Raphaël Meltz est né en 1975, il a cofondé et codirigé la revue R de réel (2000-2004) puis le magazine Le Tigre (2006-2014). Il est l’auteur d’essais (De Voyou à Pov’ con. Les offenses au chef de l’État de Jules Grévy à Nicolas Sarkozy), de récits (série Suburbs, Lisbonne: voyage imaginaire) et de romans : Mallarmé et moi, Meltzland, Urbs. Alors que paraît demain son nouveau livre, Jeu nouveau, il s’est prêté à l’exercice du grand entretien diacritique.

Conrad Aiken, portrait par sa dernière femme

Et maintenant, prendre la pluie sur le menton et le monde sur le cœur. 
Conrad Aiken, Le Grand Cercle (La Barque, 2017)

Les livres de Conrad Aiken (Savannah, Géorgie, 1889-1973), « père spirituel » de Malcolm Lowry, qui joua un rôle déterminant dans la reconnaissance d’Emily Dickinson, copain de promo de T.S. Eliot à Harvard, fervent lecteur, entre autres, de Melville et Shakespeare, très certainement de Joyce, prix Pulitzer pour sa poésie en 1929, sont presque tous indisponibles aux États-Unis. Nous avons en France la chance de voir son œuvre éditée principalement par Philippe Blanchon (éditions La Nerthe) et Olivier Gallon (éditions La Barque). A ce jour, sur une bonne vingtaine de recueils de poèmes, une centaine de nouvelles et quelques romans, neuf traductions françaises ont vu le jour. À portée de lecteur, huit (le premier étant épuisé) ouvrages tous exceptionnels, écrits à différentes périodes de sa vie, une promesse monumentale qui devrait, notamment grâce à la ténacité de La Barque, conquérir un vaste public.

Best Of 2015 Banner

Pour clore cette année 2015, les membres de la rédaction de Diacritik vous proposent leur best of. Ils nous / vous révèlent leur livre, film, chanson préférés en 2015 et l’article du magazine qui les a le plus enthousiasmés. Où l’on constatera que nos goûts sont aussi variés que nos pages même si quelques titres reviennent fréquemment…

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Diacritik, dans ses premiers brouillons, a quatre origines officielles : une conversation avec Benoît Virot, une rencontre historique au Wepler — aucune photographie pour immortaliser ces deux événements —, une lecture musicale d’Alban Lefranc au Charbon, présentée par Sophie Quetteville et organisée par Lucie Eple, filmée par Dominique Bry et… et… une émission littéraire complétement déjantée, imaginée par Lucie Eple, Sous les couvertures.

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« T’as 16 ans et tu crois pas à l’amour ? » 

Interview d’Alban Lefranc à propos de son livre L’Amour la gueule ouverte : Hypothèses sur Maurice Pialat.

Il est des films comme des bourrasques : ceux de Maurice Pialat (1925-2003), l’impétueux, le colérique, le polémique, le sublime Pialat, en font partie. Nous nous souviendrons de la scène finale d’À nos amours comme d’une claque monumentale, nous laissant ébaubie comme on ressortirait d’un flash halluciné : sans bien comprendre ce qu’il vient de se passer, émue aux larmes comme par surprise. Sandrine Bonnaire, dont Suzanne fut le premier rôle, y est à chaque visionnage plus époustouflante.

Le-voleur-de-voiture-couvIl y a aussi peu de trémolos dans Le Voleur de voitures que dans Le Vin de la jeunesse de John Fante. Et les larmes montent aux yeux avec la même douceur, provoquées par une émotion simple, je dirais presque suffisante, essentielle. J’aime les livres des éditions Tusitala en ce qu’ils sont — pour ceux de la veine que je dirais « sociale » du catalogue — un vrai baromètre de ma sensibilité.