William Marx : « La bibliothèque déploie une cinquième dimension invisible à l’œil nu » (Des étoiles nouvelles)

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Stimulant et neuf : tels sont les deux termes qui viennent à l’esprit pour qualifier le dernier essai de William Marx, Des étoiles nouvelles qui paraît aux éditions de Minuit. Originant sa réflexion sur une vive polémique qui, au début du siècle dernier, agita la France au sujet d’un sonnet de Heredia, Marx explore une manière inédite d’appréhender la manière dont la littérature découvre le monde et permet de le percevoir. Oeuvrant à ce qu’il nomme une astrocritique, le professeur au Collège de France enquête sur l’image des étoiles nouvelles et ses accidents en traversant nos bibliothèques. Autant de raisons pour Diacritik de partir à la rencontre de l’essayiste le temps d’un grand entretien.

Ma première question voudrait d’abord s’attacher à la genèse de votre stimulant essai, Des étoiles nouvelles : quand la littérature découvre le monde qui vient de paraître. Tout débute par votre lecture d’un célèbre sinon du plus célèbre sonnet de José-Maria de Heredia, « Les Conquérants », et notamment votre lecture de son ultime vers : « Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles ». Comment avez-vous découvert ce sonnet et comment avez-vous été porté à en faire le point de départ de votre réflexion sur les étoiles nouvelles ? Pourquoi, davantage qu’un autre, ce poème qui, dites-vous, est « un revenant de la mémoire collective » est-il précisément revenu à vous ? Est-ce notamment la polémique qu’a pu susciter ce poème au début du siècle dernier qui vous a su vous convaincre de vous y intéresser plus avant ?

Tout est sorti de ma consultation d’une édition commentée des Trophées de Heredia, il y a plusieurs années. J’avais croisé chez le poète latin Lucain, je crois, une formule à propos d’étoiles qui me rappelait le sonnet « Les Conquérants », et je voulais vérifier si cette référence figurait parmi les sources recensées du poème. Elle n’y était pas, mais je fus tout de même surpris de la quantité de textes que l’on tentait de rapprocher du poème de Heredia. Je refermai le livre et me promis de reprendre un jour ce matériau pour en composer un article ou une conférence sur la difficulté d’identifier la source d’une image poétique et sur les erreurs auxquelles conduisent les similarités apparentes. C’était, comme je vous l’ai dit, il y a de nombreuses années, mais je fonctionne comme cela : mes tiroirs ou mes cahiers sont pleins d’ébauches de projets que je mets en réserve pour des occasions futures. L’occasion, ici, ce fut ma leçon inaugurale du Collège de France l’an dernier. Il me sembla que c’était le moment de ressortir ce dossier : je l’y utilisai un peu en effet, et il me fournit même l’épine dorsale de la leçon, mais c’était bien court, et lorsque la série de mes premiers cours a ensuite commencé, il m’a paru dommage de ne pas développer davantage ce matériau passionnant… et c’est devenu un livre ! Je ne m’étais pas autrement intéressé à Heredia auparavant, mais le sonnet « Les Conquérants » a cet avantage insigne de figurer dans la mémoire commune, alors même que son auteur est assez oublié, et on le retient précisément en raison de l’image proprement sidérante qui clôt le poème avec une redoutable efficacité. L’édition des Trophées que je mentionnais tout à l’heure évoquait un courrier adressé au Temps en 1905. J’eus la curiosité d’y aller voir, et je fus surpris de découvrir un véritable débat littéraire de plusieurs semaines mis en scène avec une délectable ironie par le critique du journal. Les polémiques littéraires m’ont toujours passionné, elles sont tellement révélatrices, mais quand en plus elles sont drôles, le bonheur est complet. Il me semblait dommage de ne pas en faire profiter mon lecteur.

