi, avec force joie et cotillons, son quatrième numéro à la Générale.