
Les aventures de Perlimtintin. Relisez Cicéron : il ne faut point mettre le doigt entre l’arbre et les corses.

Les aventures de Perlimtintin. Relisez Cicéron : il ne faut point mettre le doigt entre l’arbre et les corses.
Dans les archives de Diacritik.
Entretien vidéo avec Enki Bilal revenant pour notre journal sur trois albums formant un cycle littéraire et graphique placé sous le signe des éléments : Animal’z, Julia et Roem, La couleur de l’air. L’eau, la terre, l’air. Sur une planète de cendres et de sang.
« Révélation », « phénomène » : les termes les plus élogieux ont accompagné dans la presse la publication du premier roman d’Aura Xilonen, El Universal saluant par exemple sa « langue originale et éblouissante ».
Ces soudains emballements médiatiques peuvent souvent sembler excessifs, ils disent pourtant parfois une réelle découverte, une stupeur quand une voix se fait jour : c’est le cas avec Gabacho, qui sort en poche chez Liana Levi dans une traduction stupéfiante de Julia Chardavoine.
Entre la fiction et le réel, les frontières sont poreuses. Les dystopies semblent s’épanouir dans la première. Tellement, même, qu’il devient difficile de penser que leur abondance, en ce début de XXIe siècle, soit sans rapport avec le contexte où elles s’expriment. Tensions sociales et politiques, emportements et envahissements techniques, féodalisations économiques, dégradations écologiques (liste évidemment non exhaustive) paraissent redonner des conditions historiques favorables à ces descriptions de sociétés ayant déraillé du chemin du progrès collectif : littérature, cinéma, jeux vidéo et autres supports culturels les ont largement accueillies.
M train : 18 stations dans la « carte de l’existence » de Patti Smith, un voyage à travers les bars, cafés — elle qui a toujours rêvé de tenir le sien — et lieux qui l’ont inspirée, prétexte à l’évocation d’un univers littéraire, poétique, intime, puisque, comme l’écrit Wittgenstein, cité dans le livre, « le monde est ce qui arrive » et c’est bien ce monde tel qu’il advient que consigne Patti Smith, « zombie optimiste », « noircissant des pages somnambuliques ». Le livre, traduit en français par Nicolas Richard, paraît aux éditions Folio.
Disponible en intégrale sur OCS, la série de Steven Soderbergh ne bénéficiera ici que d’une critique partiale et partielle. Partiale, parce que le seul nom du réalisateur de Sexe, Mensonges et Vidéo, Traffic ou la trilogie Ocean’s est un gage de qualité a priori ; partielle, parce que la mini-série développée pour HBO a été pensée comme une expérience interactive, déclinée en application mobile et pour ordinateur, mais uniquement disponible aux États-Unis.
Que dire lorsqu’un écrivain meurt ? L’écrivain est ses livres et les livres ne meurent pas. Ils peuvent être oubliés, ne plus être lus, mais ils ne meurent pas. Que dire sinon, peut-être, le silence, se taire ? Et lire les livres.
Mathieu Riboulet vient de décéder, lisons ses livres.
En hommage, nous republions un article écrit lors de la parution des Œuvres de miséricorde, en 2012.
Il neige, on a envie de regarder la neige en écoutant la première leçon de ténèbres de Couperin, on a envie de traîner, de prolonger le retard sur tout, le regard sur ce premier lundi de février, faire diminuer l’impatience et la culpabilité, ne rien faire, rien, rien construire ni gagner. Tout est là, comme déjà donné.
En 1960, Djibril Tamsir Niane fait paraître Soundjata, l’histoire du plus célèbre empereur du Mali, qui vécut au XIIIe siècle. L’historien et dramaturge contribue ainsi à fixer et à faire connaître une épopée auparavant racontée uniquement par des griots, dans des cérémonies au déroulement très strict. La publication offre une très large diffusion à cette histoire de femme-buffle, d’enfant paralysé qui se dresse sur un arc, de sortilèges et de génies, de batailles où le monde se partage, de création d’empires.
« Becky observe les gens, contemple la rue, entend les bruits ambiants, sent le trottoir sous ses pieds, et elle s’autorise à envisager ce qu’elle aimerait en dire un jour, avec son corps, dans une chorégraphie de sa propre composition ». Cette chorégraphie, c’est à Kae Tempest qu’il revient de la composer, dans un étonnant premier roman, Écoute la ville tomber, qui vient de paraître aux éditions Rivages dans une traduction de Madeleine Nasalik — note : cet article a été modifié pour respecter l’identité de l’auteur, devenu Kae.
Jonathan Dee poursuit sa fresque de l’Amérique contemporaine avec Ceux d’ici, qui vient de paraître en « Feux croisés » (Plon) dans une traduction d’Élisabeth Peellaert :
En surface, Baron Noir est « une vraie série politique dramatique, qui profite d’une écriture soignée, de bons dialogues, d’une mise en scène intelligente et de comédiens de qualité » (Pierre Langlais, Télérama). En surface, Baron Noir, saison 2 est « encore plus près du réel » (Carine Didier, Le Parisien). En surface, enfin, Baron noir est « une série captivante qui s’attache sans cynisme aux tiraillements entre convictions et ambitions » (Télérama). Une série « sans cynisme » ? Vraiment ? Rien n’est moins sûr. C’est même strictement le contraire. Explications.