En 2012, Jacques Tardi entamait un voyage dans l’histoire personnelle des Tardi père et fils : en retranscrivant (le terme d’adaptation serait trop impersonnel) les carnets de son père, le fils faisait œuvre de mémoire et racontait par le menu les silences paternels, la guerre et la capitulation éclair, l’enfermement dans un camp de prisonniers. Ainsi naissait Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, une série de trois albums à laquelle Jacques Tardi met fin avec Après la guerre

On ne remerciera pas Telerama pour son court article intitulé « Je corrige donc je suis : le phénomène ‘Grammarnazi’, décrypté par Linguisticae ». On ne remerciera pas non plus le youtubeur Romain Filstroff qui, ayant fait de la linguistique son fond de commerce 2.0 et présenté par le journal comme une « figure incontournable de la pop culture web », accumule les erreurs et enchaîne les âneries en pérorant sur son canapé. Jusqu’à tomber dans la caricature et la catégorie des intégristes de la langue qu’il entend « analyser » ou (peut-être) dénoncer.

Adoubés par Stephen King qui voyait dans Que la bête s’échappe (Seuil 2016) « un livre extraordinaire plein de suspense et de mystère surnaturel », Jonathan et Jesse Kellerman signent avec Exhumation le premier opus d’une série en devenir qui met en scène un jeune officier du bureau du coroner de San Francisco. De la ville sur la baie aux hauteurs du lac Tahoe, Exhumation est le récit d’une quête de vérité dérangeante misant sur la psychologie des  personnages davantage que sur les artifices dévolus au genre.

Croisement relativement prévisible entre l’aseptisée Friends et l’alcoolisée How I Met Your Mother, Friends From College se révèle une agréable surprise au pays des sitcoms de « BFF » (meilleurs amis pour la vie en VF et en superlatif dans le texte). Ou comment Netflix réinvente la série de potes (sous Viagra et en phase avec l’époque).

Le visionnage de Sex Education, la nouvelle série de Netflix encensée par la presse (à de rares exceptions près) s’est achevé sur des sentiments partagés. Il ne s’agit nullement d’être critique à tout prix et encore moins de se poser en père la pudeur, mais, malgré de vraies qualités, Sex Education est tout de même bien loin de cocher toutes les cases de ce qui fait un incontournable.

Depuis L’extension du domaine de la lutte et après Soumission paru en janvier 2015, Michel Houellebecq nous assène sa Weltanschauung d’occasion avec une régularité de métronome dépressif : il n’est pas usurpé de dire que le tout récent récipiendaire de la Légion d’Honneur n’a de cesse de construire et reconstruire son œuvre d’observateur onusien de la société française en affectant un style invariant pour nous parler des affres du mâle blanc occidental atrabilaire en milieu plus ou moins tempéré.

Fin 2018, j’étais las. Cela faisait des semaines que j’essayais de rationaliser, de réfléchir, de dépasser le stade émotionnel qui fait réagir promptement et écrire des inepties en moins de temps qu’il n’en faut à Donald Trump pour commettre un tweet imbécile pris pour un communiqué de presse de la Maison Blanche par une moitié de la planète et pour une nouvelle raison de moquer la baderne américaine par la seconde. J’étais fatigué au point de retarder le moment où j’écrirais ce texte définitif et prétentieux qui aurait valeur de leçon (du moins dans mon esprit chagrin).

Le combat continue. Les seniors les plus attachants de la bande dessinée sont de retour et ils n’ont rien perdu de leur gouaille et de leur superbe. Après le grand capital, l’environnement, les activistes vermeils s’attaquent à la justice sociale et à l’égalité des chances. Au cœur de ce nouvel opus des aventures des papys résistants : la cause des migrants et toujours plus de chaleur humaine dans un monde brut.

La connerie est-elle innée, inévitable, inhérente à chacun, affichée ou sournoisement tapie sous les atours d’une intelligence moyenne ou la simple expression d’une bêtise évidente ? Une question complexe (et  des réponses qui le sont tout autant) que propose d’embrasser l’ouvrage collectif Psychologie de la connerie, paru aux éditions Sciences Humaines.

Depuis le 22 octobre dernier et à chaque nouvel épisode, on a envie de dire « précédemment dans Le Bureau des Légendes » à l’américaine et en VO avec la voix grave d’un mec qui fume trois paquets de cigarettes par jour depuis vingt ans. Alors que la saison 4 s’achève ce soir sur Canal Plus, Le Bureau des Légendes est déjà disponible en intégralité et en replay sur les plateformes pour une expérience de « visionnage boulimique » (en VF dans le texte).

Ils sont de retour le 14 novembre sur France 2 : Andréa, Mathias, Gabriel, Arlette, Hicham, Camille… les agents d’ASK aux affres intimes aussi nombreuses que les desiderata et doutes de leurs talents. Pour cette troisième saison, si la recette est toujours la même, les guests s’appellent Jean Dujardin, Béatrice Dalle, Isabelle Huppert, Gérard Lanvin ou Monica Bellucci : des stars en contre-emploi, des acteurs au bord de la crise de nerfs, du second degré en veux-tu en voilà. Avec une mention spéciale pour Isabelle Huppert qui s’auto-parodie avec bonheur en jouant une workaholic plus vraie que nature.

Les années 50, New York, l’Upper West Side versus le Lower Manhattan. Des condos de Columbus Avenue aux caves de l’East Village, ce sont deux mondes qui se télescopent et qui augurent bien plus qu’une sit-com aux rires enregistrés et aux punchlines formatées. Hommage au stand-up et chronique d’une époque révolue et des temps à venir, The Marvelous Mrs Maisel est sans conteste la meilleure série de l’année.