Le cinquième roman de Valentin Retz, qui paraît dans la collection Aventures de Gallimard, a enthousiasmé Diacritik : La longue vie explore le thème du temps, insigne aux écrivains, d’une façon aussi déstabilisante qu’éblouissante. L’auteur nous a accordé un grand entretien.
Auteur : Arnaud Jamin
L’écriture syncopée de La matière humaine (Gallimard / Aventures), deuxième roman de John Jefferson Selve après Meta Carpenter (Grasset 2022), se savoure dans la vitesse, fidèle à son sujet, la circulation de la drogue dans un Paris ultra tendu à quelques heures de l’élection présidentielle de 2027. La poudre, sous toutes ses formes, y est une reine sans cesse acclamée parmi toutes les strates de la population.
12 octobre 2019. Yannick Haenel passe dans la plus scintillante des solitudes une nuit entière au sixième étage du Centre Georges-Pompidou, au contact des quarante-deux tableaux exposés sur les huit salles de l’aile hermétiquement close de l’exposition Bacon en toutes lettres.
Le temps est la grande affaire des écrivains et il y a un bonheur à le vérifier inlassablement dans les bons romans que l’on lit durant son existence. Avec son nouveau livre La longue vie, qui paraît dans la jeune collection Aventures dirigée par Yannick Haenel chez Gallimard, Valentin Retz aborde le plus essentiellement cette question insigne du romancier : son rapport, sa définition, sa vie dans le temps.
La galerie 9 du Grand Palais accueille à Paris la plasticienne Eva Jospin qui présente des pièces créées ces dix dernières années : on y fait l’épreuve d’une étourdissante illumination.
Comment le journaliste Nicolas Plommée arrive-t-il à procurer un plaisir philosophique au lecteur de son tout récent ouvrage référence en français sur Kylie Minogue ? En déroulant subtilement la vaste carrière de l’australienne…
Avec son deuxième livre Crache le soleil, Camille Goudeau offre à la génération Y son roman d’apprentissage. Éléonore Poussière a 30 ans, débarque définitivement à Paris depuis Meaux, fuyant son « Chéri », lourdeau violent maltraitant et occupe un emploi d’hôtesse au Ministère du Travail de l’Emploi de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Poste d’observation idéal du grand corps invisible de l’État, ce travail lui convient car elle y aiguise en secret, malgré elle, une fulgurante lucidité.
Le groupe de pop anglais Pulp vient d’annoncer son retour avec le single Spike Island dont le clip est une attaque en règle (mais pleine d’humour) contre l’utilisation de l’Intelligence Artificielle dans l’art, faisant écho aux nombreuses voix inquiètes chez les artistes concernés par le séisme sourd qu’elle constitue dans le domaine des droits d’auteur.
Après Drama Doll de Rose Vidal, la collection Aventures dirigée par Yannick Haenel aux éditions Gallimard se lance avec le roman de Julien de Kerviler Les mouvements de l’Armée rouge en 1945 et c’est une épopée intime dans l’abstraction qui se montre ici. Tout en effet tient du mystère dans ce court livre d’une centaine de pages sans chapitre, presque sans ponctuation, qui réussit un pur chant de littérature.
Avec son premier livre, Rose Vidal, née en 1997, écrit le manifeste d’une jeunesse qui opère depuis la plus absolue des modernités. Se présentant comme un roman sans histoire, son livre Drama Doll, qui initie la collection Aventures dirigée par Yannick Haenel chez Gallimard (avec Les mouvements de l’armée rouge en 1945 de Julien de Kerviler qui sort le même jour et dont nous parlerons ici très vite) annonce : « Je suis de la génération qui ne souffre plus. » Et c’est un paradoxe : tout le travail de l’écrivaine porte sur la douleur.
2019, déflagration française : des inédits de Louis-Ferdinand Céline réapparaissent, mettant à nouveau l’écrivain sulfureux et antisémite au centre de l’attention du milieu littéraire. Céline en héritage, qui paraît aujourd’hui au Mercure de France, rend le récit de ce tremblement tellurique en donnant la version de Véronique Chovin.
Un livre hanté par un livre, un roman enroulé sur la littérature elle-même : le nouvel ouvrage d’Alban Lefranc qui paraît aux éditions Verticales est une lumière dans le paysage de la fiction contemporaine.
Peut-on tomber physiquement amoureuse d’une forme architecturale et entretenir avec elle une relation jusqu’à la séparation ? C’est exactement le genre d’expérience que Sophie Poirier a vécue avec un immeuble installé à même la plage sur la côte Atlantique. Son roman Le Signal – du nom de ce lieu étonnant – est passionnant.
La question concrète de la fin des temps est tout à fait légitime dans notre époque. Pour se la poser, il suffit de calmement lire les rapports précis et réguliers du GIEC comme les articles de presse les relatant. C’est qu’il va bien falloir s’organiser pour terminer notre petite histoire humaine, et le travail de la fiction permet d’anticiper peut-être notre chute.