Le procès des assistants parlementaires du Rassemblement National vient de se terminer après un mois d’audience, avec sur le banc des accusé.e.s Marine Le Pen et 24 autres membres de l’ex-Front National comparaissant pour détournement(s) de fonds du Parlement Européen. Dans son essai paru le 13 septembre dernier aux éditions du Seuil, Tristan Berteloot ne fait « presque » qu’évoquer cette partie émergée de l’iceberg qui pourrait conduire à l’inéligibilité de l’héritière du fondateur du parti d’extrême droite. Avec La Machine à gagner, Tristan Berteloot livre un essai clinique et factuel que les contempteurs qualifieront de militant pour le discréditer, mais qui demeure le fruit d’années de travail et d’enquêtes sur la machinerie à l’oeuvre au RN, « en marche vers l’Elysée ».

Avant d’être un film d’animation, La plus précieuse des marchandises a été un conte, écrit par Jean-Claude Grumberg, paru en 2019 aux éditions du Seuil dans la collection La Librairie du XXIe siècle dirigée par Maurice Olender, disparu en octobre 2022. Pour son dixième long métrage, Michel Hazanavicius signe une adaptation forte et lumineuse d’un texte puissant et nécessaire. Avec une prise de risque supplémentaire : le réalisateur a dessiné tous les personnages et osé dévoiler au monde une part jusque-là inconnue de sa palette de talents, voire de lui-même.

Présentée comme la réponse à Emily in Paris qui rencontrerait Succession, La Maison est une tentative de se réapproprier l’univers parisien de la mode subissant les clichés netflixiens. Diffusée sur Apple TV+, La Maison jette Lambert Wilson, Amira Casar, Carole Bouquet et Pierre Deladonchamps dans le taffetas et le spectateur dans l’embarras devant le spectacle navrant de cette fashion weak.

La nouvelle création originale Canal Plus est assurément ambitieuse, que ce soit dans sa réalisation, son propos et son casting international. Thriller politique à la française avec néanmoins nombre de ressorts déjà vus outre-Manche et outre-Atlantique, Paris Has Fallen embarque le spectateur dans les arcanes du pouvoir, de l’Élysée à l’ambassade du Royaume-Uni et l’Hôtel de Brienne en passant par l’Afghanistan et les toits de la capitale.

Vingt-et-un an après la sortie de Blankets et neuf ans après Space boulettes, Craig Thompson livre avec Ginseng Roots un roman graphique dense, intimiste et subtilement engagé dans lequel il fait se croiser son histoire personnelle, celles des travailleurs du « Shang », le business mondial du ginseng, l’histoire de la plante, la création, le passé, le futur… et autant de raisons et de destins embrassés dans cette (en)quête de réponses.

Pourquoi, à chaque fois que j’achève de lire un livre d’Aurélien Bellanger, me dis-je que mon temps aurait été mieux employé à faire autre chose ? Politiquement ambigu, stylistiquement pompeux, le nouveau livre d’Aurélien Bellanger estampillé « roman à clé(s) » avait pourtant quelques atouts depuis son titre provocateur jusqu’à son sujet sensible : la laïcité dévoyée, la disparition du parti de Jaurès, la montée en puissance d’un courant de pensée équivoque dont l’agenda serait de venir transformer sinon remplacer l’idéal originel…

Avant qu’une certaine intelligentsia ne me tombe sur le râble comme les chasseur de lapins déciment impunément les lagomorphes à grands coups de 12 durant la saison officielle de la tuerie de masse de faisans, perdreaux de l’année et autres gibiers gambadant et bramant de conserve, je tiens à préciser que le vœu du titre de cette chronique à tiroirs écrite en ce premier jour de l’année 2018 est bien évidemment tiré du Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis de Pierre Desproges, à la page 68 de l’édition poche de 1985. C’est vous dire si ma misanthropie ne date pas d’hier.

Mai 2017, la démocratie est malmenée par la politique politicienne. La démocratie, ce concept vieillot que l’on piétine allègrement depuis des mois et des années sans que personne ne trouve à y redire. La démocratie, ce bien commun que l’on devrait chérir et protéger plutôt que le maltraiter est aujourd’hui la première victime du débat public. Au premier rang des agresseurs : les mots. Ceux du Front National, de ses soutiens et de sa candidate présente au second tour de l’élection présidentielle.

La séquence est courte, quelques minutes à peine au cœur d’une émission qui dure 1h30, coupures publicitaires comprises. Cette émission, c’est Quotidien sur TMC, le seul show d’infotainment à la française digne de ce nom dans le paysage audiovisuel hexagonal. Cette séquence, visible sur le site de la chaîne, est un décryptage en règle du discours et de la méthode Marine Le Pen.

D’après la légende, désireux d’acquérir une connaissance parfaite des poisons et de leurs antidotes, le roi Mithridate VI (132-63 av. J.C.) avait réussi à s’immuniser totalement contre leurs effets en ingérant régulièrement de petites doses tout au long de son existence. A tel point qu’au moment de se donner la mort, il se rendit à l’évidence et à pied à la caserne la plus proche afin de se faire embrocher par un de ses mercenaires pour pouvoir en finir. Moins d’une semaine après l’élection américaine, dressons un parallèle entre l’empoisonnement antique et le populisme contemporain qui a conduit successivement au Brexit et à l’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis.