Les formes du vrai : exposition du photographe Miroslav Tichý au cipM (Marseille)

Miroslav Tichý

Les formes du vrai : le cipM expose, du 7 juillet au 16 septembre 2017 le travail du photographe Miroslav Tichý (1926-2011), composé dans la Tchécoslovaquie communiste des années 60 à la fin des années 80.

La première particularité de la photographie de Miroslav Tichý est la réinvention, par l’artiste, de ses outils, une attention très forte au processus de fabrication de l’image : objectifs bricolés, chambres de développement de fortune composées à partir de boîtes à chaussures ou de conserves, lentilles passées au dentifrice ou à la cendre de cigarettes pour flouter et diffracter l’image et ainsi transformer le réel, l’image objective offerte par le réel ou celle des êtres qu’il croise, en particulier les femmes de Kyjov, au centre de son œuvre. L’érotisme qui se dégage de ces images n’est pas celui, léché, d’autres travaux qui lui sont contemporains ou de la publicité : il s’agit pour Miroslav Tichý, par la photographie, de trouver « quelque chose de nouveau, un nouveau monde ».

Ce Nouveau, Miroslav Tichý le puise en créant son propre inconnu, êtres, formes et réel soumis à une forme en apparence brouillonne (un appareil caché, dégainé pour prendre une photo volée, instinctive), volontairement sous-exposée ou floue. Que l’on ne s’y trompe pas, tout est, au sens propre, calculé : « J’avais une norme, tant de clichés par jour, tant tous les cinq ans. Et quand j’ai eu rempli mon plan, j’ai arrêté ». Il cesse toute production au début des années 90.

Miroslav Tichý

L’œuvre de Miroslav Tichý est longtemps demeurée méconnue, par choix de l’artiste lui-même, radicalement opposé à toute idée de marché et même de reconnaissance, voire de conservation de ses œuvres. Comme l‘écrit Marc Lenot, « quand il est terminé, son produit, la photographie elle-même, ne présente plus guère d’intérêt aux yeux de l’artiste, elle est abandonnée dans la poussière ou sous la pluie, les rats la rongent ou elle sert de combustible ». Chez lui le « processus » de production de l’œuvre prime sur le « résultat ».

Miroslav Tichý

Lors d’une exposition de son œuvre à Beaubourg, en 2008, l’artiste, du fait de ses pratiques radicales, de sa collection raisonnée de clichés, était qualifié de « monomane ». Il l’est en effet, tant Miroslav Tichý, indépendant et marginal, réinvente outils, formes et objets, produisant des images qui échappent au temps et aux lieux, des photographies étonnantes, dans leur manière comme leur matérialité : parfois déchirées, montées sur des matériaux « pauvres » (cartons, journaux), parfois retouchées au crayon ou au stylo, réinvention formelle du réel et du « Vrai ».

Vernissage de l’exposition le 7 juillet 2017 à partir de 18h30, en présence de Gianfranco Sanguinetti et de Marc Lenot.

Exposition du 7 juillet au 16 septembre 2017, de 12h à 19 h, du mardi au samedi.

À cette occasion, le cipM met en ligne Le Cahier du Refuge n° 263 avec un texte de Marc Lenot, « La réception critique de Miroslav Tichý, Tentative infructueuse de formatage d’un discours » et publie un livre de Gianfranco Sanguinetti, Miroslav Tichý Les Formes du Vrai.

 

Les photographies présentées dans cette exposition font partie de la collection de Gianfranco Sanguinetti