La voix est monocorde, l’écriture, sèche, brute, efficace. Les premières lignes de Retour de service l’attestent : l’espionnage n’est pas sensationnaliste mais intimiste et fait de faux-semblants. Pour son 25ème roman, John le Carré signe un retour gagnant, sur fond de Brexit et de fin de l’ancien monde.
Livres
Dans L’âge de la première passe, Arno Bertina ne se fait pas ethnologue : il n’est pas question de transformer des individus en objet d’étude, de les réduire aux catégories d’une langue préexistante, mais de les inscrire dans la langue en tant que sujets.
Le livre de Gabriela Cabezón Cámara, Pleines de grâce, est pluriel, articulant des différences sans nécessairement les différencier. Le récit s’élabore en subvertissant les codes sociaux et culturels – en inscrivant une différence par rapport à ces codes, en les inscrivant dans une différence par rapport à eux-mêmes – autant que les codes de la narration, favorisant la rencontre ou co-affirmation de points de vue divers, rencontre qui vient troubler et suspendre les identités habituelles. Si ce livre est aussi politique, il a comme visée première la destruction de l’identité, ou sa dissémination (visée qui est elle-même politique).
Pour sa troisième édition, Jardins d’hiver est une fois encore placé sous le signe de la transmission avec Jeanne Benameur et Olivier Adam en invités d’honneur, en « écrivains-passeurs » et leurs invités respectifs Thierry Magnier et Laurent Vidal, Arnaud Cathrine et Monica Sabolo.
Rendez-vous à Rennes du 7 au 9 février pour un moment que les organisateurs veulent festif et riche d’échanges.
Edward Lear fut longtemps connu comme illustrateur talentueux puis ornithologue, et devint, un peu par hasard, écrivain et poète. Il pourrait figurer dans le Guinness Book of Records avec sa seule vie. En effet Lear naquit le 12 mai 1812, à Holloway, au nord de ce qui est désormais le grand Londres, 20ème enfant d’une fratrie de 21, il fut en vérité élevé par une de ses sœurs aînées. Jeremiah, le père, agent de change de son état pour l’entreprise familiale de raffinerie de sucre, ne laissa guère le temps à Anne, son épouse, de reprendre son souffle, puisque les 21 enfants furent conçus en 24 ans, presque du Dickens.
Parmi les phrases que l’on attribue à Winston Churchill, il en est une que l’Amérique profonde qui a élu le sinistre clown nommé Donald Trump ferait bien de méditer : « A nation that forgets its past has no future », qui a été transposée en « Un peuple qui oublie son passé est appelé à le revivre ». En effet le message poignant, clair et fort que John Steinbeck, prix Nobel de littérature en 1962, a délivré à travers son célèbre roman, publié en 1939, The Grapes of Wrath (Les raisins de la colère) qui lui valut le prix Pulitzer, est celui de l’analyse froide sans concession de ce qui s’était passé dix ans plus tôt, la crise de 1929, également appelée The Great Depression.
Oubliez ce que vous croyez savoir du Japon, oubliez les stéréotypes faits de mangas ultra-violents, de rythme de vie effréné, de travailleurs qui se pressent, que l’on pousse dans le Shikansen ou de yakuzas caricaturaux et plongez dans Six-quatre de Hidéo Yokoyama, roman policier captif et captivant paru aux éditions Liana Levi.
Un thriller obsédant qui déploie une intrigue à la poétique d’haïku et met la psychologie des personnages et le poids de la société japonaise tout entière au centre d’une affaire non résolue depuis quatorze ans.
Le quotidien britannique The Guardian s’est amusé — si, si on s’amuse aussi au Guardian — à établir un classement des dix pires personnages de la littérature que, généralement, on adore (Top 10 hateful characters you love in literature). En d’autres termes, ceux et celles que l’on aime détester. La hiérarchisation a été faite dans l’ordre chronologique et non pas sur la base d’autres critères, qu’il aurait sans doute été difficile de justifier ou d’expliquer.
Au début de l’année 2014, l’hebdomadaire italien L’Espresso demandait à quatorze personnalités du monde de la culture, d’écrire une lettre ouverte et idéale à leur fils pour affronter les grands thèmes de la vie. Umberto Eco écrit à son petit fils pour lui donner des conseils sur le futur. Il s’en dégage une réflexion sur la technologie, le sexe, la poésie et la mémoire.
Politique, culture générale, littérature, consommation. C’est la revue de presse du chutier.
Sport, littérature, réseaux sociaux. La revue de presse du chutier du matin.
«Ceux qui aiment lire prendront le train »… Ce titre résonne particulièrement aujourd’hui, avec cette opération de la SNCF qui a distribué dans la nuit du 24 au 25 septembre 130 000 exemplaires de la Saison 4 des Petits Polars que l’entreprise de transport co-édite avec Le Monde.