Olivier Steiner : Cent trente

Andres Serrano, Immersion 1987
Andres Serrano, Immersion 1987

Cent vingt-neuf. Ils sont, ils étaient, ils sont, cent vingt-neuf. Une longue addition, cent vingt-neuf. Admettons que l’on mette deux secondes pour dire chaque nom et chaque prénom, ça fait quatre minutes et des poussières, quatre minutes et des poussières, c’est court, c’est long, trop court, trop long. Mais est-ce que l’on met vraiment deux secondes pour dire un nom et un prénom, ne met-on pas plutôt trois ou quatre secondes ? Cent vingt-neuf, ils sont, cinquante plus cinquante plus vingt-neuf, ils étaient, c’est le nombre qui ne passe pas, les trois chiffres que j’ai du mal à visualiser. Cent vingt-neuf corps allongés côte à côte, ça fait quelle longueur, quelle largeur, ça prend combien de place ? Ça pèse combien ? Questions oratoires, indécentes, le genre de question qu’on n’a pas le droit d’exprimer mais pourtant dans le for intérieur se pose la question. Cent vingt-neuf, je répète pour que ça me rentre dans le crâne, pour que ça en sorte aussi. La taille moyenne d’une femme en France est de un mètre soixante-trois, la taille moyenne d’un homme est un mètre soixante-quinze. Moyenne globale entre hommes et femmes, disons un mètre soixante-neuf. Ils sont, ils étaient Cent vingt-neuf, si l’on fait une ligne droite avec les corps ça fait à peu près deux cents mètres. Deux cents mètres. Combien de balles tirées, perdues, combien de douilles et combien d’impacts ? Combien d’assassins, neuf, seulement neuf ? Il était vers 21 heures 30 ce vendredi 13 novembre 2015, pourquoi est-ce que je compte moi qui ne compte pas, qu’est-ce que je compte, n’est-ce pas indécent ces comptes que je fais ? Et mes mots, au final, j’en aurais écrit combien ? A la fin de ce texte, à la fin des fins ? La fréquence cardiaque moyenne chez l’humain est de soixante-dix battements par minute, tout ça multiplié par… le vertige, la nausée, la sidération.

Au début de Romance nerveuse, Camille Laurens écrit : « Il y a eu aujourd’hui 218 799 naissances dans le monde, et 218 840 le temps de l’écrire. 90 102 sont mortes aujourd’hui, 11 pendant que je tapais cette phrase. Ça clignote à toute allure le long du tableau qui défile, nombre de calories, tonnes de CO2, population mondiale, séropositifs, avortements, livres publiés. Près d’un milliard de gens sont obèses dans le monde, et 17 680 sont mortes de faim aujourd’hui 20 octobre 2008, en début d’après-midi. Souvent, l’œil n’a pas le temps d’accommoder, ça s’emballe à la vitesse des dollars dépensés en régime, la Terre s’affole en mitraille, vomit des ni vus ni connus (…). »

