« On connaît cet univers où ne cesse de se jouer un jeu de colin-maillard sinistre, où l’on avance toujours dans la fausse direction, où les mains tendues « griffent le vide », où tout ce qu’on touche se dérobe » avançait Nathalie Sarraute dans L’ère du soupçon pour alors suggérer de Kafka sa puissance nue d’inhabitude, sa patiente conquête des strates du vivant où le vivant s’échappe à soi : où chacun découvre ce point extrême, tremblant et hagard d’inconnaissance à soi-même et aux autres.

Les lecteurs d’Hélène Gaudy savent que dans ses livres le paysage n’est pas qu’un espace à arpenter : c’est dans Une île une forteresse une épaisseur d’histoire à traverser et qui vous traverse à son tour, comme des strates sédimentées, ou un feuilleté d’archives, à la manière de W. G. Sebald ; c’est aussi une force qui bouleverse la physiologie et décadre les repères familiers, comme dans Grands lieux.

Ce soir, au Centre Pompidou à Paris, de 19h à 21h30 aura lieu une large et riche rencontre pour célébrer les 40 ans des éditions Verdier. Emmenées par Johan Faerber, les rencontres réuniront, entre tables rondes et lectures, Patrick Boucheron, Catherine Perrel, Samy Langeraert, Jean-Yves Masson, Lionel Ruffel et la comédienne Dominique Reymond.

« À quoi ça pourrait ressembler, un roman du XXIe siècle ? En quoi ça serait différent d’un roman du XIXe, par exemple ? », se demande Pierre Ducrozet dans la note d’intention qui accompagne L’Invention des corps, son dernier roman, couronné du Prix de Flore, qui paraît en poche chez Babel.

Le titre du roman de Lola Lafon, Mercy Mary Patty, qui vient de paraître en poche (Actes Sud, Babel), décline trois  prénoms féminins en colonnes. Le dernier est celui de Patricia Hearst, centre opaque d’un fait divers qui a déchaîné l’Amérique des années 70, devenue Tania lorsqu’elle a rejoint le combat politique des membres du SLA, groupe terroriste qui l’avait enlevée.

Qui était Lescot Bruno, « attendu que » l’individu a commis un certain nombre de méfaits dans sa prime jeunesse, dont rend compte un exposé des motifs absolument exhaustif ? Pourquoi et comment est-il devenu cet individu coupable du vrai/faux braquage d’une agence bancaire de Charenton le Pont qui s’est soldé par la mort d’un policier ?

« J’aimerais pouvoir écrire ce récit à la manière des gens qui se souviennent de tout » : cette phrase, extraite d’Une année avec mon père, pourrait dire Le Chagrin d’aimer de Geneviève Brisac,, portrait diffracté, tendu, presque buté d’une mère impossible, Jacqueline, dite Hélène ou Mélini.