Nous parlons souvent de la « langue de bois » des hommes politiques pour désigner le discours vide et verbeux, celui de l’esquive et du non-dit.
Politique
Depuis le 18 avril dernier, un collectif d’immigré.e.s occupe un immeuble d’entreprise abandonné de la rue Saulnier, à Paris, dans le 9e. Constitué de personnes immigrées avec ou sans papiers, ne bénéficiant d’aucun logement et contraintes de « vivre » dans la rue, le collectif a rebaptisé le lieu « l’Ambassade des Immigré.e.s. ».
Je vieillis. Mal qui plus est selon l’expression consacrée qui signifie que sans être devenu complètement grabataire on est d’ores et déjà sur la pente savonneuse du déclin inéluctable qui guette chacun, chacune d’entre nous faute d’avoir inventé l’immortalité en dosette recyclable ou en pilule conventionnée.
J’attends dimanche.
Vous me demandez ce que j’attends des Présidentielles, je ne vois pas d’autre réponse pour commencer. Dimanche est une hypothèse et une hypothèque.
Rien.
Ce que j’attends de l’élection présidentielle (et des législatives qui suivent) c’est une modification du rapport des forces qui composent le champ politique.
Depuis plusieurs mois, déjà, je travaille sur les journaux ouvriers du XIXe siècle, ceux qui ont été écrits, publiés, imprimés, entre les deux révolutions, celle de 1830 et celle de 1848. Ce sont des gens qui ont combattu le despotisme avec une énergie hallucinante, en écrivant des poèmes, en écrivant des romans, en faisant de la critique, en construisant des barricades, aussi en portant des toasts révolutionnaires, car les repas pris en commun entre partisans étaient la seule occasion possible pour eux pour dire publiquement leur engagement.
Étrangement je n’ai jamais, de toute ma vie d’électrice, ressenti une telle urgence politique et à la fois jamais je n’ai nourri moins d’espoir en des élections présidentielles. J’ai toujours eu une certaine réserve quant à une forme de « mirage présidentiel », de foi en une personnalité forte qui sauverait la situation, préférant bien sûr me concentrer sur les programmes et les équipes permettant de les mettre en œuvre. De ce point de vue, la cinquième République qui centre le pouvoir autour de la fonction présidentielle me semble dépassée.
Le moment où l’ensemble des citoyens libres et conditionnés (conscients d’avoir affaire aux conditions de leur existence) se choisit un représentant est un moment attendu. Mais la nature de l’attente n’est pas claire.
Parmi toutes les tragédies actuelles, il en est une qui concerne directement la campagne des présidentielles, et qui tient à la surmédiatisation des idées de droite et d’extrême droite, au détriment des idées et propositions de gauche. Cette situation nous laisse plantés dans notre colère, privés de possible, sevrés d’avenir, au point que nous sommes comme poussés à ne plus voir qu’obscurité, désastre, effondrement terminal.