15 juillet. Nouveau ralentissement des activités, cette fois non pour cause d’excès de chaleur, mais parce que mon corps est soudainement endolori par une petite pierre qui ne veut pas prendre le chemin de la sortie. Du moins je le suppose, car là où je vais, dans une région pourtant loin d’être désertique, les soins sont, sauf urgence, inaccessibles : il faut attendre des semaines, voire des mois, pour réaliser le moindre acte d’imagerie. Alors que la sensation de remake d’un mauvais feuilleton persiste (l’ayant déjà vécu, les symptômes sont clairs), la seule chose à faire est d’encaisser, peut-être durant 49 jours, en conscience que notre dernier refuge se trouve plus que jamais dans les rêves, ou, ce qui n’est pas sans rapport, dans la lecture de Retour au goudron, réjouissante écriture du désastre qui, par chance, est au programme cet été.

« La sculptrice colombienne Feliza Bursztyn, exilée en France, est morte de tristesse à 22 h 15, le vendredi 8 janvier, dans un restaurant parisien. » Ainsi Gabriel García Márquez annonce-t-il la mort de son amie. Artiste avant-gardiste, elle a été l’élève de Zadkine, Giacometti et César, son histoire personnelle croise celle de son pays et, plus largement, du monde. Le roman de Juan Gabriel Vásquez, né de cette phrase de Gabriel García Márquez, n’est pas une biographie de la femme ou une hagiographie de la sculptrice mais une forme de ronde romanesque autour de ses noms et de ses métamorphoses, comme une fugue infinie sur la passion, l’art et la mort.

« La poésie de Derrida » a dit un jour Emmanuel Lévinas (dans Noms propres) ; « Derrida écouté comme une musique » a dit de son côté Guy Petitdemange (dans « Philosophes & philosophies du XXè siècle »). Alors que paraissent de nouvelles éditions de certains de ses textes (le séminaire « La Chose », des années 1975-1977, mais aussi les discours et lettres politiques « Force de loi », « Voyous » et « Fichus »), on peut citer à nouveau Guy Petitdemange : « Comment en parler ? Faut-il en parler ? ».

Consacré à l’assassin de Jean Jaurès, Les Morts de Raoul Villain, récemment couronné par le Prix de la biographie Le Point 2026, est autant un livre d’histoire qu’une réflexion en acte sur les limites du récit historique, un essai sur les rapports entre histoire et fiction, entre l’archive, les documents, et leurs marges, leurs manques. Qu’en est-il des vies qui existent dans ces absences ? Mais encore : quel point de vue également politique serait possible à partir de la figure de Raoul Villain ? Entretien avec Amos Reichman.

En exergue de Cyberpunk. Le nouveau système totalitaire, le dernier essai d’Asma Mhalla, une phrase d’Albert Camus, qui date de 1958 : « (…) on n’écrit pas pour dire que tout est fichu. Dans ces cas-là on se tait. Je m’y prépare ». Toute la tension du livre d’Asma Mhalla, est dans cette phrase : dire un nouveau système totalitaire, décrire par quels processus il combat la démocratie, montrer qu’il s’agit d’un « Léviathan à deux têtes. L’une orchestre le show pendant que l’autre code le système » — soit, pour le dire très vite Trump et Musk. Ne rien masquer de la catastrophe en cours mais ne pas s’y résoudre, garder espoir, écrire pour cette raison. Mais savoir que la perspective d’échapper à ce nouveau régime technocratique est faible, donc… se préparer à se taire (ou être bâillonnés).

À l’occasion de la parution de Que ce soit doux pour les vivants au format poche aux éditions Points, Diacritik republie l’entretien accordé par Lydia Flem à Jean-Philippe Cazier. Que peuvent les vivants pour les morts ? Que peuvent les morts pour les vivants ? Des questions que Lydia Flem développe, prolonge dans Que ce soit doux pour les vivants.

« Sarah Kofman » serait « le meilleur titre si je n’avais pas encore peur de ne pas être capable de m’y mesurer », avait dit Jacques Derrida (1930-2004) à la mort de Sarah Kofman (1934-1994), où il avait finalement choisi de parler de l’art et du rire de Sarah.

Consacré à l’assassin de Jean Jaurès, Les Morts de Raoul Villain est autant un livre d’histoire qu’une réflexion en acte sur les limites du récit historique, un essai sur les rapports entre histoire et fiction, entre l’archive, les documents, et leurs marges, leurs manques. Qu’en est-il des vies qui existent dans ces absences ? Mais encore : quel point de vue également politique serait possible à partir de la figure de Raoul Villain ? Entretien avec Amos Reichman.

En hommage à Florence Delay, romancière, académicienne, universitaire décédée ce mardi 1er juillet 2025, Diacritik republie deux articles consacrés à l’autrice et son livre Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas (Le Seuil, coll. La Librairie du XXIè siècle) : la rencontre entre Florence Delay, Denis Podalydès et Martin Rueff lors de la soirée Coïncidences du 27 juin 2022 à La Maison de l’Amérique Latine et la recension de Jean-Pierre Ferrini, Conversion brève : Florence Delay (Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas).

En hommage à Florence Delay, romancière, académicienne, universitaire décédée ce mardi 1er juillet 2025, Diacritik republie deux articles consacrés à l’autrice et son livre Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas (Le Seuil, coll. La Librairie du XXIè siècle) : la rencontre entre Florence Delay, Denis Podalydès et Martin Rueff lors de la soirée Coïncidences du 27 juin 2022 à La Maison de l’Amérique Latine et la recension de Jean-Pierre Ferrini, Conversion brève : Florence Delay (Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas).

Avant d’être un film d’animation, La plus précieuse des marchandises a été un conte, écrit par Jean-Claude Grumberg, paru en 2019 aux éditions du Seuil dans la collection La Librairie du XXIe siècle dirigée par Maurice Olender, disparu en octobre 2022. Diffusé ce mardi 27 mai sur Canal Plus, le dixième film de Michel Hazanavicius est une adaptation forte et lumineuse du texte puissant et nécessaire de Jean-Claude Grumberg. Pour porter le conte à l’écran, le réalisateur a choisi l’animation avec une prise de risque supplémentaire : il a dessiné tous les personnages et osé dévoiler au monde une part jusque-là inconnue de sa palette de talents, voire de lui-même. 

La Grande Conspiration Affective de Romain Noël est un ouvrage singulier qui ne se lit pas mais qui se vit. Le récit se dessine comme un voyage à travers un dédale de questionnements sur l’amour, l’écologie, la destruction, les larmes. On y trouve des réflexions, des partages de récits de vie, des rencontres et des poèmes. Qu’est ce qui fait société ? Qu’est ce qui nous permet d’être ensemble ? L’aventure livresque est donc différente pour chacun.e d’entre nous. Nous devenons, comme le narrateur du livre, un être à la quête de notre unité dans la multitude. Entretien avec l’auteur de cet étonnant « thriller théorique ».