La gentrification des esprits est le deuxième livre de Sarah Schulman à être traduit en quelques mois en français. Dans cet essai, elle analyse les rapports entre la gentrification urbaine et l’homogénéisation des pensées, des cultures, du tissu social. Rencontre et entretien avec la romancière, essayiste et dramaturge américaine.
Auteur : Jean-Philippe Cazier
Retour à Reims est un travail sociologique d’autoréflexion autant qu’un récit autobiographique. La sociologie et le parcours individuel, le subjectif et l’objectif, l’épistémologie et le récit de soi y sont indissociables.
The Gypsy Faerie Queen s’ouvre sur quelques notes fragiles, au piano d’abord, auquel s’adjoint l’esquisse d’une mélodie très simple au violon. Cette ouverture semble nostalgique, étrangement belle – une possibilité naissante, une existence nouvelle qui se décide à être. Ou le retour d’un souvenir lointain comme une voix d’enfant. La musique a été composée par Nick Cave, le texte est écrit par Marianne Faithfull.
Dans De toutes pièces, de Cécile Portier, le narrateur est un curateur paradoxal : il soigne mais ce qui est mort, ce qui a d’abord dû être détruit ; il protège ou prend soin de ce qui ne lui a rien demandé – le monde – et n’a pas besoin de lui ; il réunit les pièces d’une exposition qui n’a pas lieu, les pièces rassemblées demeurant invisibles, enfermées dans des caisses.
De nouveau sa voix était là. A nouveau. Soudain, sa voix reconnaissable entre mille. Avec sa tristesse discrète, murmurée. Avec son espoir prononcé presque en silence. La tristesse et l’espoir sont constatés dans la voix, ils sont dits et chantés et existent de manière égale. Comme une prière ou un appel, une prière non religieuse mais comme l’appel d’un homme seul à celui ou celle que l’on aime, que l’on a aimé. Un appel à cette absence qu’est l’autre et à l’absence qu’il ou elle a laissée pour toujours.
Dans Burning, Lee Chang-dong ne raconte pas une histoire mais plusieurs. Ou plutôt, il agence des fils narratifs qui s’enchaînent, se brouillent, se font écho, chacun prolongeant ou problématisant les autres. L’ensemble est étrange, indécidable. Burning est un film de la bifurcation, un film peuplé de fantômes. Tout y diffère de soi, y compris le film lui-même, qui sans cesse bifurque, devient autre que ce qu’il était. Tout y existe selon un processus de fantomatisation par lequel ce qui est s’absente et persiste à travers cette absence.
Du 23 septembre au 7 octobre prochains, le Mémorial de la Shoah proposera une rétrospective consacrée à l’œuvre documentaire de Marcel Ophuls, cinéaste incontournable, interrogeant la mémoire historique française et européenne ainsi que les rapports entre cinéma, histoire, mémoire et politique.
A l’occasion de la parution de La première année, rencontre avec Jean-Michel Espitallier et entretien où il est question de ce livre-ci mais aussi, de manière plus générale, de son travail d’écrivain, de la musique, de Wittgenstein, de la guerre et de la banalité du mal, de Francis Ponge et de la batterie, de bricolage, du syllogisme, ainsi que d’un livre en cours d’écriture.
Du 12 au 22 septembre se tiendra à Paris la 11e édition du festival Jerk Off. Depuis ses débuts, la spécificité de ce festival est d’être pluridisciplinaire et surtout de proposer des expressions subjectives et artistiques qui n’ont pas comme cadre de référence les normes hétérosexuelles dominantes.
Aujourd’hui nous sommes à nouveau le 28 août. À nouveau je peux me souvenir de toi, aujourd’hui. Ce serait ton soixante-huitième anniversaire. Qu’aurais-tu pensé de ce que le monde est devenu ? Te souviens-tu de nous deux ? Te souviens-tu de ce que le monde était avant le SIDA ? Et qu’aurais-tu pensé de ce que le monde est devenu ?
Le roman d’Eric Richer, La Rouille, est une sorte de tragédie : spirale de mort, logique implacable d’un monde indifférent aux volontés humaines.
La première année, de Jean-Michel Espitallier, est le livre d’une expérience en elle-même multiple : expérience de la mort, de l’absence, du langage, du sujet, du temps.
Les vidéos montrant Alexandre Benalla en train d’agresser physiquement une femme et un homme sur la place de la Contrescarpe n’ont suscité une réelle polémique que quelques mois après leur diffusion sur les réseaux sociaux, lorsqu’il s’est avéré que l’agresseur était le collaborateur du président de la République et qu’il n’était pas policier.
Il arrive que quelqu’un vous manque et vous ne le saviez pas. Il arrive que quelqu’un vous manque et un jour il est déjà trop tard. Michel Butel vient de décéder. Je crois que Michel Butel a manqué à beaucoup de monde depuis des années, sans que nous le sachions clairement. Je crois qu’il m’a manqué, sans que je le sache clairement.
Alors que le footballwashing généralisé auquel a donné lieu le Mundial 2018 était sur le point d’atteindre son apogée, les Pussy Riot ont fait en sorte de gâcher cette grande fête nationaliste et viriliste.