The Gypsy Faerie Queen s’ouvre sur quelques notes fragiles, au piano d’abord, auquel s’adjoint l’esquisse d’une mélodie très simple au violon. Cette ouverture semble nostalgique, étrangement belle – une possibilité naissante, une existence nouvelle qui se décide à être. Ou le retour d’un souvenir lointain comme une voix d’enfant. La musique a été composée par Nick Cave, le texte est écrit par Marianne Faithfull.
Auteur : Jean-Philippe Cazier
Il pourrait s’agir d’un livre d’Euclide mais il est signé Marie de Quatrebarbes. Ça pourrait être un livre d’un physicien-philosophe de l’Antiquité, mais c’est un livre de poésie. Ce serait un livre de grammaire autant qu’une poétique, une écriture autant qu’un rapport au monde – un nouveau monde, un monde nouveau dans ce monde.
La mère est la mère et une poule, autre chose qu’elle-même. Toute chose est autre chose, est et n’est pas. Chez Hélène Cixous, « Être ou ne pas être » serait moins une alternative, une disjonction exclusive, qu’une affirmation, l’expression d’une synthèse disjonctive, celle-ci impliquant un mouvement incessant de connexions, de relations instables, d’agencements impossibles.
David Lynch vient de mourir à l’âge de 78 ans, en hommage au mythique réalisateur, Diacritik republie l’article de Jean-Philippe Cazier consacré au retour de Twin Peaks en 2017.
Le livre d’Ariane Jousse est étrange par sa narration, sa construction, par les relations qui y sont tissées et le constituent. L’objet central du livre serait d’abord, peut-être, cette étrangeté, Terreur créant un monde défini par cette étrangeté.
Dans La maison indigène, il pourrait s’agir de souvenirs, de la recherche de souvenirs qui ont disparu, ont été refoulés, refusés, ou n’ont jamais existé. Il faudrait alors les rechercher, les inventer, les approfondir. Mais il s’agit surtout d’autre chose.
Comment raconter l’histoire quand la plupart des éléments manquent ? Comment dire ce que l’on ne sait pas ? Non pas écrire ce que l’on sait mais ce que l’on ne sait pas, parce que l’on ne sait pas, parce que l’on ne peut alors pas écrire.
Il y a quelques semaines, Christelle Morançais (élue Horizons), présidente de la région des Pays de la Loire, annonçait que les prévisions pour le budget 2025 incluaient une diminution très importante, voire une suppression pure et simple de certaines subventions et aides pour un montant de cent millions d’euros. En ce qui concerne le domaine de la culture, cette suppression équivaut à la disparition de 73% de son budget de fonctionnement.
Dans La Grande Conspiration Affective, il s’agit de dire et il s’agit de faire. Si, pour Romain Noël, s’imposent une nouvelle façon de penser, une nouvelle façon de vivre et de dire, il est nécessaire de faire du livre qui dit cette nouveauté l’effectuation de cette nécessité, autrement celui-ci ne serait qu’un ensemble de propositions et d’intentions à l’intérieur d’un monde laissé intact, dont la représentation demeurerait inchangée.
Que dire lorsqu’un écrivain meurt ? L’écrivain est ses livres et les livres ne meurent pas. Ils peuvent être oubliés, ne plus être lus, mais ils ne meurent pas. Que dire sinon, peut-être, le silence, se taire ? Et lire les livres.
New York. Red Hook. Journal de choses vues.
Ailleurs, partout, de Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold, serait une sorte de documentaire : « une sorte » car le film sort des cadres attendus du documentaire, comme il tend à sortir des cadres du récit, des cadres de la fiction, des cadres du visible cinématographique – comme il tend à sortir de tout cadre. Dans ce film, la traversée des frontières n’est pas seulement le thème, elle est aussi un principe esthétique et politique : traversée du discours, de l’image – un nomadisme qui emporte le cinéma, le dérègle, le réarrange pour une création particulièrement puissante, enthousiasmante.
L’effondrement, d’Édouard Louis, est un livre pluriel, la narration juxtaposant et entremêlant le commun, le plus banal, le social, et une forme d’étrangeté – étrangeté de l’autre, étrangeté de soi.
La 28e édition du festival Les Écrans Documentaires se tiendra du 13 au 20 novembre 2024. Depuis 1996, ce festival se consacre à l’exploration des formes les plus diverses du documentaire, en particulier à la jeune création.
Diacritik a beaucoup aimé Ann d’Angleterre de Julia Deck, Prix Medicis 2024 : pas moins de trois articles lui ont été consacrés. Les revoici.