Avant-rentrée (M-1) : Vera (Karl Geary)

Il est des livres qui emportent par l’histoire qu’ils proposent, puissante, véritable lame de fond qui masque le tour de force littéraire qu’une telle puissance suppose : Vera est de ceux-là. Ce pourrait être une histoire d’amour (impossible, dévastatrice), un roman d’apprentissage, un roman social. Tous ces types de récits sont là et pourtant ailleurs, comme un horizon, un idéal et peut-être une béance.

Sonny est sur un seuil : encore adolescent, déjà si adulte, englué dans un quotidien et un « paysage concret » qu’il refuse. Lui faudra-t-il devenir apprenti dans une boucherie alors qu’il rêve d’ailleurs et de quitter l’Irlande ?
Alors qu’il aide son père à construire un mur dans le jardin d’une maison majestueuse, il aperçoit une femme. Tout les sépare, l’âge, la classe sociale, l’éducation. Elle est belle, anglaise, et ses « yeux verts et lointains » sont la promesse de cet ailleurs que fantasme Sonny. « Tu rêvais d’être le héros qui la sauverait, même avec tout ce que tu ignorais d’elle« .

Le premier roman de Karl Geary, longtemps acteur et scénariste, est un moment suspendu, un bijou de retenue et de sensualité, merveilleusement traduit par Céline Leroy.
Vera sera en librairies le 30 août, mais aussi sur Diacritik, article accompagné d’un entretien vidéo avec Karl Geary, tourné le 21 juin dernier. A suivre…

Karl Geary, Vera (Montpelier Parade), traduit de l’anglais (Irlande) par Céline Leroy, éditions Rivages, août 2017, 256 p., 21 € 50