Cent vingt-neuf. Toutes les images disparaîtront, écrit Annie Ernaux dans Les Années. Terrible et paradoxalement beau à la fois tout disparaîtra, les images, les noms, les souvenirs dans les cœurs, les visages, la chair, les chairs. Même les fleurs et les bougies devant le Bataclan, autour de la grande Marianne de la Place de la République, devant La Belle Équipe, le Petit Cambodge, tel café, tel autre café vers Charonne ou rue de la Fontaine au Roi, Voltaire… Cent vingt-neuf. Je ne sais pas, peut-être que je m’accroche aux chiffres parce que j’ai peur des sentiments tout à coup, peur de l’émotion, de l’angélisme, du pathétique de la situation. Je ne sais pas. J’ai envie de parler et j’ai envie de me taire. Nous sommes des fourmis me disait Mireille Perrier avant-hier soir rue du Faubourg du Temple. Oui, des fourmis avec des cœurs et des cerveaux, mais fourmis quand même. On a marché dans la soirée avec Mireille, marché dans Paris, plus belle ville du monde, paradoxalement ça n’a jamais été aussi vrai. La beauté cette garce aime le tragique et l’ambivalence. Il y avait ce garçon aux yeux verts qui distribuait des free hugs, nous avons été vers lui, j’ai été vers lui, je l’ai pris dans mes bras, Mireille a demandé pourquoi. Le garçon a répondu qu’il prenait l’amour des gens et qu’il le redistribuait, c’était sa façon de faire quelque chose, tout le monde veut faire quelques chose et c’est bien normal. Alors free hug, pourquoi pas, les bisounours et l’amour au sens de agapé, pourquoi pas aussi des choses non quantifiables ? Il y avait cet autre garçon avec sa pancarte : « Je suis musulman, naturalisé et fier d’être français. » On s’est parlé, on s’est embrassé là encore, tu viens d’où, ça va ? bon courage, bonne route. Donc le mot fier. Est-ce que je suis fier d’être français ? Non. Oui. Ça dépend. Je suis fier d’être français quand je vois les parisiens si solidaires en ce moment, dans mon quartier notamment, vers Charonne, j’habite rue Voltaire dans le onzième. Les parisiens se parlent enfin ou j’ai la berlue ? Le boulanger, le taxi égyptien, la vendeuse de tabac qui vient du Vietnam, tout le monde se regarde autrement, on dirait qu’un voile s’est déchiré, on dirait que les gens se voient, se découvrent. Cent vingt-neuf. Mais attention, je ne me fais pas d’illusion. La Syrie, l’Iran des Mollahs, le bourbier irakien, le Qatar, l’Arabie Saoudite… la France est aussi une puissance économique, on exporte et on vend des voitures, on achète du pétrole, on vend du nucléaire civil, des armes, et les États-Unis font ce qu’ils veulent en toute impunité, « In God we trust » est écrit sur le dollar, eh oui depuis le début la couleur est annoncée sur le billet vert… God ? Which one ? Cent vingt-neuf. J’ai envie de me taire tant la situation est complexe et tant je me sens impuissant, minuscule, démuni au milieu de cette géopolitique, de cette realpolitik, services secrets, actions souterraines, on se doute bien de tout ça, on le sait, Homeland ne nous a pas tout appris mais quand même… Les ennemis d’hier seront les amis de demain, il faudra suivre, ça a toujours été comme ça, on suit, la foule sentimentale nourrie aux informations en boucle, jusqu’à la nausée, BFM te raconte le feuilleton en temps réel, c’est comme un grand Loft ou une Secret Story, à chaque jour son image choc, son rebondissement, sa petite phrase qui fait mouche et feu de paille. Pas le temps de digérer, d’analyser, de prendre du recul, cent vingt-neuf. Alors, silence. Se taire, ce serait le mieux, au moins ce serait digne. Est-ce qu’ils bavardent, les morts, les cent vingt-neuf ? Mais le silence a aussi ses défauts, il a ce vilain goût d’inachèvement, et quand il se prolonge trop il prend des airs d’absence de conscience, d’irresponsabilité, ou pire, de lâcheté. Alors quoi ? Alors quoi, quoi faire avec sa langue et ses dix doigts ? Écrire ? Mais c’est moche vous savez, car c’est aussi sujet en or pour un écrivain, les écrivains font semblant de ne pas le savoir, c’est pain béni pour eux, car ça débloque la langue ce cent vingt-neuf, ça ouvre les vannes, les veines, le sang est comme l’encre, il coule. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je lis de très belles choses, je pense au papier d’Agnès Desarthe dans Le Monde, très beau texte intelligent et généreux, texte qui va vers ce qui rassemble et pas ce qui sépare : « Hier, toute cette nuit, aujourd’hui et peut-être demain, nous avons été, sommes, serons des cibles. Ne pas se laisser réduire à ça, à ce double rôle que nous propose la terreur : spectateur ou cible. Tu regardes le feuilleton depuis ton canapé ou tu te déplaces dans la ville en essayant d’éviter les rafales de kalach’. Quand la mort devient un jeu, il est impératif de quitter l’arène. Quitter l’arène morbide, fanatique, simpliste, avilissante. Proposer d’autres règles, d’autres jeux. Sortir de la dualité du comme et du pas comme, ne pas se laisser se fasciner par les miroirs… »

