Cinéphiles ou lecteurs de passages : à quand remonte la dernière fois qu’un film vous a stupéfait ? David Lynch ? Stanley Kubrick ? (Sachant que vous n’allez pas voir les films d’Alexsï Guerman…) Combien de films parviennent chaque année à nous surprendre, nous étonner tout en nous bouleversant ? Et surtout, pour un cinéaste, comment inventer une nouvelle façon de raconter une histoire quand, envahis par les écrans, nous avons tout vu ?

« Henri Michaux est assis chez lui dans un fauteuil à motifs floraux près de la cheminée » écrit Muriel Pic qui plante le décor. Muriel Pic qui récemment nous avait parlé aussi de LHerbier de prison de Rosa Luxemburg, publié aux éditions Héros-Limite, tandis qu’aujourd’hui elle nous parle du « héros cérébral » Henri Michaux, l’auteur de L’Espace du dedans, de L’Infini turbulent, de Misérable miracle.

Annoncée depuis des mois par la plateforme avec un sens du teasing bien réglé qui n’a rien à envier aux pratiques des majors quand ils balancent une minute douze de bande-annonce six mois avant la sortie d’un nouveau blockbuster, la nouvelle livraison de la série Knives Out (en Netflix dans le texte) est arrivée le 12 décembre dernier sur nos écrans. La critique est quasi unanime : Wake Up Dead Man est meilleur que les précédents. Mais moins bon que le prochain ?

À l’occasion de la parution de Que ce soit doux pour les vivants au format poche aux éditions Points, Diacritik republie l’entretien accordé par Lydia Flem à Jean-Philippe Cazier. Que peuvent les vivants pour les morts ? Que peuvent les morts pour les vivants ? Des questions que Lydia Flem développe, prolonge dans Que ce soit doux pour les vivants.

Dans Ann d’Angleterre, Julia Deck mobilise de manière évidente le langage documentaire (dire les faits) et celui de la biographie. Si l’auteure reprend les codes de ces langages, elle travaille surtout à les relier, à les superposer, à les brouiller, à les problématiser selon une logique qui permettrait d’y introduire une forme de fiction. À l’occasion de sa parution en poche, Diacritik republie sa critique publiée le 4 novembre 2024.

Quand on dit « Nimier », aujourd’hui, on pense davantage à Marie qu’à Roger, à la fille plutôt qu’au père qu’elle n’a pas vraiment connu puisqu’il est mort alors qu’elle n’avait que cinq ans. Marie Nimier naît en 1957, Roger meurt en 1962 dans un accident de voiture. Lorsqu’il avait appris la naissance de Marie, l’auteur du Voyage au bout de la nuit lui avait écrit ces mots : « Oui ! oui ! oui ! Parfaitement ! Marie pleine de grâce… » Ou encore, une autre fois (comme le rapporte encore Sollers dans sa préface aux lettres de Céline) : « Vous avez reçu, Dieu merci, assez d’instruction chrétienne pour ne point méconnaître le plus subtil et perfide des péchés : par omission. »

28 novembre 2025. Rédaction hier d’un « chapeau » d’un peu plus d’un feuillet démarrant par : Beaucoup trop de livres reçus, et cependant jamais assez. Après relecture ce matin, en dehors de son incipit, tout le reste a été effacé ; ce n’est pas la première fois qu’un mouvement d’humeur a le dernier mot. Dès qu’on se met au travail, même par temps dégagé, les nuages s’amoncellent, au point qu’il arrive que la nuit tombe en plein jour : on n’y voit plus rien, et du coup, on se débarrasse de tout – ou quasiment. Seul demeure ce qu’on a enregistré intérieurement.

Le philosophe, helléniste et sinologue François Jullien se hisse hors de sa propre histoire à partir de la toute dernière phrase de la nouvelle « Sarrasine » de Balzac : « Et la marquise resta pensive. » On se souvient que Roland Barthes avait fait une analyse (structurale) de cette merveilleuse nouvelle, dans un essai qu’il avait intitulé S/Z publié en 1970 dans la collection Tel Quel de Philippe Sollers et qui était la trace d’un travail né au cours d’un séminaire de deux années (1968 et 1969) tenu à l’Ecole pratique des hautes études.

Depuis plus de 30 ans, les éditions de l’Attente publient des livres qui se sont imposés dans le champ de la poésie contemporaine en investissant celui-ci de formes, de questions, de propositions plurielles qui ont participé et participent à son renouvellement, à sa réinvention, à son débordement. Entretien avec Françoise Valéry et Franck Pruja.