Pour en venir au cœur de votre propos, intéressons-nous sans attendre à ces étoiles nouvelles qui se détachent des vers de Heredia. Cette image stellaire s’impose d’emblée à vous comme paradigmatique d’un conflit d’interprétation entre, d’une part, ceux qui sont frappés par la beauté poétique de l’image et, d’autre part, ceux qui déplorent l’inexactitude astronomique de l’image. Ce qui frappe dans votre essai c’est combien vous conférez une place herméneutique à l’image qui, loin de se limiter à une simple vision, s’offre comme un double savoir : savoir sur le poème et parfois non-savoir sur le monde, mais image toujours féconde.
Ma question sera la suivante : diriez-vous ainsi qu’à l’instar des étoiles nouvelles, toute image détermine un cadre perceptif ? Diriez-vous ainsi que la puissance d’une image en littérature peut finalement s’apprécier à la mesure de ce qu’elle fait trembler dans le sens ou dans le sensible ?

Une image littéraire est une mise en forme verbale, concise, d’une portion de la réalité, en général de type visuel. C’est une forme langagière, mais en même temps cette forme se relie dans notre esprit à une configuration particulière du réel, qu’elle semble évoquer avec une relative précision. Il y a donc une tension de principe entre la nature verbale de cette forme et la représentation qu’elle paraît convoquer avec une force qui la rend mémorable. Un problème surgit en particulier lorsqu’on prétend analyser l’image non pas en tant que simple suggestion de la réalité, mais en tant que compte rendu de celle-ci, et qu’on veut trouver dans l’image toutes les liaisons, tous les rapports, toutes les cohérences qui existent par ailleurs dans la réalité. De telles analyses avaient cours dans la poésie classique, et la poésie parnassienne s’y prête aussi. On peut alors être conduit à constater que ce qui fonctionne merveilleusement dans le texte ne pourrait pas fonctionner tel quel dans le monde : d’où une grosse déception de l’interprète réaliste, alors que le formaliste s’en moque. Dans la pratique toutefois, il n’y a pas de formalisme qui tienne sans un rapport particulier à notre savoir du réel, ne serait-ce que pour le contredire. En tout formaliste travaille en sourdine un réaliste qui lui fournit les outils de l’interprétation. Puissante est l’image littéraire capable à la fois de suggérer beaucoup et de s’adapter à des contextes divers, sinon contradictoires : une image qui gagne sur les deux plans, la forme et le réalisme. Elle prend alors la capacité de transformer, de décaler si peu que ce soit notre perception de la réalité en unissant en elle des conceptions apparemment incompatibles : une telle coïncidence des contraires définit ce que Walter Benjamin nomme l’image dialectique.

Cependant, loin de se limiter à une saisie de l’image notamment en littérature, Des étoiles nouvelles propose deux points théoriques essentiels, qui donnent lieu à une conceptualisation aussi neuve que déterminante. En premier lieu, opérant depuis le sonnet de Heredia, vous avancez le concept d’astrocritique. Pendant de la géocritique imaginée par Bertrand Westphal, vous forgez l’astrocritique qui, pour sa part, élargit la saisie critique, en se proposant, comme vous le dites, d’interroger « un certain rapport du ciel à la terre, qui ne se décèle qu’aux grands voyageurs. La connexion des étoiles avec notre monde. Tout un monde lointain proche et présent. »
En quoi ainsi l’astrocritique permet-elle selon vous de livrer une histoire sinon une généalogique critique d’une image ? En quoi cette astrocritique permet-elle de raconter la découverte du monde quelque part entre ciel et terre ?

