« Rougeoyant, le soleil illumine la plage. Désertique. La mer, lointaine, s’est retirée. Depuis 6 heures, en ce dimanche pascal, Christophe Castaner contemple le lever du jour. »

Ceci n’est évidemment pas le début du roman que Robert Menasse consacre à la capitale (entendez Bruxelles), mais vient d’un journaliste embedded de Paris Match qui dessine le portrait du ministre de l’intérieur de France « Dans l’enfer de Beauvau ». Ce sont des synapses de mon cerveau qui s’emmêlent les pinceaux en commençant la lecture du roman :

En 2018, presque cinquante et trente ans respectifs après les événements abordés, le hasard de l’édition nous fournit un regard croisé ouest-est allemand sur l’histoire récente de l’Allemagne en plongeant successivement dans la période post-soixante-huitarde vécue depuis la province rhénane et dans l’avant et l’après-réunification à travers les tribulations d’un jeune Allemand de l’Est, qui démarrent également dans la profondeur du pays, mais en ex-RDA cette fois-ci.

Franzobel, Franz Stefan Griebl de son nom civil, auteur autrichien, né en 1967, écrit des romans, de la poésie, du théâtre et des livres pour la jeunesse. Il est peu traduit en français : la plupart de ses écrits sont géographiquement et socialement marqués par son environnement autrichien, d’autant plus qu’il fait partie de ceux qui introduisent dans leur écriture le parler de la rue, populaire et cru difficile à rendre dans une langue étrangère.

Sherko Fahta (DR)

Le cinquième roman de Sherko Fatah, Otages, poursuit le patient travail archéologique de passés croisés d’une biographie comme notre époque les écrit. L’auteur est né en 1964 à « Berlin, capitale de la RDA » (Berlin-Est selon la nomenclature du régime) d’un père kurde et d’une mère allemande. À la recherche de traces que les réminiscences de plusieurs pays et régimes ont déposées en lui, l’auteur scrute à la fois les siennes, mais aussi plus largement celles des déplacés, désorientés dans le sens propre du terme, de ceux qui ont perdu l’orient, sont à la recherche de nouvelles attaches, sans pouvoir oublier les anciennes, problématiques ou refoulées.

Ilestderetour

Mein Kampf, manifeste d’Adolf Hitler dont on connaît la terrifiante postérité, a été écrit en prison, à Landsberg (avec l’aide de Rudolf Hess), et publié en 1925. En 1934, il est traduit en français, sous le titre Ma doctrine. En 2012, l’écrivain allemand Timur Vermes publie un roman Er is wieder da (Eichborn Verlag), traduit 35 langues — et en français par Pierres Deshusses chez Belfond —, un Il est de retour (désormais disponible en poche 10/18) qui résonne étrangement alors que l’on annonce la reparution de Mein Kampf, chez Fayard, traduit par Olivier Mannoni. Le texte nationaliste, antisémite tombe en effet dans le domaine public en janvier 2016.