Tous les mercredis, Joffrey Speno nous offre l’un des films de sa collection de portraits documentaires « La parole aux morts ». Aujourd’hui, Pour ce que je suis réellement.
Co-fondateur du collectif Urbain, trop urbain, Matthieu Duperrex explore depuis une quinzaine d’années la notion d’Anthropocène en croisant sciences humaines, littérature et arts visuels dans des performances et des installations artistiques ; il enquête sur le terrain des milieux anthropisés comme dans son dernier livre, Voyages en sol incertain paru en 2019 conjointement en version papier aux éditions Wildproject et en version numérique augmentée aux éditions La Marelle.
Elle entre dans sa sixième année de détention et porte un nom : Nûdem Durak. Chanteuse, kurde en Turquie, ses 32 ans fêtés voilà quatre mois ; un État l’a condamnée à passer plus de la moitié de son âge en prison. Ce nom, on commence à le prononcer sur quelques continents. C’est bien peu, face à l’appareil entier d’un État, mais ce n’est pas tout à fait rien : un prisonnier l’est sans doute moins lorsque l’on sait, dehors, qu’on l’a réduit à n’être plus que ça. Le silence fortifie les cachots plus sûrement que les barreaux – il arrive parfois que rompre le premier aide à scier ces derniers.
Cinéma à l’université pourrait se définir comme la troisième étape d’un mouvement plus vaste qui touche à l’un des piliers de l’enseignement du cinéma, à savoir le cloisonnement presque absolu de la théorie et de la pratique, du savoir et du savoir-faire, de la pensée purement intellectuelle et de la pensée « avec les mains » (pour citer le livre éponyme de Denis de Rougemont, lui-même cité dans Godard dans Histoire(s) du cinéma).
Une poignée de semaines durant, un écrivain en peine d’écrire se retranche à Arromanches pour travailler : la solitude forcée, le mouvement hypnotique de la mer, le lieu inconnu, l’éloignement des luttes politiques lui sont un espoir de concentration et d’écriture intense.
Une lecture de Jacques Derrida par Jean-Clet Martin : Trace et Architrace.
Cela n’aura pas échappé aux lecteurs de Diacritik : le patron de Tesla, SpaceX et Neuralink a récemment émis l’hypothèse que le langage humain pourrait bien devenir obsolète dans les cinq années à venir. Dans le même temps, des robots envahissent le quotidien et tendent à militariser l’espace public. Nous avons souhaité recueillir dans un grand entretien la pensée de Valentin Retz, écrivain et co-animateur de la revue Ligne de risque, pour sereinement discuter de ces symptômes modernes et de tenter de les dissoudre grâce à la littérature.
Une lecture de Gilles Deleuze par Jean-Clet Martin. « Je crois que j’ai toujours rêvé de faire une philosophie linéaire, c’est-à-dire une philosophie qui soit faite de lignes« , affirmait Gilles Deleuze.
Le 19 août 1991, à Crown Heights (Brooklyn), un enfant joue avec sa cousine devant le 1677 President Street lorsqu’il est fauché par une voiture. La scène terrible ouvre Nuits d’été à Brooklyn de Colombe Schneck, ample mise en perspective romanesque des tensions raciales aux États-Unis, à travers les émeutes qui vont opposer communauté noire et communauté juive après la mort de Gavin Gato, cet enfant noir écrasé par le conducteur de l’escorte d’un rabbin, comme à travers l’histoire d’amour d’un professeur de NYU et d’une jeune journaliste française qui vient d’arriver à New York. Dans un grand entretien, Colombe Schneck revient pour nous sur la manière dont son récit articule fait et fiction comme sur sa pratique singulière, le temps du confinement, d’une « fabrique » de son roman sur Instagram.
Albertine vient de se tuer dans une chute de cheval.