Page estivale du journal d’Olivier Steiner : entretien avec Thibaut Pez, en mode Messenger.
Category Archive: Journaux dans le journal
Des écrivains, des artistes écrivent leur journal dans notre journal.
Paul et moi avions décidé de nous retrouver en plein cœur de Paris, non loin de chez moi, dans ce bar où nous avions déjà passé une ou deux soirées à regarder des retransmissions sportives que nous aurions pu voir à domicile si nos épouses respectives avaient aimé le rugby féminin ou le Lingerie Bowl. Il m’avait appelé la veille, me proposant d’aller boire un verre. Pourquoi ? Pourquoi pas. C’était une raison suffisante. J’ai accepté.
Quand nous nous voyions encore, Paul et moi aimions parader dans les cocktails, aux arbres de Noël de nos entreprises ou dans les vernissages guindés fréquentés à parts égales par des amateurs d’art qui encensent les Mon Chéri™ géants de Jeff Koons et des pigistes affamés venus combler leur détresse culinaire.
Je tremble presque à l’idée de commencer ce texte, cette lettre que je t’adresse. Ce n’est pas exactement trembler, c’est une grande appréhension, un vertige, je sais aussi que tous ces mots, ceux déjà là et ceux qui s’annoncent, finiront peut-être à la corbeille, on verra. Je mesure tout le ridicule, le risque d’emphase et l’insignifiance peut-être de mon geste, sa vacuité, sa et ses vanité(s).
Du 4 juillet à la fin août, Diacritik, renouant avec la tradition des livraisons romanesques en revues au XIXè siècle, vous propose un feuilleton estival, un roman écrit au quotidien, à raison d’une publication tous les deux jours en matinée : No(s) confidence(s).
J’ai la nausée en commençant ce texte. De la tristesse, de la colère mais surtout un fond de nausée qui ne part pas.
Il s’appelle Hans Limon et je l’ai découvert sur Facebook, un jour au hasard en déroulant le fil d’actualités. Non, c’est pas ça. C’est une amie qui m’en a parlé dans un bus à Toulouse : « Tu connais Hans Limon ? Magnifique, un génie. Tu devrais aimer, c’est ta came. » Le fait est que je ne sais plus comment ça a commencé. Hans Limon. Beau nom. Très beau nom. Un pseudo sûrement. Ben non, même pas.
Il y eut les Ateliers de la Création Radiophonique (ACR) produits et agencés par Philippe Langlois et Frank Smith, il y eut Les nuits magnétiques et Du jour au lendemain produits et portés par Alain Veinstein, il y eut Les affinités électives de Francesca Isidori, Carnet nomade de Colette Fellous, c’est maintenant Les discussions du soir de Leili Anvar – cette émission était le prolongement des Racines du ciel de Frédéric Lenoir et Leili Anvar – qui sont appelées à disparaître des ondes de France Culture. La nouvelle vient de tomber comme un couperet aussi froid que numérique, on appelle ça un mail de remerciement.



