Pourquoi revenir sur Rose Madder en ces temps où beaucoup de certitudes vacillent en même temps que les couples s’enferrent dans des rapports conflictuels ? Tout simplement car on sait que l’augmentation des violences conjugales a été plus qu’à la hausse pendant la période du confinement, favorisant un face à face dangereux.

Madeleine Project est disponible en accès libre depuis samedi dernier, dans le cadre de l’opération « Le Seuil du jour« . Inventaire mené sur Twitter, sous forme de reportage photo légendé en 140 caractères, l’enquête de Clara Beaudoux était devenue un livre aux éditions du sous-sol en mai 2016. C’est ce livre, retraçant les deux premières saisons du Madeleine Project que les lectrices et lecteurs peuvent (re)découvrir en suivant ce lien.

« Un jour, entre les hommes et nous qui sommes stellaires, il y a eu rencontre » : il est difficile de parler en quelques phrases du magnifique second roman de Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs, que les éditions du Seuil offrent en livre numérique dans le cadre de leur opération « Le Seuil du jour », sinon via cette phrase, présente deux fois dans le cours du livre, mettant l’accent sur sa dimension de fable.

Les éditions du Seuil ont décidé de quotidiennement mettre en accès libre, le temps du confinement, un grand titre de leur catalogue, sous le titre « Le Seuil du jour« , en accord avec leurs auteurs et leurs traducteurs. Aujourd’hui La Douleur porte un costume de plumes, dans une traduction de Charles Recoursé, premier texte singulier de l’écrivain anglais Max Porter, fable et conte du deuil.

Si s’embarquer pour ‘là-bas’ d’une façon ou d’une autre ce n’est en fin de compte qu’aller du pareil au même, est-ce que ça n’est pas ici qu’il faut s’efforcer de trouver cet ailleurs – ou ce piment – faute de quoi notre existence est dépourvue de toute saveur?
En d’autres termes, si toutes les errances ramènent à des points connus, pourquoi ne pas prendre les points connus comme prétextes à des errances?
Michel Leyris, préface de Contes et propos de Raymond Queneau, Gallimard, 1980.

On parle beaucoup, ces derniers jours, et pour cause, d’évasions dans et par la littérature et de voyages immobiles. On en oublierait presque que la contrainte est différente : littéraire pour les uns, sanitaire pour nous aujourd’hui. Pour autant, pourquoi ne pas les (re)lire ?

« Chaque mot a son odeur : il y a une harmonie et une dissonance des parfums, donc aussi des mots » avançait vigoureusement Nietzsche dans Humain, trop humain pour révéler, en une alliance sans égale, combien le savoir ne pouvait procéder que de la saveur : du goût du monde laissé dans la parole ou ce qui en tient lieu.

Les lecteurs français avaient découvert Nathaniel Rich via une sidérante dystopie réaliste, Paris sur l’avenir, une alliance de mots qui n’a plus rien de paradoxal quand le climat se dérègle. Le sujet est bien de Perdre la Terre. Là est en effet l’Histoire de notre temps, sous-titre du dernier essai de Nathaniel Rich qui paraît aujourd’jui en poche aux éditions Points.

Comment j’ai vidé la maison de mes parents est de ces récits, rares, que l’on ne peut se contenter de lire : on le relit et reprend, on s’y reconnaît, on le conseille, on le partage. Il semble ne pouvoir connaître de fin en nous à l’image de son absence de point final, comme de ses suites textuelles désormais réunies en une Trilogie familiale ou de la série photographique « Pitchipoï & Cousu main ». La parution de la Trilogie aux éditions Points était le prétexte idéal à un grand entretien vidéo avec Lydia Flem pour évoquer avec elle les liens de la littérature, de la photographie et de la psychanalyse.

Mona, 24 ans, est femme de ménage et fait du bénévolat dans un centre qui distribue des kits aux drogués. Mona fantasme sur M. en passant l’aspirateur : « ne sachant rien de lui en dehors de son goût pour la drogue et les livres de la bibliothèque, elle pouvait laisser libre cours à sa rêverie ». Sur cette trame en apparence mince, Jen Beagin compose un premier roman qui explose toutes les catégories romanesques, de la love story au coming of age novel : le mantra de Mona pourrait être celui de Jen, « la franchise craignos, j’adore ».

La Castiglione fut Circé et Narcisse, une artiste des métamorphoses. Sa quête identitaire prit, durant sa vie, la forme d’un portrait toujours inachevé (plus de 500 photographies) de soi en Autre : c’est cette femme réelle, d’autant plus énigmatique qu’elle se mit elle-même en scène, que Nathalie Léger prend pour centre fuyant de son roman L’Exposition, paru en 2008 et que les éditions P.O.L republient en poche.

La connerie est-elle innée, inévitable, inhérente à chacun, affichée ou sournoisement tapie sous les atours d’une intelligence moyenne ou la simple expression d’une bêtise évidente ? Une question complexe (et  des réponses qui le sont tout autant) que propose d’embrasser l’ouvrage collectif Psychologie de la connerie, qui paraît aujourd’hui au Livre de poche, enrichi de quatre textes inédits.

C’est le livre-séisme qui a mis à nu l’homosexualisation massive du Vatican et de l’Église depuis des décennies et dans le monde entier et sort aujourd’hui en poche : Sodoma.
Diacritik republie l’entretien de Jan Le Bris de Kerne avec Frédéric Martel, mené lors de la sortie du livre en grand format en février 2019.

La correspondance privée des écrivains a mauvaise presse, tant auprès des éditeurs qui la considèrent, en général, comme peu rentable commercialement, qu’aux yeux du grand public qui n’y voit, au mieux qu’un intérêt anecdotique très relatif, au pire comme une sorte de voyeurisme douteux.