Maman et Marcel sont dans le train du retour.
Auteur : Jacques Dubois
Marcel fait à Venise avec Maman un séjour longtemps reporté. Désormais, Albertine n’y serait plus que « faisceau de sensations » que réveillent ici et là les circonstances locales.
Neveu des Verdurin, Octave vient d’épouser Andrée qui naguère encore le traitait de « misérable ». Mais un autre fait a fasciné Marcel chez Octave :
Marcel a cessé d’aimer Albertine mais non de la connaître et de la comprendre.
Quant au désir et au plaisir qu’Albertine éprouvait pour d’autres femmes, Marcel, jaloux comme jamais, mène l’enquête cette fois :
L’ai-je inventé ? Je crois me souvenir que Nancy Huston disait que le seul apport de son Alberta natal à la culture universelle était le YAHOO ! que lancent les champions de rodéo à Calgary, haut lieu de la pratique de leur sport.
Seconde enquête d’Aimé sur le passé d’Albertine, car Marcel n’est pas suffisamment édifié.
Albertine vient de se tuer dans une chute de cheval.
“Mademoiselle Albertine est partie !” s’est écriée Françoise un matin. La fugue ainsi annoncée consterne Marcel.
Ce n’est pas tous les jours que Proust structure en contraste paradoxal un portrait psychologique qu’il conduira jusqu’à telle charmante allégorie pharmaceutique :
Au terme d’une permission de sortie, un homme jeune qui n’a pas réintégré la prison est recherché. Cet Angelo appartient à une famille de voyageurs, de gitans si l’on préfère. Une équipe du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) fortement armée est chargée de le retrouver et le repère dans la ferme de ses parents. L’intervention des gendarmes est brutale et tourne mal. Des coups de feu sont tirés. Angelo meurt en peu d’instants. L’enquête qui s’ensuit aboutira à un non-lieu.
Albertine est en colère sur Marcel qui revient d’une soirée chez les Verdurin dont il n’avait dit mot. Voulant réparer, Marcel propose à son amie l’argent qui lui permettrait de convier à un dîner le couple honni.
Charlus se flatte de ne pas connaître la vie de son ami Morel, à ceci près qu’il sait qu’ils « en sont » bien l’un et l’autre — dans le sens commun tout au moins.
Comment émanciper le spectateur de théâtre, se demandait Jacques Rancière en 2008 ? Comment émanciper le spectateur de musée (et d’exposition), s’est demandé Chris Dercon à la tête de la Tate Modern ou de la Volksbühne de Berlin ? Dans un cas comme dans l’autre, le problème est double.
Voici, à propos des femmes entrevues au dehors par Marcel, un passage quelque peu ambigu. C’est à l’occasion de la visite — tout aussi équivoque — d’une jeune crémière que Françoise est allée quérir pour tenir compagnie (ou plus ?) à son protégé.