À l’occasion de la sortie de son film Sophia Antipolis et en écho avec celui-ci, le cinéma l’Archipel donne carte blanche à Virgil Vernier pour une programmation de cinq films rares. Ce cycle, dont Diacritik est partenaire, est mystérieusement appelé « Société secrète ».
Auteur : Joffrey Speno
Diacritik l’affirmait haut et fort de la sortie en salles des Garçons sauvages en salles, en février dernier : « l’un des plus beaux films qu’il nous sera donné de voir cette année ». Nous republions notre entretien avec Bertrand Mandico, réalisateur de cette transe spectatorielle érotique, visqueuse, poilue et fantasmagorique alors que le film sort en DVD, aujourd’hui.
C’est en ce début octobre, alors que son film concourt dans la sélection des longs métrages du FIFIB (Festival du Film Indépendant de Bordeaux), que je rencontre Virgil Vernier. Si Sophia Antipolis puise sa force dans une certaine multiplicité d’interprétations possibles, dont j’ai d’ailleurs tiré à un instant une lecture dans un cadre critique, certaines questions importantes me semblaient néanmoins devoir être posées.
Avant de revenir avec les très attendus Memorial (avec Tilda Swinton) et 10 ans en Thaïlande, Apichatpong Weerasethakul dévoile Blue, un court métrage enchanteur produit par l’Opéra de Paris dans le cadre de « 3e Scène ».
Nous ne connaissons que trop bien ces lieux, ces endroits coupés de toute vie, qui veulent nous réduire au rang de consommateurs, où règnent l’ordre et la violence du capitalisme. Des agressions d’un système devenues la norme, ayant largement dépassé les murs des supermarchés et des entreprises.
Aujourd’hui sort en DVD le film d’Amandine Gay, Ouvrir la voix, un documentaire beau et politique dans lequel s’enchevêtrent les témoignages de vingt-quatre femmes noires.
Aux portes des rêves, la pensée s’agite. Et cela pourrait bien commencer par l’interrogation que pose en chanson Barbara Carlotti dans Magnétique, morceau de son dernier album éponyme : « Je n’ai pas encore pu savoir jusqu’à présent ce qu’est exactement le rêve. Je me le demande toujours. »
Cet entretien, ce dialogue, ces entre-mots, entre-paroles, sont tissés de dialogues qui les précèdent. Si la véritable archéologie de ceux-ci est impossible à mener, fondamentalement infinie, leurs symptômes les plus signifiants se situent sans doute à l’endroit d’une incompréhension : celle résultant du dialogue avec ce film documentaire dont je ne saisis pas la dramaturgie, dont mes propres respirations paraissent en discordances avec les siennes, alors même que la matière qui le compose devrait presque obligatoirement me faire vibrer.
« Le cinéma ment, pas le sport ». C’est avec cet aphorisme de Jean-Luc Godard que s’ouvre d’emblée le documentaire de Julien Faraut, L’Empire de la perfection, composé d’archives focalisées sur le célèbre joueur de tennis John McEnroe.
Immense re-présentation précisément, malgré tout.
Rien n’est imaginable mais tout est image.
Joffrey Speno a rencontré Jean-Paul Civeyrac, le réalisateur de Mes Provinciales pour longuement l’interroger sur les enjeux politiques et esthétiques de son film. Entretien.
À l’appel du BAAM (Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants), de nombreuses associations et manifestant.e.s se sont rendu.e.s dans la rue ce dimanche 15 avril pour exprimer leur condamnation et leur refus du projet de loi «asile-immigration» du gouvernement. Reportage photo et vidéo de Joffrey Speno.
Emmanuel Macron mis en scène dans une classe de primaire déclarait en professeur dans une interview à Jean-Pierre Pernaut « Les étudiants doivent comprendre une chose : s’ils veulent avoir leurs examens en fin d’années ils doivent réviser. Car il n’y aura pas d’examens en chocolat dans cette République. » Infantilisation de son auditoire, mépris pour les étudiant.e.s qui savent parfaitement qu’il faut réviser. Encore faut-il en avoir les moyens matériels ; moyens sabrés par sa politique.
Il faut écouter les lieux, entendre ce que les ruines d’un passé, un terrain vague, des souches d’arbres, auraient à dire. C’est par de longs plans contemplatifs et silencieux qu’Atlal invite à la découverte du village algérien d’Oulled Allal, meurtri dans les années 90 par la décennie noire, avant d’aller à la rencontre des témoignages de ses habitants. Une démarche que son réalisateur articule avec celle d’une pratique poétique dont son film porte le nom, consistant à « se tenir face aux ruines et à faire resurgir sa mémoire, ses souvenirs du visible vers l’invisible ». Rencontre et entretien avec Djamel Kerkar.
L’année vient de débuter et Les garçons sauvages est déjà sans nul doute l’un des plus beaux films qu’il nous sera donné de voir. Une bande de cinq garçons d’une arrogance à toute épreuve commet le crime de trop.