Le titre du dernier livre d’Olivier Rolin, qui vient de paraître chez Verdier, Vers les îles Éparses, est autant un itinéraire qu’un programme narratif, autant une topographie qu’une forme. Éparses, ces îles du canal du Mozambique que l’écrivain rallie sur un bateau de la Marine nationale. Éparses, ces proses à la fois ironiques et poétiques que l’art accompli de l’écrivain rassemble, tisse et subsume en un (anti-)récit de voyage qui nous embarque.
Category Archive: Livres
L’actualité des publications françaises et étrangères ; fiction et non fiction. Sans exhaustivité, parce qu’elle est impossible et sans contrefaçon (mais pas que par des garçons). Des choix, des passions, de grosses colères aussi. La lecture des têtes de gondole que nous mettrons parfois au carré. Des portraits des acteurs du monde du livre. De longs entretiens parce qu’un livre ou une collection, ce ne sont pas deux ou trois phrases choc. Et parce que l’actu est trop souvent un diktat (et une course contre la montre perdue d’avance), de grands livres publiés dans les mois ou les années, voire les décennies et même siècles qui précèdent, parce que les grands livres n’ont pas de date de péremption.
Geoffroy de Lagasnerie : principes d’une éthique abolitionniste (Par-delà le principe de répression)
La lecture de Par-delà le principe de répression de Geoffroy de Lagasnerie, livre de théorie politique sur la justice pénale, procure un sentiment d’inconfort et de vertige, parfois perturbant, souvent jubilatoire, fidèle à l’écho nietzschéen du titre. Dans ces « dix leçons sur l’abolitionnisme pénal », denses, issues d’un cours public donné en 2023-2024, le sociologue et philosophe invite tout à la fois à mettre radicalement en cause des phénomènes et des réactions qui semblaient de l’ordre de l’évidence et dont on s’étonne finalement qu’elles n’étaient pas davantage interpellées ; à regarder le monde social autrement ; à imaginer un autre fonctionnement de ses institutions.
Julie Otsuka, autrice de Certaines n’avaient jamais vu la mer, qui fut elle-même peintresse avant de se lancer dans l’écriture, a écrit ce texte pour le catalogue (David Zwirner Books) à l’occasion de l’exposition des œuvres de l’artiste à la galerie David Zwirner en novembre-décembre 2022. Julie Otsuka est depuis longtemps fascinée par l’œuvre de Joan Mitchell, une des plus grandes figures de l’expressionnisme abstrait aux États-Unis, et en France où elle a vécu une trentaine d’années.
Dans La maison indigène, il pourrait s’agir de souvenirs, de la recherche de souvenirs qui ont disparu, ont été refoulés, refusés, ou n’ont jamais existé. Il faudrait alors les rechercher, les inventer, les approfondir. Mais il s’agit surtout d’autre chose.
David Lodge est mort le 1er janvier 2025. Il laisse une œuvre importante, des campus novels devenus des classiques (Changement de décor, Un tout petit monde, Jeu de société), des romans comme des textes de réflexion littéraire (À la réflexion, L’art de la fiction), des biographies romancées (de H.G. Wells, de Henry James), du théâtre et trois volumes autobiographiques — Né au bon moment, La Chance de l’écrivain et Réussir, plus ou moins. L’ensemble de son œuvre, traduite en français chez Rivages, est une vue en coupe, délicieusement caustique et décapante de la société. En hommage à ce grand écrivain anglais, Diacritik republie plusieurs des articles qui avaient été consacrés.
David Lodge est mort le 1er janvier 2025. Il laisse une œuvre importante, des campus novels devenus des classiques (Changement de décor, Un tout petit monde, Jeu de société), des romans comme des textes de réflexion littéraire (À la réflexion, L’art de la fiction), des biographies romancées (de H.G. Wells, de Henry James), du théâtre et trois volumes autobiographiques — Né au bon moment, La Chance de l’écrivain et Réussir, plus ou moins. L’ensemble de son œuvre, traduite en français chez Rivages, est une vue en coupe, délicieusement caustique et décapante de la société. En hommage à ce grand écrivain anglais, Diacritik republie plusieurs des articles qui avaient été consacrés.
