C’était pourtant une bonne idée de la part de TF1 qui en a acheté les droits et a teasé plus que de raison l’atterrissage dans le PAF de la série de Jeff Rake produite par Robert Zemeckis et mettant même le pilote en ligne à disposition des plus impatients (en VF et jeu de mot inclus dans le prix du billet).  Tandis que trois nouveaux épisodes sont en approche sur nos écrans ce mardi, verdict du comité de visionnage qui va tenter de ne pas épuiser son quota de métaphores aéronautiques dès les premières lignes de sa critique.

Tout a commencé jeudi 21 mars 2019 vers 19h00 quand j’ai posté ce tweet assez simple escorté des portraits de Marx et Freud : « Le nouveau programme de Terminale en philo vient de tomber : deux notions disparaissent et non des moindres : le Travail et l’Inconscient. C’est-à-dire Marx et Freud : qui a dit que la « réforme » Blanquer n’était pas idéologique et orientée politiquement ? ».

Loin de moi l’idée, et encore moins l’envie, de passer pour un néo-réac aigri et blasé, un bobo qui s’lamente en gauchiste ou pour un représentant d’une pseudo-élite qui se pâme dès les premières mesures du Requiem de Gabriel Fauré en déplorant que la version de 1963 chez EMI ne soit pas disponible sur Deezer. Il ne s’agit nullement de moquer les chanteurs populaires au nom d’un mépris de classe qui fait préférer les artistes pointus aux interprètes de variétés qui traversent les âges et s’imposent à tous, toutes générations confondues. Le propos n’est pas de jouer le rabat-joie dans ces moments d’intense tristesse pour les fans de Johnny Hallyday (et accessoirement ceux, moins nombreux, de Jean d’Ormesson).
Mais que dire du traitement médiatique des deux événements ? Et que dire, par ailleurs, du traitement réservé aux médias par ceux qui demandent la mise en place d’un recours contre l’abus de pouvoir médiatique ?

Capture d’écran TF1.fr

La séquence est courte, quelques minutes à peine au cœur d’une émission qui dure 1h30, coupures publicitaires comprises. Cette émission, c’est Quotidien sur TMC, le seul show d’infotainment à la française digne de ce nom dans le paysage audiovisuel hexagonal. Cette séquence, visible sur le site de la chaîne, est un décryptage en règle du discours et de la méthode Marine Le Pen.

Capture d'écran TF1.fr
Capture d’écran TF1.fr

Le marketing et les teasers estivaux ont fonctionné à plein régime et à merveille, dès le matin, la toile s’était largement fait l’écho du retour à l’antenne de Yann Barthès et de son « nouveau » programme sur TMC/TF1 sobrement intitulé Quotidien. Au point d’être toujours en tête des sujets tendances de Twitter vers 21 h 00 le lundi 12 septembre 2016.

© Dominique Bry
© Dominique Bry

Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2016, l’histoire retiendra-t-elle que nombre de caps indignes ont été franchis dans la couverture journalistique de l’attentat perpétré à Nice ? Passe encore que les chaînes de hard news se répandent en conjectures pour occuper le temps médiatique, qu’elles diffusent sans filtre des photos, des vidéos, des témoignages audio de citoyens, de victimes ou de rescapés, on pourrait malheureusement dire que l’on commence presque à s’y habituer : attendre de la retenue de la part de certaines rédactions c’est un peu comme demander à un homme politique de s’abstenir de tout commentaire à chaud qui servira ses intérêts propres plutôt que le bien commun.

Le Petit Journal

L’annonce du départ de Yann Barthès de Canal Plus le 23 juin prochain truste les fils d’infos en ce lundi 9 mai et pas moins de trois occurrences liées à la chaîne, à son animateur vedette et à son patron sont en tête des tendances sur Twitter (avec l’incendie de Fort McMurray et les suspicions de harcèlement qui pèsent sur l’élu vert Denis Baupin). Un retour de week-end qui pose néanmoins la question de la hiérarchisation de l’info et rappelle que l’hallali sur le clair (et l’émission de l’animateur-producteur) ne date pas d’hier.

 

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A l’instar d’Hélène et les Garçons qui pour Fabrice Luchini était « du Rohmer réussi », on mésestime trop souvent ces joyaux d’humour brut et lapidaire que sont les shortcoms hexagonales qui sévissent sur les chaines françaises à l’heure du dîner et de l’arrêt de la publicité sur le service public et se livrent une concurrence féroce sur le créneau du rire bienvenu après une dure journée de labeur.

Dans les premiers jours de septembre où le ciel est fixe et immuable, innervé de la sérénité parfois anxieuse de la rentrée mais fermement assis dans la routine à nous revenue, la nouvelle est tombée dans une horreur tragique qui n’avait pour équivalent que la surprise de son annonce pour le moins inopinée : Claire Chazal, reine incontestée du JT de TF1 depuis bientôt deux riches décennies, venait, sans prévenir, d’être abruptement limogée.