Que sait-on finalement du 14 juillet ? Des scènes de liesse et de colère mêlées, des gravures qui donnent au passé la teinte du révolu, des commémorations à n’en plus finir, mais qui font oublier l’effervescence révolutionnaire sous les festivités consensuelles : en bref, un feu d’artifice de stéréotypes. Que sait-on finalement ?, voilà la question que pose Éric Vuillard, dans ce récit, tendu et nerveux, emporté et politique, sobrement intitulé 14 juillet.

Quand la douleur est là, comment lutter ? Fermer les yeux, s’absenter n’y suffit pas, l’exergue de Paul Eluard en instruit d’emblée le lecteur. « Ses yeux ont tout un ciel de larmes/ Ni ses paupières ni ses mains/Ne sont une nuit suffisante/Pour que sa douleur s’y cache . » Reste au contraire à ouvrir les yeux, apprendre à lire le monde pour en décoder les signes, bons ou hostiles, et compter sur les papillons pour emporter sur leurs ailes, telle Psyché, l’âme délivrée du mal.