Nuit de noël, quatre heures du matin : réveil brutal, la tête débordant d’images s’effilochant à toute allure. N’étant pas comme Lorine Niedecker qui « dort avec un crayon sous l’oreiller pour ne rien perdre de ses rêves et de leur syntaxe » (Abigaïl Lang, préface à Louange au lieu), je pars à la recherche de quoi noter, griffonnant quelques lignes probablement illisibles au réveil : La tempête a dévasté la bibliothèque ; je découvre au sol les livres de la « rentrée d’hiver » à peu près détruits par l’eau, le vent, le sable ; sur l’un d’entre eux, j’arrive à lire un nom – Echenoz –, mais pas davantage : le déluge a tout effacé ; je me dis que c’est le signe que Terrain vague ne peut – ne doit pas – dépasser le nombre 31, car comment continuer – et sous quel titre générique – quand ce qui devrait être en attente d’être lu et commenté a été dévasté : s’il n’y a plus rien à sauver – et d’ailleurs le faut-il, vraiment ?
Entretien avec Lauren Groff pour Les Terres indomptées
On pourrait résumer ainsi Les Terres indomptées de Lauren Groff qui a paru le 3 janvier 2025 aux […]
Kaoutar Harchi & Joseph Andras : « Il n’y a pas d’écrivain engagé puisque tout écrivain est engagé »
Diacritik publie l’entretien mené par Thanasis Minas pour le média grec O Anagnostis à l’occasion de la parution en grec de leur livre Littérature et révolution (aux Éditions Divergences, 2024). Dialogue entre l’écrivaine et sociologue Kaoutar Harchi et l’écrivain Joseph Andras.
David Lodge est mort le 1er janvier 2025. Il laisse une œuvre importante, des campus novels devenus des classiques (Changement de décor, Un tout petit monde, Jeu de société), des romans comme des textes de réflexion littéraire (À la réflexion, L’art de la fiction), des biographies romancées (de H.G. Wells, de Henry James), du théâtre et trois volumes autobiographiques — Né au bon moment, La Chance de l’écrivain et Réussir, plus ou moins. L’ensemble de son œuvre, traduite en français chez Rivages, est une vue en coupe, délicieusement caustique et décapante de la société. En hommage à ce grand écrivain anglais, Diacritik republie plusieurs des articles qui avaient été consacrés.
Comment raconter l’histoire quand la plupart des éléments manquent ? Comment dire ce que l’on ne sait pas ? Non pas écrire ce que l’on sait mais ce que l’on ne sait pas, parce que l’on ne sait pas, parce que l’on ne peut alors pas écrire.
Troisième année consécutive où le nombre 31 régit ces chroniques (seul leur titre générique change en début d’année). Ce serait amusant de programmer autant d’ouvrages à son sommaire. Il faudrait évidemment se contenter d’écrire pour chacun un paragraphe de mille signes, espaces comprises, tout au plus. Pour y arriver, il faudrait opérer un lent travail de condensation requérant un nombre infini de coups de gomme et de nombreuses plages de réécriture. N’y pensons plus : nous élaborons ces petites constellations critiques pour le plaisir et non pour devenir fou.
Ça commence par la double définition du mot Coyote : le mammifère, le passeur. Le coyote qui donne son titre au dernier livre de Sylvain Prudhomme.
Sous l’influence des crônicas de Clarice Lispector, une série de textes du poète américain Guy Bennett, publiés dans Diacritik tout au long de l’année 2024.
S’inscrivant dans le sillage du spectacle Le Vertige Marilyn, le livre Du côté de chez Marilyn a été écrit à quatre mains, par Isabelle Adjani et Olivier Steiner. À six mains plus exactement, dès lors que la voix de Marilyn Monroe compose la basse continue, la basso ostinato de la rencontre.