The Psychotic Monks : Confusions

Confusions est extrait du prochain album des Psychotic Monks, dont la sortie est annoncée pour le 29 mars. Après un premier album très réussi et une série de concerts qui ont suscité de nombreux enthousiasmes en France et à l’étranger, The Psychotic Monks apparaît aujourd’hui comme un groupe dont on attend les productions. Confusions confirme que cette attente n’est pas infondée.

Les paroles sont hermétiques, énigmatiques, paraissant traduire une conscience, des états internes, mais exprimés de manière impersonnelle. Les lyrics sont plus évocateurs que descriptifs ou explicatifs, plus proches de la poésie d’un William Blake que des inepties de la variété française mainstream. Davantage que des personnages, l’évocation implique des figures comme les « héros » ou un « moi » à peine présent, défini de manière minimale. Les héros sont désormais lointains, enterrés, et le peuple subit : une sorte d’humanité épuisée, abandonnée. Et le destin de celle-ci devient le destin d’un « moi » qui répète de manière hypnotique sa volonté de s’enfouir, de se glisser dans un trou – pour dormir ? mourir ? rejoindre les héros eux-mêmes enfouis ?

Si le sens est confus, cryptique, cette confusion est parallèle à celle qui réunit le collectif et le singulier, l’histoire, le peuple, le moi, en un même affect compact et éclaté qui les rend indiscernables. Le texte dessine les contours d’un paysage mental, un paysage de brouillard dans lequel se confondent et se perdent des dimensions d’ordinaire distinguées. Le paysage est celui du romantisme anglais comme de la désillusion contemporaine.

La musique se déroule comme une sorte d’avancée régulière, presque mécanique, habitée et traversée d’interruptions chaotiques. Les accords répétés à la guitare, la voix détachée, sont envahis de lignes distordues, de ruptures désordonnées, jusqu’au surgissement de guitares et de rythmes accélérés qui emportent tout. La puissance électrique, la force du son créent un vortex soudain qui aspire le temps, la conscience vers on ne sait où. On pense à une alliance entre le Velvet Underground et l’électricité du Glam de Bolan ou Bowie. C’est la même esthétique du chaos qui guide Confusions, composition brève, sèche, pensée pour vous perdre, jetée dans votre cerveau pour le hanter.

The Psychotic Monks, Private Meaning First, le 29 mars 2019.