Le 17 juillet 1976, aux J.O. de Montréal, un elfe roumain entre dans l’imaginaire mondial. Son défi à l’équilibre, à la perfection et à l’espace suspend le temps et dérègle les ordinateurs qui ne peuvent enregistrer sa note : 10. Elle a quatorze ans, mesure 1,47 m et chacun retient son nom, Nadia Comaneci.

Ian McEwan

Diacritik a évoqué L’Intérêt de l’enfant, roman de Ian McEwan, en grand format. Le voici disponible en poche, chez Folio.
Ian McEwan est le romancier de l’ambiguïté, maître de la mise en récit de la confusion des sentiments. L’Intérêt de l’enfant ne déroge pas à la règle : à travers un remarquable portrait de femme tiraillée entre sa déontologie et ses aspirations, il rend compte de la société tout entière, de nos vies contemporaines confrontées aux notions de religion, de justice, de libre-arbitre et de droit.

Jonathan Franzen
Jonathan Franzen

Jonathan Franzen l’écrivait en 1996 déjà, dans Perchance to Dream, un article publié dans le Harper’s : « Nous vivons dans une culture fortement binaire ».
Une phrase à laquelle on pense en lisant l’exergue de Purity, son dernier roman qui sort en poche, chez Points, « Die stets das Böse will und stets das Gute schafft », empruntée au Faust de Goethe (ou d’ailleurs au Maître et Marguerite de Boulgakov, même exergue), sans référent, sans non plus la question initiale :
« — Qui es-tu donc, à la fin ? — Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien. »

Brooklyn © Dominique Bry

C’est un Brooklyn cosmopolite que décrit Boris Fishman dans Une vie d’emprunt, et principalement Midwood, South Brooklyn : « Ici, on était dans une ville étrangère, pour qui venait de Manhattan. Les immeubles étaient plus petits et les gens plus gros. Ils roulaient en voiture, et, pour la plupart d’entre eux, Manhattan n’était qu’une clinquante prise de tête. (…) C’était encore un monde en devenir. » Là vit le grand-père du narrateur, « au premier étage d’un immeuble de briques brunes occupé par des locataires soviétiques et mexicains qui l’empêchaient de dormir ». La famille Guelman a trouvé refuge à Brooklyn après avoir fui Minsk et « des mois d’angoisse apatride dans la beauté perverse de la Mitteleuropa et des rivages tyrrhéniens ».