Chers amis, chers artistes, metteurs en scène, musiciens, comédiens, cinéastes, militants, associatifs, élus, nous allons lancer, dans les heures qui viennent, Ricardo Montserrat Galindo et moi, auprès de tous ceux qui nous sont proches, qui nous aiment, qui se battent à nos côtés, en urgence, en état d’urgence, une campagne d’urgence, une lecture publique de ce que Asli Erdogan a écrit, et qui risque de la tuer.

Chaque jour depuis septembre, plusieurs écrivains turcs se tiennent debout face à la prison pour femmes d’Istanbul. Solidaires, ils protestent contre l’emprisonnement d’Asli Erdogan, l’auteur du Bâtiment de pierre. Jeudi dernier, les procureurs turcs ont réclamé la prison à vie pour la romancière qui, à 49 ans, n’a jamais commis d’autre crime que d’écrire dans une presse favorable aux revendications du peuple kurde.

C’est avec trois livres récents, autour du corps — corps du délit, corps du délire — que Catherine Simon a choisi d’ouvrir sa rentrée littéraire 2016 sur Diacritik, avec Désorientale de Négar Djavadi (éditions Liana Levi) et Frankenstein à Bagdad de Ahmed Saadawi (éditions Piranha), mis en regard avec un livre récemment paru chez Actes Sud, Yokainoshima du photographe Charles Fréger.