Je dois trouver une voix d’elle… [I must say a way back to her…] je dois parler avec sa propre voix… je dois trouver une voix d’elle qui soit la mienne… ma voix et la sienne c’est la même… je dois les trouver…
Auteur : Philippe Bazin
Dans son Combat pour Berlin, Goebbels emploie dans des circonstances variées, mais toujours péjorativement, un mot bien plus révélateur. Ce livre a été écrit avant la prise du pouvoir, avec pourtant déjà une grande confiance dans la victoire, et il décrit les années 1926-1927, époque à laquelle Goebbels, arrivant de Rhénanie, commence à conquérir la capitale pour son parti.
« Or, et c’est ce que je dis au preneur d’images, je ne vois aucune différence entre les oies et les images.
Maintenant imaginez une terre de sable cernée par les eaux pacifiques et, sur cette langue, un arbre parfaitement conifère. Au pied de l’arbre dont les racines se dressent en l’air en de noueuses parades pour plonger plus profondément dans le sol, un morse est venu s’échouer. Pratiquant le morse, comme vous et moi le français, le morse soumet toute son énergie graisseuse à répondre à cette unique question par des suites de traits courts et longs (qui, pour le confort du lecteur, ont été ici traduits). Voici sa réponse :
« Nous avons abouti à ce livre, mais ce sont des gens réels qui ont vécu les situations décrites, et ils avaient leur mot à dire. Beaucoup de ceux que nous avons rencontrés sur le terrain ont plus ou moins considéré nos conversations comme une occasion de dire au gouvernement et à leurs compatriotes les obstacles qu’ils doivent affronter.
« Les arbres sont. Dans le ciel et contre lui. Épandus, écartelés en dentelles savantes. La terre les porte, ils dessinent sur elle, sur sa peau ancienne, des signes, des architectures ; la terre les nourrit, ils puisent et fouillent en elle, enfoncés ; ensuite ils sont dans le ciel et contre lui se tendent. Ils s’affolent parfois, quand l’orage d’été les prend, quand les pluies froides de novembre hachent les dernières feuilles cuivrées.
Je peux crier, sans savoir pourquoi je crie, sans douleur réelle. J’attends d’être seul, et j’extrais du corps ce long hurlement jusqu’à l’entendre. Je rentre chez moi en catastrophe, et je me réfugie dans le salon, à la fin de l’après-midi, avec ce besoin imminent d’exploser. Un instant, je demeure là, comme abandonné, incapable de m’asseoir. Je ne forme aucune pensée, et aucun grief contre l’existence, mais je laisse échapper cette plainte animale.
En dépit des apparences, « Retour d’un chien » est un texte sans auteur ; ou, du moins, un texte dont l’autorité ou la paternité se voit diffractée dans des relais multiples. Car sans le savoir, ils sont nombreux à avoir écrit ce texte — dans des langues différentes, à des années, voire des siècles d’écart parfois —, et à pouvoir ainsi s’en disputer l’autorité. Que je leur laisse ou leur rends bien volontiers.
Dans le cadre de « Foot For Freedom » organisé par Les Dégommeuses, la série Lolendo est exposée du 9 au 26 juin 2016 à la Halle aux Oliviers de la Bellevilloise 19-21 Rue Boyer, 75020 Paris.
Jour de lancement des commémorations du 150e anniversaire de la mort de John Brown, le 9 mai, anniversaire de sa naissance ; le public regardant et écoutant la conférence de J. W. Wiley, la chanson de Sandra Weber, le chanteur anti-esclavagiste Jim Mandracchia, l’auteure et réalisatrice de film Libby MacDonnald, et Brad Hurlbust lisant la dernière lettre de John Brown à sa femme Mary ; à John Brown Farm Historic Site, North Elba, NY, 2009.
avec la conviction, ou l’intuition, ou l’impression, que l’un n’est jamais l’un, qu’une phrase cache une phrase, qu’une parole ne se résume pas à une parole, que quelqu’un n’est pas ce qu’il semble être ou veut montrer qu’il est, ne dit pas tout à fait ce qu’il dit qu’il dit. Que ce que je vois n’est pas ce que je vois.
Derrida a-t-il été antispéciste ? Répondre à cette question consiste surtout à lire sa philosophie à partir du point de vue animal. Telle est peut-être la révolution qu’il a tentée de faire, en philosophie, comme aucun autre penseur.
Sur le lieu de la mort de Macbeth tué par le fils de Duncan, Dufftown, Écosse, 2002.
« Un cours c’est quelque chose qui se prépare énormément. Si vous voulez cinq minutes, dix minutes d’inspiration, il faut préparer beaucoup, beaucoup, beaucoup », affirme Deleuze dans l’Abécédaire. La préparation des cours chez Deleuze est souvent rapprochée d’une série de pratiques artistiques : « Un cours ça se répète. C’est comme au théâtre… c’est comme dans les chansonnettes, y a des répétitions ».
Remarquable par sa chevelure couleur d’or-pâle, elle appartient à ce genre de femmes nommées, sans doute en mémoire d’Ève, les blondes célestes, et dont l’épiderme satiné ressemble à du papier de soie appliqué sur la chair, qui frissonne sous l’hiver ou s’épanouit au soleil du regard, en rendant la main jalouse de l’œil.