La jeune Ninon Moise, raconte Joy Sorman, est aujourd’hui la descendante d’une longue succession, celle des aînées d’une famille remontant au XVIe siècle et qui toutes ont été frappées d’un mal étrange et cruel, à chaque fois différent. Enfant unique, donc aînée à sa façon, et alors qu’elle prépare le bac, Ninon est atteinte du mal à son tour, sous les espèces d’une maladie de la peau que les médecins ont peine à identifier : la peau lui brûle atrocement et en particulier celle des bras. Or, aucun stimulus n’est la cause apparente de cette douleur.

« Ce livre est librement inspiré d’une histoire vraie » précise une note liminaire, brouillant immédiatement la ligne entre l’expérience réelle de Harry Parker, autrefois soldat de l’armée britannique, envoyé en opération en Irak et Afghanistan, revenu lourdement blessé, désormais écrivain, et son personnage Tom Barnes, capitaine britannique en mission dans un pays du Moyen Orient, perdant ses deux jambes dans l’explosion d’une bombe lors d’une patrouille nocturne.

« En toute simplicité et en toute impossibilité » : si l’univers d’un écrivain est tout entier contenu dans les mots qui ouvrent son premier livre, nul doute que l’œuvre de Jonathan Safran Foer doive être lue sous le signe de la disjonction, celle dont témoigne cette dédicace de Tout est illuminé (Everything is illuminated, 2002). Elle énonce un paradoxe, de ceux que les livres suivants n’auront de cesse d’explorer, comme ce troisième roman, Me voici (Here I am) qui vient de paraître en poche aux éditions Points.

Hanif Kureishi est un analyste des corps et des forces qui les meuvent, en particulier désir et libido, jusque dans leur part la plus primaire et bestiale. « A chaque corps, un animal » écrit le romancier dans L’air de rien, qui vient de sortir en poche chez 10/18, un récit qui ne déroge pas à cette exploration, dans une veine toujours plus caustique et noire.

La disparition de Josef Mengele plonge avec brio dans l’intimité d’un monstre nazi en cavale en Amérique du Sud, en entrant dans le détail du quotidien d’abord flamboyant puis sordide du « médecin » d’Auschwitz, Olivier Guez met en lumière les complicités et la corruption des entourages et des états, tout comme la médiocrité et la banalité de Mengele. Le criminel nazi a échappé à la justice des hommes pendant près de quarante ans, mais aura tout de même été châtié ici-bas, en s’auto-dévorant. Retour sur le livre d’Olivier Guez, prix Renaudot 2017, vient de sortir au Livre de Poche.

« Faites un geste pour l’environnement », scie de la décennie et arme lourde de publicitaires et d’entreprises, qui, sans conviction profonde, usent de l’écologie comme argumentaire marketing et opportunisme. Soulignons-le d’entrée, L’Écologie en bas de chez moi n’est pas imprimé sur du papier recyclé.

Il est, outre-Atlantique, des auteures et journalistes cultes dont la France mesure progressivement l’importance : pensons à Joan Didion ou à Renata Adler, liste à laquelle il faut désormais ajouter l’indispensable Vivian Gornick. Attachement féroce paraît en poche, alors que les éditions Rivages publient son second texte autobiographique, Une femme à part, tous deux dans une traduction de Laetitia Devaux.

De nos frères blessés, premier roman de Joseph Andras, vient de paraître en poche. Le récit est centré sur un homme, Fernand Iveton, un homme dont l’action a marqué l’histoire et les mémoires, un « nom maudit » comme l’énonce la citation de Benjamin Stora et François Malye (François Mitterrand et la guerre d’Algérie) en exergue du roman :

L’ auteur de Parmi les loups et les bandits, est un jeune écrivain américain au patronyme pas tout à fait inconnu. Pourtant, avec ce premier roman, il a définitivement associé ce nom de famille à son prénom et non plus celui de son père. Aux États-Unis, Preparation for the next life a été couronné par un Pen/Faulkner Award, en France par le Grand prix de littérature américaine ; publié en 2016 par Juliette Ponce chez Buchet-Chastel, dans une traduction de Céline Leroy, il vient de sortir au livre de poche, l’occasion de le (re)découvrir.

Revenant (part. prés., adj. et subst.) : 1. (personne, chose) qui revient. 2. Esprit d’un(e) défunt(e) censé revenir de l’autre monde pour se manifester aux vivants sous une apparence humaine.

« Elles font une petite danse autour de moi en battant des mains et en chantant : « Il est revenu ! » (p. 31). L’enfant prodigue est revenu : ainsi la mère et la tante accueillent-elles l’écrivain de retour au pays natal, célébrant tout à la fois l’enfant Jésus et le grand enfant de quarante-trois ans qu’elles ont sous les yeux, dans un discret syncrétisme du quotidien où les dieux vivent parmi les humains – et réciproquement.

Sur le bandeau de couverture, lors de la parution du livre en grand format, une citation du Guardian annonçait « une histoire d’amour inoubliable ». Inoubliable, le premier roman de Karl Geary, qui paraît aujourd’hui en poche aux éditions Rivages dans une traduction de Céline Leroy, l’est indéniablement.

Du 20 au 23 septembre prochain aura lieu à Vincennes la neuvième édition du Festival America, centré sur les littératures et cultures d’Amérique du Nord, avec, pour cette année, un focus sur le Canada.
Diacritik a évoqué nombre des auteurs invités et vous propose de les (re)découvrir en amont du festival. Aujourd’hui, Jeffrey Eugenides.

Pour les moins endurants à 1300 pages de lettres… et qui ont une certaine curiosité pour la relation amoureuse d’Albert Camus et Maria Casarès, le roman de Florence M.-Forsythe, Tu me vertiges (Le Passeur, 2017) vient de paraître en collection de poche en 2018…