Lorsqu’ils se rencontrent, Bruno Gibert, auteur et narrateur des Forçats, et Édouard Levé sont deux inconnus. Leur œuvre est devant eux, double quête, celle d’une forme singulière, celle d’un nom à faire connaître au monde. Peu à peu tout s’ébauche et tout se déséquilibre : Bruno devient le spectateur à la fois fasciné et irrité d’Édouard. Les forçats est tout autant le portrait de deux jeunes hommes en artistes que celui d’une génération qui se cherche, tout autant une autofiction qu’une exofiction, avec Édouard Levé pour centre et attraction/désastre.

Je suis sans voix. Comme des milliers de lecteurs, et comme tant d’autres auteurs. Puisque le temps a choisi de s’arrêter aujourd’hui, avec la cruauté que l’on sait, je prends sans attendre le parti d’écrire, incapable d’agir autrement, et impatient déjà de retrouver les mots qui me liaient à lui.

Le grand éditeur Paul Otchakovsky-Laurens est mort dans un accident de voiture à Marie Galante. Né en 1944 dans le Vaucluse, il avait fait ses armes chez Christian Bourgois puis Flammarion, avant de créer, en 1977, la collection « P.O.L » chez Hachette. Il y publie plusieurs textes de Georges Perec (La vie mode d’emploi en 1978).

« Ce qu’ils cherchent n’est pas une phrase,
mais la phrase reste la face la plus hospitalière du ciel »
(d’après Pierre Alferi, Chercher une phrase)

Hier soir a eu lieu à Montévidéo (Marseille), la création du spectacle de Simon Delétang, Comme je suis drôle on me croit heureux : une heure trente autour de Suicide, d’Œuvres et Autoportrait, mais aussi des photographies d’Édouard Levé. La « proposition plastique, théâtrale et poétique », portée par quatre jeunes comédiens et comédiennes de l’ERAC, clôt une résidence d’artiste de 5 semaines à Marseille, elle sera de nouveau présentée vendredi et samedi soirs.

Mylène Benoit et Franck Smith © Jean-Philippe Cazier
Mylène Benoit et Franck Smith © Jean-Philippe Cazier

Dans le cadre du festival Concordan(s)e, la chorégraphe Mylène Benoit et l’écrivain Frank Smith s’associent pour créer Coalition, un essai chorégraphique qui mêle poésie et danse autour de questions autant esthétiques que politiques concernant le corps, la communauté, le On, le discours. Rencontre et entretien.

Il est des livres dont on sort profondément changé(e), des textes dont on sait, immédiatement qu’ils seront l’aventure d’un sens en nous, que chaque (re)lecture viendra amplifier, affiner, transformer. Suicide est de ceux-là. Une rencontre, avec un ami : « Si tu vivais encore, tu serais peut-être devenu un étranger. Mort, tu es aussi vivant que vif ». Dans ce roman, publié en 2008 chez P.O.L, disponible en Folio, un « je » s’adresse à un « tu », un ami qui s’est suicidé. Il avait 25 ans. C’était il y a beaucoup plus longtemps maintenant.

capture-d_ecc81cran-2015-07-02-acc80-09-02-10Suite de l’exploration d’un Intérieur, parti-pris des choses — cet appartement que Thomas Clerc expose, dévoilement d’une intimité, « possiblement imaginaire, possiblement réelle » : « Quel est celui d’entre nous qui, dans de longues heures de loisirs, n’a pas pris un délicieux plaisir à se construire un appartement modèle, un domicile idéal, un rêvoir ? » (Poe, Philosophie de l’ameublement).