Il est des dates où le langage tremble. Des dates où les mots, lestés d’histoire, deviennent des pierres d’achoppement ou de fondation.
France
Nous écrivons des livres, de la critique. Nous écrivons des livres de poésie, des romans, des essais, du théâtre. Nous composons de la BD. Nous publions des livres, des revues. Nous en vendons, nous en faisons la promotion, nous en étudions.
Donc, par définition, nous vivons dans un monde pluriel, nous voulons vivre dans un monde pluriel, nous le désirons : pluralité des pensées, des êtres, des groupes, des sociétés, des cultures, des récits, des subjectivités, des vies. Nous désirons ce qui rend possible et affirme cette pluralité concrète. Nous critiquons, nous contestons, nous nous opposons à ce qui la nie – ce qui en nie la réalité, la légitimité, la possibilité.
Les sans-papiers, contrairement aux représentations fortement véhiculées actuellement par les discours politiques et médiatiques, ne sont évidemment pas réductibles à une réalité statistique, à une abstraction fantasmée, à une masse anonyme. Les sans-papiers sont des individus, ce sont des parcours de vie singuliers. Ils et elles sont porteurs de luttes politiques, sociales : des luttes pour survivre, des luttes pour des vies dignes. Militant au sein de collectifs de sans-papiers, Youssef parle ici de ses engagements, des objectifs sociaux et politiques de ces collectifs, de son itinéraire subjectif. Rencontre et entretien.
Si vous avez aimé le regard attendrissant et humide du Chat potté et que vous avez envie d’en […]