56 ans après l’indépendance et la fin de la guerre, l’Algérie a besoin de mémoire, non pas de la mémoire officielle entretenue des deux côtés mais de la mémoire individuelle, celle des gens qui ont vécu dans ce pays, avant la guerre, pendant ce que l’on appelle l’époque coloniale, puis au moment de la guerre d’indépendance, jusqu’en 1962.

Le titre du livre de Robert Colonna d’Istria attire notre attention sur deux éléments paradoxaux : la datation, 1200 ans de solitude, allusion évidente au roman de García Márquez, Cent ans de solitude (1967) qui raconte sur plusieurs générations, au long d’un siècle, l’histoire de la famille Buendía depuis la fondation du village de Macondo et le lien avec l’histoire d’une famille corse, et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de la famille Colonna d’Istria.