Cent vingt-neuf vies prises, volées, saccagées, massacrées. Froidement abattues. Cent vingt-neuf destins brisés. Je voudrais, j’aimerais cent vingt-neuf livres, chacun racontant la vie de chaque victime. Peut-être que c’est possible, peut-être que ça ne l’est pas. Ce que je sais c’est que je n’arrive plus à faire comment avant le vendredi 13 novembre 2015. Bien-sûr, il y avait eu Charlie en début d’année et Charlie c’était déjà trop mais Charlie on pu penser juste après la stupeur, on pouvait penser car on a pu se dire que « seule » la liberté d’expression était attaquée, on avait les armes sémantiques pour riposter, y’avait de la logique, on s’y attendait un peu, on était surpris sans l’être vraiment. Là, ce qui vient de se passer, cent vingt-neuf, c’est trop, ça déborde. Je ne sais pas comment dire, la limite du supportable est dépassée, on y arrive pas, on y arrive plus, on hésite entre colère, fatigue et dégoût. Et les politiciens reprennent leurs habitudes, la droite et la gauche, la droite dans l’indécence la plus crasse, Sarkozy déjà et encore en campagne avec son petit grand phallus, blablabla, maintenant la guerre qu’ils disent, c’est la guerre, va-t-en guerre. Moi je n’en veux pas de votre guerre dont les enjeux nous dépassent de toute façon, c’est pour ça que je ne veux pas non plus du drapeau tricolore, non merci, nous sommes mal informés, je sens la puanteur de la désinformation, la manipulation des masses, l’information en noir et blanc, sans pédagogie aucune, les méchants et les gentils, c’est encore la même histoire, et allez, on rase tout, on lâche des bombes. Avez-vous bombardé Daesh quand Palmyre a été détruite ? Hein ? Ce n’étaient que de vieilles pierres, c’est ça ? Mais pourtant avec Palmyre c’était déjà la guerre la grande, c’était déjà inacceptable, et il aurait fallu riposter internationalement pour les vieilles pierres, muettes, pleines des voix et des visages du passé… Cent vingt-neuf, c’est difficile à croire mais « toutes les images disparaîtront », elle a raison Annie Ernaux, oui, viendra un jour où ce vendredi 13 novembre sera « aussi loin » dans le passé que la Guerre du Golfe ou le 11 septembre, ou Marignan 1515… Nous sommes des fourmis, me disait Mireille, fourmis aux mémoires élastiques, fluctuantes. Quand la fourmilière est détruite, les fourmis en construisent une autre. La Reine est morte ? Vive la Reine !

Cent vingt-neuf, je rentre tard chez moi depuis une semaine, je traine dans la rue, je marche dehors, vers minuit, une heure, deux heures, je fais des kilomètres, je tourne en rond, je cherche le sommeil. Hier soir rue de la Fontaine au Roi, je venais d’aller faire une bise à mon amie Cécile Helleu qui a un restau juste là où le carnage eu lieu, Cécile qui a sauvé des vies en accueillant des gens dans son restau, je marchais, je regardais les fleurs devant les cafés attaqués, les bougies, les impacts de balles, les messages, les photos. Il y avait cette fille assise par terre qui faisait des bulles de savon en pleurant, les bulles volaient puis explosaient sans bruit. Plus loin il y avait ce type qui glissait au milieu des fleurs des dessins d’enfants, il en avait tout un tas. Je me suis approché et je lui ai parlé, le type était instit, il venait de Dreux, il avait promis à ses élèves, des gamins entre 7 et 10 ans, de déposer leurs dessins au plus près des lieux du massacre. J’ai trouvé ça beau, ça ne sert absolument à rien mais le geste était beau, discret, silencieux et gratuit, vers 1 heures du matin, loin des cameras, le type avait un train aller / retour pour la soirée. Cent vingt-neuf, j’ai continué ma déambulation, j’ai pris le boulevard Voltaire, je me suis à nouveau arrêté devant le Bataclan, vers 1h30 un garçon avec une casquette noire était assis là sur le trottoir et il pleurait doucement, il pleurait assis par terre, prenant sa tête dans ses mains. Je n’ai rien dit, rien fait. Quatre vingt dix-neuf au Bataclan.

Cent vingt-neuf, ça m’empêche de penser. Je marche encore, je compte mes pas, j’oublie le nombre comme j’oubliais celui des moutons quand j’étais petit. Cent vingt-neuf.

Stéphane Albertini, 39 ans, chef de salle du restaurant Chez Livio à Neuilly-sur-Seine, père d’un garçon de 4 ans, tué au Bataclan aux côtés de Pierre Innocenti, gérant de ce même restaurant.

Nick Alexander, 36 ans, un Anglais de Colchester, il vendait des produits à l’effigie du groupe Eagles of Death Metal.

Jean-Jacques Amiot, 68 ans, fan de rock, familier des salles de concert, père de deux filles et deux fois grand-père.

Anne-Laure Arruebo, 36 ans, elle travaillait à la direction générale des Douanes à Montreuil, elle est morte alors qu’elle partageait un verre entre amis à la terrasse d’un café, tout comme sa collègue et amie, Cécile Coudon Peccadeau de l’Isle.

Thomas Ayad, 32 ans, originaire d’Amiens, passionné de hockey sur gazon il était producteur pour la maison de disques Mercury Music Group.

Guillaume Barreau-Decherf, 43 ans, père de deux filles, journaliste indépendant, il couvrait notamment la musique rock pour Les Inrockuptibles.

Chloé Boissinot, 25 ans, originaire de Château-Larcher dans la Vienne, elle et son petit ami Nicolas, blessé, étaient en train de dîner au restaurant Le Petit Cambodge lorsque les assaillants ont ouvert le feu.

Emmanuel Bonnet, né en 1967, employé de la RATP et habitant de la Chapelle-en-Serval dans l’Oise, il était au Bataclan avec son fils qui lui a survécu.

Maxime Bouffard, 26 ans, originaire du Coux en Dordogne, fêtard, amateur de rugby, il habitait depuis quatre ans à Paris, où il réalisait des films.

Quentin Boulenger, 29 ans, cet habitant du XVIIe arrondissement était originaire de Reims.

Macathéo Ludovic Boumbas, dit Ludo, 40 ans, mort à La Belle équipe où il fêtait l’anniversaire d’une amie. Il a voulu protéger une amie, Chloé, en se mettant sur elle. Il s’est pris une rafale. D’origine congolaise, Ludo était ingénieur chez le transporteur FedEx.

Élodie Breuil, 23 ans, tuée au Bataclan où elle passait la soirée avec six amis. Elle étudiait le design à Paris, à l’École de Condé.

Ciprian Calciu, 32 ans, de nationalité roumaine, mort au restaurant La Belle équipe, où il se trouvait avec sa compagne, Lacramioara Pop. Ils étaient parents d’un enfant âgé de 18 mois.

Nicolas Catinat, 37 ans, tué au Bataclan alors qu’il se trouvait dans la fosse. Habitant à Domont dans le Val-d’Oise, il a cherché à protéger ses amis en se plaçant en bouclier humain.

Baptiste Chevreau, 24 ans, jeune guitariste, passionné de musique, il était le petit-fils de la chanteuse Anne Sylvestre.

Nicolas Classeau, 40 ans, père de trois enfants âgés de 6, 11 et 15 ans, est tombé sous les balles au Bataclan, où il assistait au concert avec sa compagne, blessée.

Anne Cornet, 29 ans. Originaire de Houdlémont en Meurthe-et-Moselle, la jeune femme a été tuée au Bataclan avec son mari Pierre-Yves Guyomard, avec lequel elle résidait à Saint-Germain-en-Laye.

Precilia Correia, 35 ans, portugaise ayant grandi à Asnières, elle était employée depuis de nombreuses années à la Fnac-La Défense, où elle était aussi déléguée CFDT du personnel et élue au comité d’établissement.

Cécile Coudon Peccadeau de l’Isle, 37 ans, elle était inspectrice à la direction générale des Douanes à Montreuil, comme sa collègue et amie Anne-Laure Arruebo, décédée également.

Marie-Aimée Dalloz, 34 ans, morte sous les balles alors qu’elle se trouvait à la terrasse de la Belle Equipe. Cette Parisienne travaillait chez la société financière Amundi. Je connais sa mère que j’embrasse tendrement, Danièle Dalloz, psychanalyste.

