Si L’Époux poursuit le cycle autobiographique « Constat » engagé avec La Sainte de la famille, il n’en demeure pas moins un livre autonome et complémentaire dans la constellation que dessine l’écriture de Patrick Autréaux.
Diacritik
Paru en 2022, Plein soleil est un roman intense et elliptique, rythmé par le suspense d’un bon roman policier et par une narration toute en désamorçage, retournement et tension. S’il fallait apposer un genre littéraire au livre de Natol Bisq et l’ancrer dans une catégorie littéraire, nous dirions peut-être qu’il s’agit d’un thriller postmoderne et post-queer. Il semble plus juste de situer Plein Soleil entre le labyrinthe et la brume, entre les Détectives Sauvages de Bolaño et Testo Junkie de Paul B. Preciado.
À l’heure des réécriture(s) permanente(s) de l’Histoire, à l’ère des fake-news, de la post-vérité trumpiste et des exubérances de la doxa bolloréenne, il convient de remettre sinon l’église 2.0 au milieu du village numérique du moins un peu de fantaisie dans le morose. Fort de son savoir d’autodidacte diplômé, Boris-Hubert Loyer vous propose un petit précis d’histoire-géo pour les pas trop nuls qui sauront séparer le vrai grain du faux livresque. Sixième épisode du PPHA : l’Ersatz.
Il est des dates où le langage tremble. Des dates où les mots, lestés d’histoire, deviennent des pierres d’achoppement ou de fondation.
Dans ce livre de Fabrice Bourlez, s’il s’agit de la psychanalyse, il s’agit autant du corps, des corps, que du psychisme ou des psychismes – la mise en avant de la pluralité étant centrale dans les analyses critiques menées dans Tacts.
Ne vous y trompez pas : Des choses que l’imagine de Romy Alizée n’est pas un livre de photographie de montagne.
« [L’action indirecte, telle que le vote,] détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. » (Voltairine De Cleyre, militante et théoricienne libertaire)
Mythologie, paysages urbains, nature : États de mes lieux est un parcours, une presque errance à travers l’Allemagne, la Roumanie – à travers soi. Une voix, des voix dit ou disent le nomadisme autant des lieux que des êtres. Entretien avec Laurence Ermacova.
« La corruption du meilleur engendre le pire. » (Ivan Illich, philosophe)
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, altération du cycle de l’eau douce et effondrement de la » biodiversité ». Pour quelle raison, alors que nous mettons en oeuvre des actions écologiques depuis 50 ans, notre situation (celle du vivant en général) ne cesse d’empirer ?
Diacritik publie il suffit de traverser la mer, un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
Golem, enfance, mystique, poupées, langage, corps : Féerie, ma perte est une poésie démiurgique autant que de la chute, métaphysique autant que pornographique. Entretien avec Paloma Hermina Hidalgo.
Entre contes de fées, théâtre des ogres et des poupées, poétique de la démesure et autopoïèse du langage, Paloma Hermina Hidalgo construit des chants où le floral et le panique jaillissent des ruines.
Le livre de Marie Cosnay, dont le titre pourrait être celui d’un album de Tintin, est un récit policier en même temps que fantastique. Il est aussi une reprise de Le Maître de Ballantrae, le roman de Stevenson.
À ceux qui penseraient que Mobland est un documentaire sur la corruption institutionnalisée et le népotisme au sommet d’une démocratie illibérale, le critique tient à rappeler qu’il ne faut pas voir le mal partout malgré tous les signes donnés par l’(in)humanité en ce premier quart de XXIè siècle. Non. Mobland est une fiction qui marche dans les pas des Sopranos, de Gangs of London ou The Gentlemen ; et si elle ne renouvelle pas les codes de la série de mafieux, elle a le mérite de (parfois) moins faire parler la poudre que ses personnages.
Il arrive qu’on adresse au chroniqueur – au veilleur qui a pris son tour de garde – ce message : « Vous parlez assez longuement de tel livre, ou de tel film, de X ou Y ; mais au bout du compte, on ne sait pas vraiment à quel point vous l’aimez – ou non : votre opinion à son sujet n’est pas claire. » Que répondre ? Si ce livre – ou ce film ou cette exposition – est au programme, c’est qu’il ou elle en vaut la peine ; nul besoin de crier au chef d’œuvre, même s’il nous arrive de le penser. Il importe de ne pas établir de hiérarchie – du moins en apparence, car qui sait lire « entre les lignes » peut deviner ce qu’il en est, même si de vigoureux coups de gomme ont biffé, à relecture, toute louange excessive.