Le terme d’astrocritique fait signe en effet vers la géocritique de Bertrand Westphal, cum grano salis, toutefois. L’astrocritique est une géocritique avec un regard inversé à 180 degrés : au lieu de regarder vers la terre, on tourne la tête vers le ciel. La thèse de départ est qu’il n’y a pas d’exploration de la terre qui ne soit par ailleurs une découverte du ciel. Dès qu’on se déplace vers le nord ou le sud, en effet, le ciel nocturne change un tant soit peu : on ne voit plus tout à fait les mêmes étoiles aux mêmes endroits, certaines étoiles apparaissent à l’horizon, d’autres disparaissent sous ce même horizon. C’est un phénomène dont les Anciens étaient familiers. Aristote en parlait déjà et en tirait de fascinantes conclusions sur la rondeur de la Terre. On peut donc raconter la découverte du monde à partir de l’apparition d’étoiles nouvelles dans le ciel et dans les textes. Car il va de soi que ces étoiles prennent des significations fort différentes selon qu’on se contente de traverser la Méditerranée ou qu’on traverse l’Atlantique et qu’on aborde aux Antilles ou au Brésil. L’histoire de ces différences, que je raconte dans le livre, reflète ainsi celle de l’exploration du globe terrestre.

Vous parlez enfin de l’astrocritique comme d’une histoire des accidents d’une image : que faut-il entendre par ces accidents ? En quoi permettent-ils de forger ce que vous appelez encore le destin d’une image ?

La complexité de la littérature vient du fait qu’à la fois elle entreprend d’évoquer la réalité, de la décrire, de la suggérer, mais qu’en même temps elle fait référence à elle-même, aux textes précédents, ceux qui subsistent dans la mémoire et auxquels l’auteur fait référence de façon plus ou moins consciente : c’est le phénomène connu en théorie littéraire sous le nom d’intertextualité. Une image poétique comme celle des étoiles nouvelles a été abondamment utilisée depuis l’Antiquité, avec des sens et des connotations différentes, dont je retrace le développement. Elle a eu cet avantage, si l’on peut dire, qu’aucun auteur n’avait marqué durablement l’emploi de cette image : elle était disponible et comme vierge à qui voulait la prendre. Tout change en revanche avec Heredia et la sonnet « Les Conquérants », qui entre très vite dans la mémoire collective et dans le canon. À partir de ce moment-là, l’image n’est plus disponible, car toute référence aux « étoiles nouvelles » doit forcément prendre position par rapport au poème de Heredia. C’est ce qu’on voit chez Proust, par exemple. On conçoit donc la part de hasard qui préside au destin d’une image. Que se serait-il passé, par exemple, si Shakespeare avait utilisé l’image des étoiles nouvelles dans la célèbre tirade de Hamlet ? Eh bien, l’image, devenue ultra-célèbre, aurait perdu sa disponibilité, et l’histoire de cette image en aurait été bouleversée. C’est l’hypothèse que j’essaie d’explorer en proposant des vers inédits fictifs de Shakespeare, mais que je crois assez plausibles, si j’en crois les spécialistes du barde que j’ai interrogés, et en examinant les conséquences de ces vers sur l’histoire des étoiles nouvelles. Un essai de critique-fiction, en quelque sorte.

Un autre aspect majeur de votre réflexion consiste à forger un autre concept, celui de probabliothèque. Formé à partir de « probabilité » et de « bibliothèque », ce mot-valise désigne, dites-vous, « ces ensembles de textes ou d’occurrences qui interviennent de façon plus ou moins probable dans la généalogie d’un autre texte, d’une figure, d’une image, et dans la compréhension que nous pouvons en former. » Ma question sera encore ici double : en quoi la probabliothèque se distingue-t-elle de l’intertexte naguère forgé par Julia Kristeva ? S’agit-il d’un ensemble de relations textuelles probables, c’est-à-dire tantôt effectives ou tantôt spectrales ? En quoi la probabliothèque peut-elle apparaître comme l’empan littéraire de la bibliothèque fantôme et spectrale d’Aby Warburg ? Est-ce que la probabliothèque procède, d’une certaine manière, de la survivance ou Nachleben de Warburg, à savoir finalement œuvrer à la vision de la bibliothèque non comme un espace statique mais comme un champ de forces mentales ?

