Le monde d’après est advenu et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a un  fort goût d’apocalypse. 219 ans après la bombe, le temps s’est arrêté aux portes des années 50, les musiques qui résonnent ne sont que ritournelles country et chansons swing passéistes, les écrans sont cathodiques et en noir et blanc et le ciel au-dessus du champ de maïs est d’un bleu artificiel presque sans nuage tel l’avenir des heureux (?) résidents de l’abri numéro 32. Et pour cause : à l’extérieur, à la surface, les terres sont désolées et peuplées de survivants livrés à eux-mêmes, en butte aux éléments, aux goules, au cannibalisme et aux animaux mutants…

« L’intérieur du corps n’est pas beau. Nous n’avons pas une vision esthétique totale dans la mesure où nous n’assumons pas l’intérieur de nos corps et la compréhension des organes et de leur fonctionnement. C’est donc de l’humour noir, mais c’est aussi très sérieux : pourquoi ne pas faire un concours de beauté pour le plus beau rein, l’estomac le plus joliment formé, le foie le plus exquis ? » (David Cronenberg, entretiens avec Serge Gründberg, Éditions des Cahiers du Cinéma)

Le 21 avril, Dead Ringers, remake au féminin du film de David Cronenberg, arrive en série sur Prime Vidéo. Au tour de Rachel Weisz, nommée Eliott et Beverly Mantle, comme hier Jeremy Irons, de se dédoubler en jumelles gynécologues. Deux Rachel pour le prix d’une qui, Dieu ou Frankenstein, tord(ent) sans vergogne les règles de l’éthique médicale, en « créant la vie à partir de rien… », promet le pitch.