Le livre de Marie Cosnay, If, est construit autour de la mémoire. Mais il s’agit d’une mémoire qui ne se souvient pas : l’objet de la mémoire est hors souvenir car cet objet est inconnu. Comment avoir la mémoire de ce dont on ne se souvient pas, de ce qui n’est pas connu, ou de ce qui, étant connu, échappe pourtant à la mémoire que l’on en a ? Ces questions animent If et donnent lieu non à des réponses mais à une pratique d’écriture dont le but est moins de résoudre les interrogations que de les déplier, de les faire rayonner en lignes qui se recoupent ou divergent, dessinant la carte instable d’une sorte de chaos.

Anouar Rahmani est un jeune écrivain algérien et défenseur des droits humains. Dans ce qu’il écrit, il milite pour la liberté individuelle, pour l’environnement, pour les droits des minorités LGBT+ en Algérie. A la suite de son interpellation par la police et d’un interrogatoire portant sur ses critiques de certains membres du gouvernement algérien, sur sa religion et ses partis pris politiques, il est convoqué par la justice ce 17 février. Entretien avec l’écrivain Abdellah Taïa.

Spécialiste des questions liées à la colonisation et l’histoire coloniale, Olivier Le Cour Grandmaison a publié en octobre 2019 aux éditions de La Découverte, « Ennemis Mortels » Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale. L’ouvrage est dense et sa démarche prospective, dressant un état des lieux de ce qui s’est écrit à propos de l’islam et des musulmans des colonies, tout particulièrement l’Algérie, au XIXe et au XXe siècle.

La correspondance privée des écrivains a mauvaise presse, tant auprès des éditeurs qui la considèrent, en général, comme peu rentable commercialement, qu’aux yeux du grand public qui n’y voit, au mieux qu’un intérêt anecdotique très relatif, au pire comme une sorte de voyeurisme douteux.

Un terrain vague, au centre d’un ensemble de maisons réservées à des militaires algériens : des enfants en ont fait leur terrain de foot et l’espace de leurs rêves de grandeur. On les nommera bientôt Les petits de Décembre, dès lors qu’ils organisent une résistance au projet de construction de deux villas sur leur espace de jeux. Alors que l’Algérie se lève contre les vieilles oligarchies militaires, il est bon de relire le dernier roman de Kaouther Adimi, allégorie d’une jeunesse qui refuse ce dont elle devrait mais ne veut plus hériter.

Le spectacle a d’abord porté le J’ai la douceur du peuple effrayante au fond du crâne, quand il a été présenté début 2019 au Collectif 12 de Mantes-la-Jolie puis au Studio Théâtre de Stains. Alice Carré, Margaux Eskenazi et leur équipe ont joué ce spectacle pendant le festival d’Avignon au 11 Gilgamesh sous un nouveau titre, bien que toujours extrait d’une formule poétique empruntée à Kateb Yacine : Et le cœur fume encore.

Deux livres viennent de paraître en mai 2019, avec Alger pour centre magnétique, deux livres pourtant très différents tant par le genre littéraire choisi que par la signature qui les identifie : Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Blacks Panthers d’Elaine Mokhtefi et Dernières heures avant l’aurore de Karim Amellal.

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Pour retrouver des Maghrébins dans les listes des Brigades internationales, les chercheurs ont dû consulter les listes des Français car l’Algérie et le Maroc sont alors colonie et protectorat français et ceux qui se sont engagés sont ainsi recensés. Avant de présenter le seul roman consacré à un brigadiste algérien et, en contrepoint, la seule nouvelle consacrée à un des 100.000 Moros de Franco, il n’est pas inutile de faire un rappel de l’Histoire.

Précisons tout d’abord que ce récit a été écrit (il est daté de septembre 2018) et publié (janvier 2019) avant les événements qui, depuis février 2019, bouleversent la situation politique et historique de l’Algérie. L’auteur y raconte un voyage en Algérie sous le titre réducteur de Un paquebot pour Oran alors qu’il s’agit d’un voyage bien plus large, Oran, Alger et sa région.