Mieux vaut lire Pétrole que d’aller voir le spectacle de Sylvain Creuzevault à l’Odéon théâtre de l’Europe. Ou alors quitter la salle dès que possible puis aller relire ne serait-ce que le début du livre, ou le lire tout court.
Théâtre
Jusqu’au 24 juin, Marie Terreton interprète sur scène des textes de Charlotte Delbo, dans une mise en scène de Vincent Garanger. Prière aux vivants est une plongée délicate et précise dans un récit de vie face à l’effroi.
Trahisons (Betrayal, en anglais) n’est pas vraiment un bon titre en ce sens qu’il n’y a rien de moraliste dans la pièce de Harold Pinter. On y ment. On se ment. On pense que personne ne sait qu’on ment. Et il en ressort de la vérité.
On pourrait dire que c’est l’histoire d’une robe : la robe de princesse dont toute petite-fille se doit de rêver. Avatar de celles qui firent pleurer Peau d’Âne ou que les fées de la belle au bois dormant coloraient d’un coup de baguette magique, une robe de mariée trône pendant toute la représentation sur le plateau de Lacrima, au cœur de toutes les conversations, au centre de toutes les préoccupations : elle en est le fil, blanc, le motif central et obsédant.
J’ai souhaité que Claudio soit séduisant, afin de ne pas cantonner Marianne dans un rôle d’épouse subissant un mariage arrangé, mais comme affirmant son indépendance. Elle va se révolter, et la victime expiatoire de l‘intrigue ne sera pas une femme mais un homme. Aucun des personnages ne se trouve au même endroit de l’amour. Octave est un addict solitaire, tandis que Cœlio est un homme empêché (Philippe Calvario).
Ça commence par Christophe Honoré qui parle à travers une enceinte. Qui raconte. Six comédiens qui entrent dans l’ombre. Qui commencent à danser. Ils sont morts du sida. Ils ne sont pas morts : on est au théâtre. On y fait ce qu’on veut.
Directrice du Théâtre de la Concorde, Elsa Boublil est musicienne de formation, ayant travaillé à la radio pendant qu’elle achevait un DEA sur le jazz et les mouvements sociaux aux États-Unis dans les années 50-60.
David Lodge est mort le 1er janvier 2025. Il laisse une œuvre importante, des campus novels devenus des classiques (Changement de décor, Un tout petit monde, Jeu de société), des romans comme des textes de réflexion littéraire (À la réflexion, L’art de la fiction), des biographies romancées (de H.G. Wells, de Henry James), du théâtre et trois volumes autobiographiques — Né au bon moment, La Chance de l’écrivain et Réussir, plus ou moins. L’ensemble de son œuvre, traduite en français chez Rivages, est une vue en coupe, délicieusement caustique et décapante de la société. En hommage à ce grand écrivain anglais, Diacritik republie plusieurs des articles qui avaient été consacrés.
On ne cesse de s’émerveiller de la vitalité créatrice du théâtre du Soleil qui, depuis 60 ans, accueille en son antre généreuse des générations d’amateurs émus de ses créations sincères, engagées et enflammées. En 2024, c’est la guerre, re-née de ses cendres jamais vraiment éteintes, qui met le feu aux poudres de la troupe et de son inlassable créatrice.
Le Théâtre du Voyageur se situe à Asnières-sur-Seine, dans la gare même d’Asnières-sur-Seine, sur le quai D. On prend le train à la gare Saint-Lazare, et cinq minutes plus tard environ (si on tombe sur un « direct ») on arrive à destination. Depuis ce quai D, il suffit alors de longer un long bâtiment, un entrepôt SNCF au bout duquel a été aménagé le théâtre.
Constance Larrieu est Farah, l’héroïne adolescente, enthousiaste et en quête d’identité du roman d’Emmanuelle Bayamack-Tam. Mais Constance est aussi Victor, Maureen, Nello, la gynécologue et le gourou… Bref, Constance est successivement et jubilatoirement toute la troupe pittoresque et libertaire imaginée par l’autrice dans Arcadie, roman foisonnant dont on se demande comment il peut trouver sa place sur le minuscule plateau du théâtre de Belleville.
Dans la salle prestigieuse de l’Odéon, tout est rouge. Du velours des fauteuils que rehaussent les dorures des cadres, à la scène, écarlate du sol aux rideaux, vides et déjà sanglante, alors que la cérémonie forcement sacrificatoire, n’a pas encore commencé. C’est Angélica Liddell qui ouvre la saison, avec Dämon, une pièce dont le titre forme avec le prénom de sa créatrice l’oxymore qui guide son parcours. Ange et démon, la prêtresse nue le sera tour à tour, selon qu’elle harangue le public dans une chemise blanche largement ouverte sur son anatomie ou qu’elle chuchote à l’oreille de l’artiste mort dans un manteau noir de veuve ténébreuse et inconsolée.
Pour sa 17e édition, le Festival Jerk Off se tiendra du 13 au 29 septembre 2024 et accueillera des événements autant à Paris qu’à Bagnolet, Pantin ou Aubervilliers.
Ça commence par deux intégrales de Copi éditées par Christian Bourgois : sur l’une, on le voit tenir une rambarde, à côté d’un lampadaire, sur l’autre, travesti, avec une hache, d’énormes sourcils, comme prêt à en découdre.
Programme Q souhaite être un espace de création, d’expérimentation, de liberté d’expression et de parole.