Il y a quelques semaines, Olivier Martinelli m’a contacté sur Facebook. Il voulait m’envoyer son livre, même si je ne suis pas journaliste littéraire, même si je n’écris pas sur les livres et qu’aujourd’hui je fais une exception.
Auteur : Julien Thèves
C’est sous le signe de la tristesse que se place ce court roman, sous l’égide d’une exergue de Dante.
Longtemps attendue, espérée, désirée, longuement mûrie, La Petite Beune, suite magnifique à la non moins magnifique Grande Beune, parue il y a maintenant un quart de siècle (très précisément en 1996), sera donc venue, comme le roi, quand elle l’aura voulu, à son heure, l’heure juste de ce midi du désir qui constitue, du récit, le foyer et le thème. Venue à temps, mais un temps sien, et de ce fait à plus d’un titre intempestive.
Il faudrait rester pour voir. Demeurer là, dans l’attente de voir ce que l’on sait déjà : le film, hantés que nous serions du commentaire du film lui-même, c’est-à-dire des images déjà-là du film que nous n’aurions que trop vu, même si nous ne l’avons pas vraiment ou pas encore vu.
Trahisons (Betrayal, en anglais) n’est pas vraiment un bon titre en ce sens qu’il n’y a rien de moraliste dans la pièce de Harold Pinter. On y ment. On se ment. On pense que personne ne sait qu’on ment. Et il en ressort de la vérité.
Le Signal de Sophie Poirier est placé sous l’exergue d’une phrase d’Emmanuel Hocquard : « on aimerait que la qualité d’une architecture ne tînt ni à sa démesure, ni à son aspect spectaculaire et/ou spéculatif, mais au rôle qu’elle joue, éthiquement, dans le paysage et les vies qui l’incorporent ». C’est dire que si le Signal impose sa barre de 4 étages et son énorme « masse rectangulaire » sur une plage de Soulac sur la côte Atlantique, ce ne sont ni cette démesure ni cet aspect spectaculaire qui ont conduit l’autrice à centrer son livre sur un immeuble… mais plutôt le paradoxe qu’il figure puisqu’il est « si fragile, si près du bord », sous la menace d’une montée du niveau de la mer. Le signal dit une beauté sidérante parce que disjonctive comme une double cristallisation amoureuse. Dans sa « solitude flagrante », le Signal est signe, multiple, et concentré de plusieurs époques, des années 70 à aujourd’hui.
Ça commence par Christophe Honoré qui parle à travers une enceinte. Qui raconte. Six comédiens qui entrent dans l’ombre. Qui commencent à danser. Ils sont morts du sida. Ils ne sont pas morts : on est au théâtre. On y fait ce qu’on veut.
Ça commence souvent par des fêtes de fin d’année dont on veut s’échapper, si on peut ; avec les livres par exemple.
Pour mieux appréhender et approfondir le contexte littéraire et décolonial dans lequel s’inscrit À l’ombre de la mort de Rūdolfs Blaumanis, entretien avec Nicolas Auzanneau, le traducteur de l’écrivain letton.
Écrit en 1899 par Rūdolfs Blaumanis (1863-1908), À l’ombre de la mort est un texte terrifiant. Au large de la mer Baltique, un groupe de pêcheurs se retrouve piégé sur un banc de glace à la dérive qui peu à peu fond sous leurs pieds. Dans cette situation critique, l’ombre planante de la mort transforme le temps qu’il reste à vivre en torture physique et psychologique. Tout se passe dans « l’ombre » de la mort, espace trouble et insupportable où la certitude de la mort se confond avec l’ incertitude de la survie.
Directrice du Théâtre de la Concorde, Elsa Boublil est musicienne de formation, ayant travaillé à la radio pendant qu’elle achevait un DEA sur le jazz et les mouvements sociaux aux États-Unis dans les années 50-60.
Le livre de Gérard Macé, Silhouette parlante, s’ouvre par un paradoxe, puisque l’auteur commence par annoncer qu’il n’écrit plus. « Je n’écris plus », écrit-il. Je n’écris plus, mais…, corrige-t-il aussitôt. Il s’agit donc d’essayer de comprendre comment ce livre s’est écrit malgré tout.
Julie Otsuka, autrice de Certaines n’avaient jamais vu la mer, qui fut elle-même peintresse avant de se lancer dans l’écriture, a écrit ce texte pour le catalogue (David Zwirner Books) à l’occasion de l’exposition des œuvres de l’artiste à la galerie David Zwirner en novembre-décembre 2022. Julie Otsuka est depuis longtemps fascinée par l’œuvre de Joan Mitchell, une des plus grandes figures de l’expressionnisme abstrait aux États-Unis, et en France où elle a vécu une trentaine d’années.
New York. Red Hook. Journal de choses vues.
New York. Red Hook. Journal de choses vues.