AVT_Jean-Genet_2588
Jean Genet écrit que la trahison est « la règle élémentaire qui dirigeait ma vie ». Trahir n’est pas un choix ou la traduction d’une âme mauvaise : c’est une règle de vie où ce qui est choisi est la vie qu’elle rend possible ; c’est le moyen positif d’une vie plus vivante puisque suivi pour que la vie soit autre chose que l’existence immédiate, donnée, soumise à d’autres règles mortifères. Trahir n’est pas du côté du mal mais du bien – ou plutôt du bon, d’une éthique où la vie elle-même est l’objet d’une métamorphose, l’objet d’un souci qui implique sa transformation en autre chose. Il ne s’agit pas d’inventer un mode de vie pour autre chose que la vie – étant en elle-même ce qui doit être vécu, expérimenté, ce qui doit être suivi dans ses potentialités, selon ses multiplicités. Par-delà bien et mal, par-delà les morales tristes ou celle du « bon vivant » – une ascèse régulée pour une vie vivante.

Capture-d’écran-2015-07-06-à-09.43.37
L’une des caractéristiques les plus fascinantes des éditions Inculte, en sens tout autant laboratoire du contemporain que maison d’édition, est la dimension collective du travail mené, via des revues, des rencontres croisées de ses auteurs, des collectifs ou des livres écrits à quatre mains comme A fendre le cœur le plus dur, qui vient de paraître, signé Jérôme Ferrari et Oliver Rohe.

Lecture du livre et entretien vidéo avec Oliver Rohe.

9782330053161Les éditions Actes Sud viennent de faire paraître en format de poche le livre d’Oliver Rohe, Ma dernière création est un piège à taupes, initialement publié en 2012 aux éditions Inculte.

Si le livre tourne autour de la figure de Mikhaïl Kalachnikov, inventeur du célèbre fusil d’assaut, l’autre personnage central est la Kalachnikov elle-même (AK-47), dont Oliver Rohe relate la naissance et l’histoire, parallèlement à la naissance et à l’histoire de son inventeur.