Dans Erreur sur la marchandise, l’économiste Amine Messal propose de « reprendre » le libéralisme à ceux qui, selon lui, lont vidé de sa substance. Lessai, publié aux Éditions Rue de l’échiquier, se présente comme une tentative de clarification intellectuelle dans un moment où le mot « liberté » semble saturé de sens contradictoires.

La réélection de Benoît Payan à la mairie de Marseille a quelque chose de véritablement paradoxal si lon prend au sérieux la pauvreté assumée de la campagne qui la portée. Non pas une victoire fondée sur un projet, une vision, une promesse de transformation, mais sur un mot dordre minimal, sinon indigent : « C’est moi ou le Rassemblement National ! ». Comme si la politique municipale, dans ce quelle a de plus concret, durbain, de quotidien, pouvait se résumer à une alternative morale, à une sommation électorale.

Quelque chose sest défait non dans le fracas spectaculaire des fins annoncées, mais dans un glissement plus insidieux, plus silencieux. La confiance sest retirée et l’horizon commun sest obscurci. Ce que nous appelions encore – faute de mieux – « l’ordre du monde » ne tient plus que par habitude de langage. Avec La fin dun monde, Pierre Haski saisit brillamment cet instant rare où lhistoire cesse d’être un décor pour redevenir une épreuve.

Il suffit aujourdhui de lever les yeux vers le ciel de lEurope orientale ou du Moyen-Orient pour comprendre que certaines questions ne vieillissent pas. De lUkraine à Gaza, des drones aux missiles hypersoniques, la technique semble avoir perfectionné les moyens de la destruction sans jamais résoudre l’énigme qui la sous-tend : pourquoi les hommes se font-ils la guerre ?

Laffaire Epstein ne doit pas sa puissance de sidération à la seule horreur des crimes commis, ni même à la durée de leur invisibilisation, mais à la densité sociale des figures qui continuent de graviter autour de leur auteur bien après une première condamnation pénale… Ce qui simpose, à mesure que les faits saccumulent, ce nest pas limage dun complot souterrain, mais celle dun entre-soi persistant, méthodique, accepté, presque banal, au sommet des hiérarchies occidentales.

Le Vénézuela, l’Iran, l’Ukraine, le Groenland, Minneapolis, et la liste hélas risque encore d’être plus longue… Passons… Ce qui nous plonge désormais en plein réflexe pavlovien. Face aux prises de parole de Donald Trump, face à lexcès de ses formules, à sa grossièreté crasse, à la brutalité de ses attaques, à la pauvreté revendiquée de son vocabulaire, à son imprévisibilité assumée, à ses outrances répétées, à « ce tel niveau de vilénie » – comme aurait dit François Mitterrand–, une interprétation psychanalytique un peu courte surgit comme un diable de sa boite : il est fou ! 

Publié chez En Exergue, Ma Nuit en plein jour est un livre discret, presque à contre-temps, mais profondément politique au sens le plus exigeant du terme. Pierre-Louis Basse y interroge, avant toute chose, l’état de notre attention collective, notre pouvoir de veille. Non lattention comme vertu morale ou posture esthétique mais plutôt comme une condition politique minimale. Une capacité à demeurer en somme, à regarder sans consommer, à supporter la durée.

À l’heure des réécriture(s) permanente(s) de l’Histoire, à l’ère des fake-news, de la post-vérité trumpiste et des exubérances de la doxa bolloréenne, il convient de remettre sinon l’église 2.0 au milieu du village numérique du moins un peu de fantaisie dans le morose. Fort de son savoir d’autodidacte diplômé, Boris-Hubert Loyer vous propose un petit précis d’histoire-géo pour les pas trop nuls qui sauront séparer le vrai grain du faux livresque. Sixième épisode du PPHA : l’Ersatz.

Il y a quelques semaines, Christelle Morançais (élue Horizons), présidente de la région des Pays de la Loire, annonçait que les prévisions pour le budget 2025 incluaient une diminution très importante, voire une suppression pure et simple de certaines subventions et aides pour un montant de cent millions d’euros. En ce qui concerne le domaine de la culture, cette suppression équivaut à la disparition de 73% de son budget de fonctionnement.

Le procès des assistants parlementaires du Rassemblement National vient de se terminer après un mois d’audience, avec sur le banc des accusé.e.s Marine Le Pen et 24 autres membres de l’ex-Front National comparaissant pour détournement(s) de fonds du Parlement Européen. Dans son essai paru le 13 septembre dernier aux éditions du Seuil, Tristan Berteloot ne fait « presque » qu’évoquer cette partie émergée de l’iceberg qui pourrait conduire à l’inéligibilité de l’héritière du fondateur du parti d’extrême droite. Avec La Machine à gagner, Tristan Berteloot livre un essai clinique et factuel que les contempteurs qualifieront de militant pour le discréditer, mais qui demeure le fruit d’années de travail et d’enquêtes sur la machinerie à l’oeuvre au RN, « en marche vers l’Elysée ».