La probabliothèque a un sens plus restreint que l’intertexte kristevien. L’intertexte, qui a reçu plusieurs définitions, est allé jusqu’à désigner la capacité des textes à faire référence les uns aux autres dans l’esprit du lecteur, indépendamment de tout effet citationnel ou allusif explicite. Ce serait une propriété générale des textes. La probabliothèque décrit en revanche, vous le dites très bien, le champ de forces qu’un auteur établit à partir de la position qu’il occupe, en sectorisant des pans entiers de sa bibliothèque mentale, qui vont l’aider à écrire son œuvre. La critique positiviste parlait de sources, mais le terme, comme celui d’influence du reste, implique souvent un déterminisme et une unidirectionnalité absurdes et irrationnels. La probabliothèque se construit autour d’un réseau tissé plus ou moins consciemment par l’auteur, avec des tensions diverses. La proximité que vous soulignez avec Warburg me touche d’autant plus que je lui ai consacré deux séances de mon cours de cette année au Collège de France.

Partant, la probabliothèque, notamment des étoiles nouvelles, permet de mettre en lumière plus largement le rôle de la bibliothèque sinon de la littérature dans le monde lui-même. Loin d’être un bâtiment coupé du reste du monde, la bibliothèque apparaît pour vous comme un lieu même d’ouverture qui, depuis les livres, permet d’intensifier le rapport au réel. Vous parlez à ce titre de la « cinquième dimension » qu’apporte la bibliothèque dans le monde. Pourriez-vous nous dire ce que vous entendez ici par « cinquième dimension » ?

C’est là toute la magie d’une bibliothèque. En apparence, elle se situe là, devant nous, dans les quatre dimensions de l’espace et du temps que nous connaissons. Mais en réalité elle déploie une cinquième dimension invisible à l’œil nu et accessible uniquement au lecteur des livres : celle du contenu des livres, qui constitue indiscutablement une réalité mentale à part entière, un autre monde s’ouvrant à qui veut bien lui donner les forces et le temps nécessaires. Le fameux sonnet de John Keats, « En découvrant l’Homère de Chapman », que j’analyse dans le livre, exprime avec une puissance extraordinaire cette découverte d’un monde nouveau par la poésie et la littérature : la saisie de ce monde mental, de cette cinquième dimension ou de ce « troisième royaume », comme l’appelait le critique F. R. Leavis, n’est comparable qu’à la découverte du Nouveau Monde ou d’une nouvelle planète. Et cet autre monde est à notre portée, et capable de transformer la réalité : comme je le rappelle, Christophe Colomb s’est embarqué sur ses caravelles notamment parce qu’il avait lu la démonstration d’Aristote sur la rondeur de la Terre. Les grands périples poétiques ont parfois précédé les navigations réelles, qu’ils avaient fait longtemps désirer. Le voyage de saint Brendan fut une divagation monastique et fantasmagorique avant de devenir réalité dans les années 1970, quand un aventurier anglais tenta réaliser l’expérience ! Voilà comment parfois la cinquième dimension s’introduit dans notre monde, pour parler comme dans X-Files.

William Marx, Collège de France, 2020-2021, Les bibliothèques invisibles

S’agissant des bibliothèques, on sait que leur exploration constitue depuis votre leçon inaugurale le cœur de votre travail, de vos recherches au Collège de France. On pense bien évidemment à la manière dont Barthes ou Foucault concevaient eux-mêmes l’articulation entre leur enseignement et leurs travaux. Ainsi, est-ce qu’être désormais au Collège de France a changé votre manière de travailler vos essais, d’en lancer la réflexion, de l’adosser à vos séminaires ou cela prolonge-t-il une méthode déjà engagée auparavant ?

