Il est des rencontres dont on ne se remet pas, des pertes que l’on n’admet pas davantage. France Huser le dit d’emblée : « Longtemps je n’ai pas pardonné à René Char d’être mort ». Elle signe aujourd’hui un portrait sublime du poète.
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Les écritures de la disparition sont nombreuses. Elles renvoient le plus souvent à la mélancolie romantique, au désastre du néant, ou encore à la combinaison oulipienne jubilatoire.
Dix ans après sa parution, Aux Forges de Vulcain réédite le roman de Cathy Jurado, Nous tous sommes innocents. L’occasion de redécouvrir ce récit singulier, inspiré par la vie mystérieuse et le destin tragique d’un paysan d’Aquitaine.
Poésie et politique et ontologie se mélangent dans le livre de Cole Swensen, Et et et. Cette association serait moins un choix que le redoublement d’un constat autant que la réponse à un impératif : tout est mélangé ; tout doit être mélangé.
Livre après livre, Mathieu Simonet élabore une œuvre singulière où l’intime ne cesse de se mêler au collectif. Façon, peut-être, de prendre au pied de la lettre l’injonction Guibertienne : Il faut que les secrets circulent !
Ça commence par un trajet Paris-Marseille en TGV pour retrouver la ville de naissance et les fêtes de fin d’année : trois heures pour lire.
On se souvient que La Guerre des pauvres avait paru en plein mouvement des gilets jaunes, il y a sept ans. Voici qu’Éric Vuillard publie Les Orphelins. Une histoire de Billy the Kid, une sorte de « résumé somptueux de l’Amérique ».
On pourrait s’arrêter de lire Les orphelins très tôt après avoir débuté la lecture du premier chapitre tant il est magnifique et touchant: « À dix-sept ans, il tua son premier homme. C’est alors que sa vie commence. » Il y a quelques choses splendides dès les premiers mots, dès les premières phrases du livre.
Ça commence par une disparition. Un homme a disparu : il manque — et autour de ce manque, quelqu’un se met à écrire. Rue des Batailles part de là : une absence qui ne s’explique pas, déclarée mais jamais expliquée.
Le noir de l’image est plus vaste que l’image, de Jean-Philippe Cazier, évoque la violence comme politique qui s’exerce sur les corps. L’écriture y interroge la possibilité de dire cette violence ou la possibilité de ne pas la dire, la possibilité du témoignage comme du silence – le silence devenant un moyen paradoxal d’être lié à ceux et celles qui ont subi ou subissent cette violence. Entretien avec l’auteur.
Le titre du livre de Guillaume Marie, La Tectonique des Halles, suggère une contradiction qui ne sera pas résolue : les Halles, lieu fixe, situable, et un mouvement de déplacement, une mobilité qui semble s’opposer au fondement fixe.
L’effondrement d’Édouard Louis est un livre pluriel, la narration juxtaposant et entremêlant le commun, le plus banal, le social, et une forme d’étrangeté – étrangeté de l’autre, étrangeté de soi.
Ça commence par un trou : sur la première page de mon service de presse, la page est trouée. Je comprends que c’est l’auteur qui me l’a poinçonnée, et déjà, je me dis : cette lecture va vraiment m’intéresser, c’est certain.
Il est des livres dont on garde une trace en soi des années après les avoir lus, d’autres que l’on prend plaisir à relire parce qu’ils ne cessent de révéler leur sens caché. Ceux de Valentin Retz, qui publie ces jours-ci La longue vie, cumulent ces deux qualités.
Au moment où toute école, toute université, toute pédagogie, toute étude est mise à mal, Pierre-Damien Huyghe publie un livre non pas sur l’instruction mais sur l’égalité d’instruction où l’on trouve quelques arguments pour un idéal scolaire.