« Pigalle était mieux que la beauté. Pigalle est punk : sa laideur n’est rien ; son énergie fait tout — aujourd’hui encore » (Le New Moon)

David Dufresne aime à déplier les approches, formelles comme esthétiques, d’un même objet. Pensons ne serait-ce qu’à Fort McMoney qui fut successivement reportage dans la presse, journal dans le collectif Or brut (Lux, 2015), documentaire et même jeu vidéo. Cette fois, dans la foulée du livre New Moon (Seuil, 2017), un documentaire, diffusé ce soir sur Arte, nous conduit au cœur de Pigalle, de son histoire comme de ses mutations.

Sept mois après la sortie des Voiles de Sainte Marthe de Christian Rosset, Hippocampe éditions publie L’Hypothèse du baobab, un nouveau livre écrit par un homme de radio, Thomas Baumgartner. Au moment-même où se déroule à Brest la seizième édition du festival Longueurs d’ondes (du 28 janvier au 3 février), on trouvera en avant-première ces ouvrages à la librairie du Quartz. Entre jeux de dévoilements et hypothèses, ces livres difficiles à circonscrire en un seul genre, mais qui appartiennent (on le verra clairement) à ce qu’on entend par littérature, présentent autant de traits communs que de différences sensibles.

La double entrave qui structure du fait divers ne concerne pas seulement le rapport du réel à la fiction. Elle se manifeste également dans l’exploration de « vies parallèles », non plus la correspondance et disjonction de deux champs culturels comme le fit Plutarque, mais l’expression ou la recherche de soi via l’existence d’autrui, un Soi-même comme un autre formulé par Paul Ricoeur. Le fait divers est un symptôme de nos sociétés, de nos mentalités et imaginaires, le miroir qu’il nous tend est donc d’abord collectif. Mais la vie infâme narrée est aussi un Miroir d’encre pour l’écrivain, ce que figure de manière exemplaire, dès son titre, L’Adversaire d’Emmanuel Carrère, récit de soi à travers Jean-Claude Romand, lui-même auteur de sa fiction de vie, d’un roman de soi.