Nicolas Degenhardt, 37 ans, mort rue de la Fontaine-au-Roi, il vivait à Paris où il donnait des cours de yoga.

Elsa Delplace, 35 ans, était venue au concert des Eagles of Death Metal avec sa mère Patricia San Martin, 61 ans, et son fils de 5 ans. Seul le garçonnet a survécu.

Alban Denuit, 32 ans, plasticien bordelais diplômé des Beaux-Arts de Paris, il avait obtenu cet été son doctorat en arts plastiques avec les félicitations du jury à l’unanimité, après une thèse entamée en 2009 à Bordeaux 3, où il enseignait.

Vincent Detoc, 38 ans, architecte, père de deux enfants de 7 et 9 ans, était un fan de musique et guitariste amateur.

Asta Diakite, morte alors qu’elle prenait un verre en terrasse avec une amie.

Manuel Colaco Dias, 63 ans, un Portugais fan de foot qui vivait depuis 45 ans à Paris, il a péri alors qu’il se trouvait à l’extérieur du Stade de France.

Romain Didier, 32 ans, était rue de Charonne avec sa compagne, Lamia Mondeguer, lorsqu’ils se sont fait tous les deux abattre.

Lucie Dietrich, 37 ans, tombée lors de la fusillade survenue rue de la Fontaine-au-Roi. Créatrice de bijoux, infographiste, maquettiste et diplômée en stratégie digitale, elle avait récemment travaillé pour le journal L’étudiant.

Elif Dogan, de nationalité belge, installée depuis quatre mois dans la rue du Bataclan, elle est décédée sous les balles des terroristes, comme son compagnon Milko Jozic.

Fabrice Dubois, 46 ans, concepteur rédacteur chez Publicis conseil, il se trouvait au milieu de la fosse du Bataclan lorsque les terroristes ont fait irruption. Il était venu au concert avec quelques amis. Marié, père de deux enfants de 11 et 13 ans, il était surnommé le « gentil géant » en raison de sa haute taille de 2 mètres.

Romain Dunet, 25 ans, un grand fan de musique, de ukulélé et de chant, enseignant d’anglais dans un ensemble scolaire parisien, il était également membre d’un groupe de musique.

Thomas Duperron, 30 ans, un parisien originaire d’Alençon, il s’occupait de la communication de la salle de concert parisienne La Maroquinerie.

Mathias Dymarski, 22 ans, ingénieur travaux, originaire d’Ancy-sur-Moselle en Moselle. Ce fan du groupe Eagles of Death Metal, également passionné de skate et de BMX, il était au concert au Bataclan avec sa petite amie Marie Lausch et deux amis originaires de Metz. Leurs deux amis ont réussi à s’en sortir, pas eux.

Germain Ferrey, 36 ans, originaire de Vienne-en-Bessin dans le Calvados, il vivait à Paris et travaillait dans l’audiovisuel.

Romain Feuillade, 31 ans, était sur la terrasse de La Belle Equipe, jeune homme marié, originaire de Gilly-sur-Isère en Savoie s’était installé à Paris pour devenir comédien. Il tenait un restaurant dans le XIe arrondissement, Les Cent kilos, avec un associé.

Grégory Fosse, 28 ans, habitant de Gambais dans les Yvelines était programmateur musical pour la chaîne D17.

Christophe Foultier, 39 ans, directeur artistique, père de deux enfants et passionné de rock.

Julien Galisson, 32 ans, il avait grandi à Orvault et habitait Nantes, passionné de musique et de voyages, il s’était rendu au concert avec une amie qu’il a protégée de son corps.

Suzon Garrigues, 21 ans, étudiante en troisième année de licence de lettres modernes appliquées à l’Université Paris-Sorbonne.

Mayeul Gaubert, 30 ans, juriste, originaire de Saône-et-Loire, il travaillait depuis cinq ans pour l’organisme de formation continue Cegos.

Salah Emad el-Gebaly, 28 ans, Egyptien, originaire de la ville de Garbya, il habitait à Paris depuis quelques années. Il venait de se marier en Egypte, où réside sa femme.

Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans, ancienne collaboratrice du Figaro Madame, mère de deux enfants adoptés à Madagascar. Elle se trouvait en compagnie de plusieurs amis à la terrasse du restaurant La Belle Equipe au moment des attaques. Mariée au photographe Stéphane de Bourgies, elle avait abandonné sa carrière de journaliste il y a un an pour se consacrer à une association humanitaire qu’elle avait créée en 2004.

Michelli Gil Jaimez, 27 ans, était originaire de l’État de Veracruz, au Mexique. Elle a été tuée au restaurant La Belle équipe.

Matthieu Giroud, 39 ans, géographe, originaire de Grenoble. Maître de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste du phénomène de gentrification, ce père d’un petit garçon de 3 ans était sorti vendredi soir avec des amis au Bataclan. Il vivait à Paris avec sa compagne, enceinte de leur deuxième enfant.

Cédric Gomet, 30 ans, originaire de Foucherans dans le Jura et résidant à Paris, se trouvait au Bataclan avec l’un de ses amis, Cédric, lui-même blessé par balles à la jambe au cours de l’assaut.

Nohemi Gonzalez, 23 ans, de nationalité mexicaine et américaine, se trouvait à la terrasse du Petit Cambodge en compagnie d’une amie. Etudiante en troisième année à l’université d’État de Long Beach en Californie, elle se trouvait à Paris dans le cadre d’un semestre d’échange universitaire à l’école de design Strate de Sèvres, elle devait rentrer aux États-Unis le mois prochain.

Juan Alberto González Garrido, ingénieur espagnol de 29 ans, travaillait pour EDF. Originaire de Grenade (Espagne), amateur de rugby, il vivait à Paris avec son épouse Angelina Reina, 33 ans. Présente à ses côtés au Bataclan vendredi soir, cette dernière a expliqué dans un communiqué s’être jetée au sol puis être restée longtemps allongée auprès de son mari inconscient, jusqu’à ce que la police lui dise qu’elle devait sortir de la salle.

Pierre-Yves Guyomard, ingénieur du son et professeur en sonorisation à l’Institut supérieur des techniques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bataclan avec sa femme Anne Cornet.

Stéphane Hache, 52 ans, dont les parents résident aux Sables-d’Olonne, louait un petit studio donnant sur l’arrière de la salle du Bataclan. Son corps a été retrouvé au cours du week-end. Alors que la fenêtre était ouverte, il aurait été victime d’une balle perdue, dans le dos, qui a sans doute ricoché.

Thierry Hardouin, 36 ans, sous-brigadier au dépôt de Bobigny, devait passer la soirée à Paris au restaurant la Belle Equipe, rue de Charonne, pour célébrer l’anniversaire de sa compagne. Il était père de deux enfants.

Olivier Hauducoeur, 44 ans, banquier. Diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’Ingénieurs de Caen, il travaillait depuis 2006 au sein du groupe BNP Paribas.

Frédéric Henninot, 45 ans, père de deux enfants. Il travaillait à Cergy-Pontoise pour la Banque de France.

Pierre-Antoine Henry, 36 ans, est décédé sous les balles des assaillants dans la salle du Bataclan. Père de deux enfants, ce fan de rock, inconditionnel du groupe Pearl Jam, était ingénieur et vivait en région parisienne.

Raphaël Hilz, 28 ans. Né en Bavière, en Allemagne, il était architecte et avait été embauché dans le cabinet de Renzo Piano à Paris. Vendredi soir, il était allé dîner au Petit Cambodge avec deux collègues, blessés lors de l’attaque.

Mathieu Hoche, 38 ans, était cameraman pour la chaîne télévisée France 24 et père d’un enfant de six ans. Il habitait Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

Djamila Houd, 41 ans, une Parisienne originaire de Dreux et mère d’une fillette de 8 ans, selon le journal L’Echo Républicain. Elle a été tuée sur la terrasse du restaurant La Belle Equipe.

Mohamed Amine Ibnolmobarak, marocain, était architecte encadrant à l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais. Il a été tué alors qu’il se trouvait au bar le Carillon en compagnie de sa femme, blessée.

Pierri Innocenti, 40 ans. Mort sous les balles du Bataclan, il s’y trouvait avec le chef de salle de son restaurant, Stéphane Albertini, également décédé. Il était le propriétaire du restaurant italien Chez Livio, à Neuilly-sur-Seine.

