Le livre s’ouvre sur une citation de Virginia Woolf extraite de Mrs Dalloway. Il y est question du feu et du monde, du monde qui bascule, du feu qui le détruira.
Jean-Philippe Cazier
Comme pour Donato, son précédent livre, Éléonore de Duve choisit pour celui-ci un prénom, Sophia.
Le livre signé Frank Smith est pourtant composé d’énoncés prélevés dans l’œuvre de Gilles Deleuze. Ce livre est-il de Frank Smith ? De Deleuze ? Des deux à la fois puisque, si les énoncés sont de celui-ci, leur prélèvement, leur répétition, leur cadrage est le fait du premier ?
Chère Ella Keidar Greenberg,
J’admire ton courage, ta détermination, ton action : refuser de participer à un meurtre de masse, à un génocide – au génocide que commet aujourd’hui l’État israélien à Gaza contre le peuple palestinien. Comme j’admire le courage et la détermination des autres jeunes refuzniks israéliens.
Du 4 au 6 avril, la libraire Petite Égypte, en collaboration avec le collectif d’éditeurs et éditrices Les Désirables, organise la nouvelle édition du festival Byzance! dont le thème récurrent est l’économie sous toutes ses formes.
Publié en 1949, Le deuxième sexe est une somme philosophique, anthropologique, sociologique, ethnologique dont l’ambition est de « regarder les femmes d’un œil neuf ». Si la force et les effets de ce livre ne sont plus à souligner, il est remarquable que ce livre ne cesse de faire retour et d’irriguer des courants et théories que Simone de Beauvoir n’avait évidemment pas envisagés.
Patrick Chamoiseau ne demande pas ce qu’est la littérature mais ce qu’elle peut – ce qu’elle peut aujourd’hui, la puissance dont elle est capable. Et il demande : quelle est la puissance dont l’existence, la nature, impliquent la littérature ?
François Dagognet favorise une certaine direction pour le regard philosophique : regarder ici-bas, contempler la matière. Mais ce ne serait pas suffisant : il faudrait que cette contemplation se concentre sur ce qui est considéré comme le plus bas, le moins signifiant non seulement pour le philosophe mais pour tout un chacun : les détritus, les graisses, les pierres, les déchets…
Le titre renvoie à la deuxième Épître aux Corinthiens : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles ». La citation choisie par Nathan Trantraal contraste avec le contenu des textes : ce qu’elle affirme est contredit par la réalité, le livre étant structuré par cette contradiction entre un discours et un autre, entre la promesse et la réalité sociale, politique, culturelle, économique.
Brûlées, d’Ariadna Castellarnau, peut se lire comme une dystopie mais aux contours flous, une dystopie atopique en quelque sorte. Il n’est pas question de régime politique particulier ni d’époque clairement située – seulement d’un « mal » qui s’étend et gagne chaque être, chaque lieu, chaque chose. Les vies, le monde deviennent ce mal, le sont devenus, le deviendront.
Dans son œuvre, Guy Bennett s’intéresse aux marges du livre, à ce qui est habituellement situé hors du texte considéré comme le centre du livre, comme ce qui dans celui-ci est l’œuvre, le reste étant jugé secondaire, un supplément.
Le roman d’Abdellah Taïa, Vivre à ta lumière, a comme figure centrale Malika : personnage de mère, de femme marocaine. En même temps que ces identités immédiates, individuelles, cette figure condense un réseau de dimensions et relations plus larges : la colonisation, les rapports de pouvoir, les strates de la société marocaine d’hier et d’aujourd’hui, celles d’un psychisme pluriel, obsessionnel, complexe, écartelé.
The Gypsy Faerie Queen s’ouvre sur quelques notes fragiles, au piano d’abord, auquel s’adjoint l’esquisse d’une mélodie très simple au violon. Cette ouverture semble nostalgique, étrangement belle – une possibilité naissante, une existence nouvelle qui se décide à être. Ou le retour d’un souvenir lointain comme une voix d’enfant. La musique a été composée par Nick Cave, le texte est écrit par Marianne Faithfull.
Il pourrait s’agir d’un livre d’Euclide mais il est signé Marie de Quatrebarbes. Ça pourrait être un livre d’un physicien-philosophe de l’Antiquité, mais c’est un livre de poésie. Ce serait un livre de grammaire autant qu’une poétique, une écriture autant qu’un rapport au monde – un nouveau monde, un monde nouveau dans ce monde.
La mère est la mère et une poule, autre chose qu’elle-même. Toute chose est autre chose, est et n’est pas. Chez Hélène Cixous, « Être ou ne pas être » serait moins une alternative, une disjonction exclusive, qu’une affirmation, l’expression d’une synthèse disjonctive, celle-ci impliquant un mouvement incessant de connexions, de relations instables, d’agencements impossibles.