Le risque d’oublier est fort lorsque, dans l’échelle des atrocités commises au fil de l’Histoire, la mémoire des uns, minoritaires, est mise en retrait. Il faut reconnaître qu’en plus d’être une poudrière, le puzzle géographique balkanique échappe souvent à la connaissance et à la compréhension.
Auteur : Laurence Bourgeon
Paru en 2013 et développé par le studio américain Galactic Cafe, The Stanley Parable est presque un jeu vidéo — on le décrit habituellement comme une fiction interactive. Nous pensons pour notre part qu’il s’agit d’un jeu vidéo critique. L’ironie mordante du titre annonce d’emblée un récit aux proportions bibliques, porté par un héros tout à fait commun. De fait, le jeu nous propose d’incarner le plus modeste employé d’une entreprise anonyme.
Paru en 2013 et produit par un seul homme, le développeur américain Lucas Pope, Papers Please est un jeu vidéo inclassable aux graphismes rudimentaires, qui n’ambitionne rien de moins que de nous faire jouer le rôle d’un petit fonctionnaire, chargé d’admettre ou non sur le territoire d’un pays soviétique imaginaire une foule qui se presse tous les matins à l’entrée de son checkpoint.
Dès la 1ère salle ça vous prend
aux tripes
Ça vous prend aux tripes
«Ce qu’on ne peut pas dire, il faut le taire», a dit Wittgenstein. Oui, mais Derrida a aussi dit qu’on avait le droit d’essayer de l’écrire, alors je tente le coup.
Que voient-ils ? Que regardent-ils ? Quels secrets entretiennent les gardiens de musées avec les œuvres sur lesquelles ils veillent ? Le photographe américain Alec Soth, qui collabore régulièrement au New Yorker est retourné à Minneapolis, ville dans laquelle il a grandi, pour interroger les gardiens de musée du Minneapolis Institute of Arts sur leurs pensées secrètes et les photographier devant leurs œuvres préférées.
Il y a aussi peu de trémolos dans Le Voleur de voitures que dans Le Vin de la jeunesse de John Fante. Et les larmes montent aux yeux avec la même douceur, provoquées par une émotion simple, je dirais presque suffisante, essentielle. J’aime les livres des éditions Tusitala en ce qu’ils sont — pour ceux de la veine que je dirais « sociale » du catalogue — un vrai baromètre de ma sensibilité.
Dandy, roman de Richard Krawiec édité aux États-Unis en 1986 sous le titre Time sharing, est le récit d’une rencontre de deux solitudes, celle d’Artie et de Jolene, deux errances dans l’Amérique libérale des années 80. Né dans le Massachusetts, enseignant et travailleur social, l’auteur a plongé sa plume dans l’acier trempé du réel. Dandy est un livre nécessairement violent, publié par les jeunes éditions Tusitala, en 2013 et, depuis la mi-septembre, disponible en poche, aux éditions Points.
Un aventurier de fortune porteur d’un message en quête de son destinataire, un monde de papier s’effeuillant au rythme de ses narrateurs sous les traits du ciel et de la terre et, entre les deux, vous, le Vou, tel est le nom dont vous vous retrouvez affublé dès les premières minutes. Tearaway Unfoled, dernier conte du studio anglais Media Molecule et adaptation de l’opus sorti il y a 2 ans sur Playstation Vita, offre une aventure de taille à son héros Iota et n’hésite pas à jouer constamment avec les codes de la narration et du gameplay en y incluant brillamment le joueur.
Les éditions Le Tripode ont publié en 2013 la biographie que Jean-Jacques Pauvert a consacrée à Sade. A cette occasion, Lucie Eple avait rencontré Jean-Jacques Pauvert dans sa maison du sud de la France, au Rayol. Jean-Jacques Pauvert, dont le nom est à jamais associé à toute littérature transgressant marges, codes et conventions, est mort en septembre 2014. Cet entretien vidéo est l’un de ses derniers. Sade, Pauvert, à jamais vivants.
Septembre 2015. Quatre heures du mat’, air moite, pas de clim, jet lag, insomnie, Glenn Gould, sirènes hurlantes sur Amsterdam Avenue, échafaudages sur l’escalier de secours, une fenêtre sur cour, ma West Side Story commence.