Patrick Chamoiseau ne demande pas ce qu’est la littérature mais ce qu’elle peut – ce qu’elle peut aujourd’hui, la puissance dont elle est capable. Et il demande : quelle est la puissance dont l’existence, la nature, impliquent la littérature ?
Deux expositions mettent Geneviève Asse à l’honneur : Le bleu prend tout ce qui passe, au musée Soulages de Rodez, jusqu’au 18 mai 2025 et Geneviève Asse, Carnets à la BNF, jusqu’au 25 mai 2025. L’occasion, pour Diacritik, de republier l’épisode 6 de la série « Peintresses en France », de Carine Chichereau.
2019, déflagration française : des inédits de Louis-Ferdinand Céline réapparaissent, mettant à nouveau l’écrivain sulfureux et antisémite au centre de l’attention du milieu littéraire. Céline en héritage, qui paraît aujourd’hui au Mercure de France, rend le récit de ce tremblement tellurique en donnant la version de Véronique Chovin.
Dans le film qu’il réalise à la fin de sa vie, La Pudeur ou l’Impudeur (1991), Hervé Guibert se met en scène préparant son dernier voyage en Italie. Il remplit sa valise dans son appartement de la rue Raymond Losserand, alors qu’en fond sonore, les premières notes et paroles de la chanson de Christophe, L’Italie, se font entendre : « J’suis fatigué de faire semblant d’avoir une histoire / Le ciné ça marche pas toujours / Aujourd’hui j’ai fini / D’inventer ma vie /J’imagine l’Italie ». Puis, dans la deuxième partie du film, on le découvre alors sur l’île d’Elbe, profitant du soleil et de la mer, dans des moments suspendus au-dessus de la mort qui le guette et qui le cueille quelques mois plus tard, en décembre 1991.
Votre âme est un paysage choisi / Que vont charmant masques et bergamasques / Jouant du luth et dansant et quasi / Tristes sous leurs déguisements fantasques, écrivait quelque part Verlaine. Parfois en effet l’on se déguise sous d’étranges atours, parfois l’esprit s’égare dans ses propres tours, parfois l’extravagance du masque permet de mieux se dévoiler. Féérie, de Nathalie Dentinger, paru aux éditions Le Dilettante, raconte la violence des adultes sur le corps des enfants, les travestissements que prend la douleur lorsqu’elle s’échappe et se transforme, les échappées et les errances que permet le décalage de l’imaginaire. Rencontre avec son autrice et les lueurs permises par la fantasmagorie.
Dans Nouvelles méditations métaphysiques – Les existences imaginaires, Jean-Clet Martin poursuit son exploration de la question de l’image et de l’imagination en proposant un parcours réflexif et songeur, dans la lignée de sa Logique de la science-fiction (2017), de sa Philosophie du monstrueux (2019) et de Et Dieu joua aux dés (2023).
Continuer à tisser des liens avec la bande dessinée quand bien même on est conscient de la difficulté de faire passer ce qui anime matériellement ce territoire, dans ses plus étranges surgissements : ce qui circule d’une image à l’autre, d’une page à l’autre, d’une double page à l’autre, que les mots ont mal à saisir avec précision – l’histoire racontée (il arrive qu’il n’y en ait pas, mais c’est assez rare) ne gagnant rien à être redite de manière compressée ; et le trait, si singulier qu’il soit, ne pouvant être réduit à telle ou telle vaine description. Quoi de plus difficile à caractériser qu’un trait… ? Et pourtant, c’est par cette voie-là (qui est aussi voix, simultanément muette et parlante) que le courant passe – et que le cœur est touché.
Ça commence par une rencontre, à l’automne 2022. Je suis invité au festival Littératures, etc. à Lille pour présenter mon dernier roman. Aurélie Olivier me présente Lucien Fradin : c’est lui qui va lire des extraits de mon texte avant une rencontre croisée pour parler de nos travaux respectifs. Il est comédien ; j’apprends qu’il a sorti un livre, aussi. Portraits détaillés.
Rosie Pinhas-Delpuech traduit l’hébreu depuis quarante ans, elle est également responsable de la collection « Lettres hébraïques » aux éditions Actes Sud, et autrice de plusieurs livres, dont le dernier « Naviguer à l’oreille » a paru en octobre aux éditions Actes Sud. Elle a accepté de recevoir chez elle Diacritik pour nous en parler, ainsi que de sa dernière traduction d’Orly Castel-Bloom, « Biotope », publiée en janvier dernier, toujours chez Actes Sud.
François Dagognet favorise une certaine direction pour le regard philosophique : regarder ici-bas, contempler la matière. Mais ce ne serait pas suffisant : il faudrait que cette contemplation se concentre sur ce qui est considéré comme le plus bas, le moins signifiant non seulement pour le philosophe mais pour tout un chacun : les détritus, les graisses, les pierres, les déchets…
L’an dernier, les grands commémorateurs de tout poil et de toute brosse se sont enquis de célébrer la naissance du surréalisme. Pour en déterminer la date, instant lustral où l’étincelle doit allumer l’incendie, on a retenu celle de la parution du premier Manifeste, soit 1924.
Publiant la revue Véhicule depuis 2010, et des livres depuis 2020, la maison d’éditions Vroum est singulière à plus d’un titre. Rencontre et entretien avec sa directrice éditoriale, Garance Dor.
Dans la librairie l’autre jour, sans crier gare, cet étrange sentiment de fraternité. Je feuillette le dernier ouvrage de Philippe Forest, écrivain que je lis de façon décousue, infidèle, de loin en loin.
Récemment sorti en salle, Mon gâteau préféré est dédié par Maryam Moqadam et Behtash Sanaeeha « aux femmes honorables de notre pays qui sont montées en première ligne dans la lutte pour le changement social ».
Il y a quelques semaines, Olivier Martinelli m’a contacté sur Facebook. Il voulait m’envoyer son livre, même si je ne suis pas journaliste littéraire, même si je n’écris pas sur les livres et qu’aujourd’hui je fais une exception.