Un essai remarquable de Valérie Gérard, Les formes du chaos, nous rappelle que Virginia Woolf fut non seulement un des grands écrivains métaphysiques anglais du XXe siècle, l’équivalent féminin en prose de T.S. Eliot (la conversion de celui-ci au christianisme rendant plus tangible cette interprétation), mais également une auteure politique et sociale, consciente des aliénations de son temps. Prise dans l’étau des deux catastrophes majeures que furent 1914-1918 et 1939, elle n’a cessé d’explorer de nouvelles formes pour les confronter au chaos des guerres, à l’arrogance de l’Empire, à la toute-puissance du patriarcat.

Personne n’est élu a priori, ni historiquement, ni géographiquement : on ne choisit pas le lieu de sa naissance ni ses parents. Mes parents n’ont pas décidé à l’avance la couleur de mes yeux (ni mes résultats en classe). Mon caractère timide n’a pas été coché sur une grille d’évaluation.  D’où il s’ensuit que le hasard est plus fort que l’élection, laquelle est réduite à un minuscule rectangle blanc (bulletin de vote).