La question des bibliothèques, celle de leur prégnance mentale et culturelle, me préoccupe depuis longtemps : j’ai rédigé un mémoire de maîtrise sur les bibliothèques publiques dans la Rome antique, j’ai longtemps travaillé pour la Bibliothèque nationale de France, et mon livre Vie du lettré tournait autour de ce sujet en l’abordant de biais. Il m’a semblé que cette question fournirait la meilleure introduction à ces années d’enseignement qui commencent pour moi au Collège de France, dans la mesure où elle se situe précisément à la charnière du monde où nous vivons et de celui que nous lisons. La bibliothèque est la porte d’entrée du « troisième royaume », et à ce titre elle permet l’étude concrète de l’articulation entre littérature, culture, société et subjectivité que je souhaite explorer sur cette chaire de Littératures comparées. L’exigence du Collège de France, c’est d’enseigner la recherche en train de se faire. Voilà longtemps que je n’en avais plus la possibilité à l’université, en raison de contraintes diverses : contraintes pédagogiques, obligation diplômante, manque de temps. Cette exigence du Collège est profondément émancipatrice : elle oblige à aller toujours de l’avant, sans trop se retourner sur le travail accompli. L’écriture a toutefois une autre temporalité, et je ne sais pas encore s’il sera toujours possible de concilier le contenu des cours avec celui des livres que je veux écrire. Roland Barthes, en fin de compte, avait dû en quelque sorte écrire son roman en public, du haut de sa chaire, pour ouvrir à son désir de roman une porte de sortie. J’ai l’impression que chacun de mes collègues invente sa manière de faire pour concilier le cours, qui est central, et la production livresque. Le défi pour moi est immense, et j’en mesure chaque jour la difficulté.

Enfin, ma dernière question voudrait porter sur une dimension politique de votre essai qui revient à plusieurs reprises au cours de votre réflexion. Lorsque vous déployez avec force la probabliothèque des étoiles nouvelles, notamment la puissance d’une image, vous ne manquez pas de souligner un angle mort herméneutique dans la critique postcoloniale, à savoir le refus des forces centrifuges à l’œuvre dans les textes, et une préférence pour une saisie idéologique et statique. En quoi la probabliothèque pourrait-elle selon vous venir apporter un contrepoint ou un complément à la critique postcoloniale ?

Il me semble en effet que certains travaux de la critique postcoloniale, et en particulier le travail fondateur d’Edward Saïd, ont tendance à figer les textes et les cultures dans une essence et même, paradoxalement, une identité, dont les textes ne seraient aucunement capables de s’extraire. Selon cette vision, les œuvres ne seraient pas traversées de tensions multiples et contradictoires – tantôt dominatrices, tantôt émancipatrices, pour le dire vite –, et ainsi tout l’orientalisme européen serait vu comme la pure expression d’un pouvoir dominateur. Je ne suis pas le seul à relever ce réductionnisme idéologique qui, s’il peut avoir à un certain moment une utilité militante, n’est pas de nature suffisamment scientifique, en ce qu’il ne décrit pas correctement la complexité des textes, leur mobilité, leur tremblé, comme vous dites justement. Ainsi, dans la probabliothèque antique des étoiles nouvelles, celles-ci sont toujours référées à d’autres peuples, à qui elles appartiennent en quelque sorte : ce sont les « étoiles d’autrui ». Dans le sonnet de Heredia au contraire, selon la perception subjective des conquérants, il s’agit d’étoiles nouvelles absolument, comme si elles n’appartenaient à personne, comme si ces ciels nouveaux recouvraient une terre vierge de toute humanité. On sait évidemment que tel n’était pas le cas, et ce fut là le drame de la conquête de l’Amérique. Le poème de Heredia exprime ainsi d’une manière subtile, pour peu qu’on veuille bien le lire en le référant aux probabliothèques auxquelles il est lié, les impasses et les contradictions de l’entreprise coloniale, sans rien cacher de la férocité de ces conquistadors envolés d’un « charnier natal ». Ne pas figer, ne pas placer les textes dans des casiers tout préparés, les laisser déployer toute la richesse herméneutique dont ils sont capables : telle est la grande exigence à laquelle le lecteur et le critique doivent sans cesse se mesurer.

William Marx, Des étoiles nouvelles. Quand la littérature découvre le monde, éditions de Minuit, coll. « Paradoxe », mars 2021, 128 p., 16 € — Lire un extrait Lire ici l’article de Jacques Dubois