Dans Poésies critiques, Jean-Philippe Cazier réunit des articles qu’il a écrits depuis plusieurs années autour de trois auteurs contemporains : Jean-Michel Espitallier, Liliane, Giraudon et Frank Smith.
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Le 22 novembre dernier, la librairie EXC recevait Jean-Philippe Cazier et Frank Smith pour une soirée animée par Rodolphe Perez et consacrée à leur écriture commune.
Comment écrit-on à trois ? Peut-on penser l’écriture d’un livre où se perdraient, dans l’entremêlement de l’écriture, les voix des poètes qui s’y déploient ?
Le 21 mai dernier, à l’occasion de la publication du livre Poésies critiques, consacré aux œuvres de Liliane Giraudon, de Frank Smith, de Jean-Michel Espitallier, était organisée à la librairie EXC une rencontre dirigée par Rodolphe Perez et réunissant Jean-Philippe Cazier, Frank Smith et Jean-Michel Espitallier. L’entretien ci-après est la transcription de cette rencontre.
Récit qui se tient sous la ligne des sables du récit impossible, chant de l’effacement, des mots qui refluent vers le silence, dispositif mémoriel creusé par l’oubli (dispositif veillant à ne pas forclore l’oubli), troué par la blancheur d’Alger, Page blanche Alger laisse l’enfance, la mère défunte, l’Algérie, Mohammed, les Arabes massacrés durant la guerre d’Algérie se dire eux-mêmes. Les phrases qui se posent se voient soumises au tropisme du dépeuplement, de la clandestinité de vies, d’une langue taillant « la biographie d’une absence ».
Il est des livres dont les pages sont des portes que l’on hésite à pousser, à franchir. Maison remplie de brume et presque de neige, « en même temps très sombre, noir comme en pleine nuit ». On regarde les ombres d’un blanc écru s’étaler, le silence se faire, puis le murmure de l’encre dire pourtant des mots que l’on pensait ne pas devoir entendre. Des mots impossibles à dire, une histoire impossible à raconter : « Tu me demandes si une mémoire sans pensée, c’est possible, une mémoire aussi lointaine qu’une étoile. Tu crois que c’est ce qu’on appelle la folie. »
Chute libre est une émission de Paul de Brancion qui s’entretient ici avec Jean-Philippe Cazier pour son livre Europe Odyssée paru aux éditions LansKine.
« La plupart ne savent l’histoire, des vivants et des morts », alors la dire, comme une litanie, depuis l’ombre et la lumière. Le noir d’abord, opaque, cet « immense rectangle » dans lequel se déroule la mélopée d’une histoire en négatif, Europe Odyssée de Jean-Philippe Cazier.
A l’occasion de la publication d’Europe Odyssée, entretien avec Jean-Philippe Cazier où, entre autres, il est question de l’écriture politique, de la poésie et du débordement de la langue, de la violence de l’Histoire et de ceux et celles – migrants, réfugiés, déportés, exilés – qui la subissent et la contestent, de la possibilité d’une épopée contemporaine, d’une cosmopolitique comme résistance à l’ordre policier du monde.
Jean-Philippe Cazier et Frank Smith : Silences that matter (Vingt-quatre états du corps par seconde)
« Lire un livre c’est faire un livre »
Vingt-quatre états du corps par seconde est des Champs magnétiques écrit par Jean-Philippe Cazier et Frank Smith, où le silence sert de force hypnotique pour dire ces corps disparus, tués, massacrés, oubliés.
Écrire depuis l’étrange — ce qui nous échappe, nous demeure étranger, présence irréductible et riche.
Écrire depuis le multiple — ces univers qui nous bordent, nous dépassent et nous constituent, leur présence plurielle.
Écrire depuis la parole de l’autre — celle du monde, celle d’autres artistes et écrivains qui nous sont voix, langage et représentation, chacune plurielle.
Tels pourraient être les principes de la Théorie des MultiRêves, cette enquête que Jean-Philippe Cazier publie aux éditions Dis Voir, conte cosmo-onirique déployant les multivers d’Aurélien Barrau comme les fictions de la science de Lovecraft, mais aussi les cartes postales de nos identités fictionnelles chez Derrida ou l’idée deleuzienne que le multiple est une féconde hétérogénéité.
« À l’intérieur de chaque rêve il y a d’autres rêves fantomatiques, là où la lune se lève, Terre blême comme un fantôme sans nerfs, sans géométrie, sans chair autre que l’air. A l’intérieur de chaque rêve un fantôme est présent, vivant et mort. »
Théorie des MultiRêves est un livre de rêves loin du récit de rêve, loin de la théorie et de l’interprétation du rêve, loin de la narration et de ses constellations fixes. Que reste-t-il dans ce vide, dans cette obscurité du cosmos qui nous est seule laissée pour évoluer dans un espace privé de repères ?
J’aurais voulu parler de Ce texte et autres textes paru en 2015, car celui-ci plane autour de L’ la phrase. L’ avec des beautés d’orage. Mais ma langue s’est nouée à la lecture de l’article que Claro lui a consacré.
Dans le cadre du Marché de la poésie 2017, une rencontre réunissant Juliette Mézenc, Frank Smith et Jean-Philippe Cazier, et intitulée « L’émotion ne dit pas Je », était organisée le 13 juin à la bibliothèque Marguerite Audoux. L’entretien qui suit est la transcription des échanges qui ont eu lieu au cours de cette rencontre.
Dans le cadre de l’édition 2017 du Marché de la Poésie, la Bibliothèque Marguerite Audoux organise le mardi 13 juin à partir de 19h30 une rencontre avec Juliette Mézenc, Frank Smith et Jean-Philippe Cazier. Cette soirée, intitulée L’émotion ne dit pas Je, proposera des lectures des trois auteurs ainsi qu’un échange autour de la littérature et de l’écriture.