Faire le grand écart est plus qu’indispensable quand le corps vieillit. Jadis souple, il lui arrive de se mettre en route avec difficulté au réveil. Si on doit passer ses journées à écrire, autant en accomplir une partie en position debout – j’en connais qui continuent d’écrire, et surtout de dessiner, une petite rame de papier posée sur un lutrin avec quelques plumes, pinceaux et un encrier à portée de main.
Kafka
Salve impressionnante de publications aux éditions Les Cahiers dessinés. Une revue, L’Amour, dont nous avons déjà parlé, et quatre ouvrages : Carnets de bord de Sempé, Le Monde selon Mix & Remix, Géant endormi de Brad Holland, Les dessins de Franz Kafka, auxquels il faut ajouter, aux éditions Noir sur Blanc, un livre écrit et dessiné par Frédéric Pajak : J’irai dans les sentiers. Pas loin de 1500 pages au total, les relations entre dessin et texte variant considérablement d’un volume à l’autre – le plus silencieux étant celui de Sempé, bénéficiant d’une brève préface (deux pages) de Patrick Modiano.
Le livre d’Anthony Poiraudeau s’ouvre sous le signe d’un rêve géographique, urbain et lexical où surgit l’image de la ville d’Aranjuez – ville que le rêveur n’a jamais vue mais dont il est certain qu’elle correspond à celle nommée Aranjuez : « Comme si, connaissant un mot sans en savoir le sens et rencontrant pour la première fois l’objet qu’il désigne, l’évidence s’imposait de faire de l’un le signe de l’autre ».
Pendant huit ans, Judith Abitbol a filmé Ede Bartolozzi dans son village en Italie. Elle a filmé Paola, la fille d’Ede, le village, la famille, les amis, les voisins. Elle a filmé des corps, des visages. Et l’amour. Rencontre avec la cinéaste, un entretien réalisé, pour Diacritik, par Catherine Weinzaepflen.
2017 marque le centenaire de la mort d’Octave Mirbeau. De nombreux événements ponctueront cet anniversaire. Entretien avec Pierre Michel, président de la Société Octave Mirbeau et spécialiste de l’écrivain.
En 2014, Laurent Margantin entame un projet que l’on pourrait qualifier de prométhéen : traduire les 1000 pages du Journal de Kafka. Traduire et non retraduire tant la version qu’il propose est différente de celle à laquelle les lecteurs français avaient alors accès (signée Marthe Robert), une version amendée par Max Brod, coupée, délestée de tout ce qui pouvait faire scandale (la fréquentation des bordels) ou paraissait extérieur à la pratique diaristique : les fragments de récits, un chapitre de l’Amérique en cours d’écriture.
Paru en 2013 et produit par un seul homme, le développeur américain Lucas Pope, Papers Please est un jeu vidéo inclassable aux graphismes rudimentaires, qui n’ambitionne rien de moins que de nous faire jouer le rôle d’un petit fonctionnaire, chargé d’admettre ou non sur le territoire d’un pays soviétique imaginaire une foule qui se presse tous les matins à l’entrée de son checkpoint.