Nathalie Jardin, 31 ans, régisseuse lumières au Bataclan. Originaire de Marcq-en-Baroeul, la jeune femme avait auparavant travaillé pour « Marcel et son orchestre » et les Fatals picards.

Marion Jouanneau, 24 ans. Son compagnon, un kinésithérapeute qui a réussi à échapper au massacre, a multiplié les avis de recherche pendant le week-end, postant et repostant sur les réseaux sociaux un souriant portrait d’une jeune femme aux cheveux blonds cendrés.

Halima Ben Khalifa Saadi Ndiaye, 37 ans, était originaire de Menzel Bourguiba en Tunisie, près de Bizerte. Cette jeune femme était mariée à un Sénégalais, Adama Ndiaye, et vivait à Dakar. Sa famille est installée au Creusot, mère de deux jeunes garçons, elle était à Paris, au restaurant La Belle équipe, pour fêter l’anniversaire d’une amie.

Hodda Ben Khalifa Saadi, 35 ans, soeur de Halima, vivait à Paris. Présente vendredi soir avec Halima et l’un de ses frères à la fête d’anniversaire, elle est décédée samedi des suites de ses blessures.

Jean-Jacques Kircheim, 44 ans, est tombé sous les balles du Bataclan, la salle où il avait embrassé pour la première fois sa compagne. Fan d’Eagles of Death Metal, il avait déjà vu le groupe au Trianon deux mois plus tôt, et voulait y retourner avec ses trois meilleurs amis.

Hyacinthe Koma, 37 ans. Serveur au restaurant Les Chics Types, dans le 19e arrondissement, il participait à une soirée d’anniversaire au restaurant La Belle Equipe rue de Charonne.

Nathalie Lauraine, 39 ans. Cette Franco-Russe, mère de trois enfants, a été tuée au Bataclan. Son mari, présent à ses côtés au concert, a été blessé.

Marie Lausch, 23 ans, originaire de Metz, diplômée de l’école de commerce de Reims, et qui venait de terminer une mission pour un groupe de cosmétiques, se trouvait dans la salle du Bataclan avec Mathias Dymarski, son compagnon depuis cinq ans. Lui aussi est décédé.

Gilles Leclerc, 32 ans, est mort au Bataclan, a annoncé sa tante lundi en début de soirée, après trois jours d’incertitudes. Le jeune homme était fleuriste dans la boutique de sa mère, à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d’Oise), au nord de Paris.

Guillaume Le Dramp, 33 ans, figure du quartier, buvait un verre en terrasse au bar La Belle Equipe quand il a été tué. Originaire de Cherbourg, il avait fait ses études à Caen avant d’aller à Parme (Italie) puis à Paris, où il travaillait dans un restaurant derrière la place des Vosges.

Renaud Le Guen, 29 ans, a été tué au Bataclan où il se trouvait avec sa compagne, rescapée.

Christophe Lellouche, 33 ans, tué au Bataclan, était créateur de sites internet. Ce supporter de l’OM, guitariste et compositeur du groupe Oliver, était surtout un fan de musique et de concerts.

Antoine Mary, 34 ans, originaire de Caen, a fait sa scolarité au lycée Jeanne d’Arc de Caen et a travaillé pour l’agence de communication web Milky, en tant que responsable de développement.

Cédric Mauduit, 41 ans. Directeur de la modernisation du département du Calvados, en Normandie. Il avait deux jeunes enfants. Il a été tué au Bataclan alors qu’il assistait au concert avec des amis, dont une autre victime, David Perchirin.

Charlotte Meaud, 30 ans, est morte avec sa soeur jumelle, Emilie, sur la terrasse du café Le Carillon. Cette chargée de développement de start-up, passionnée de musique et de sport, habitait dans le XXe arrondissement de Paris et a grandi à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne), elle a fait ses études à Lyon et à Strasbourg.

Émilie Meaud, 30 ans, tuée avec sa soeur jumelle Charlotte sur la terrasse du Carillon, était architecte à Paris. Originaire de Haute-Vienne, elle aimait le rock et les films d’Eric Rohmer.

Isabelle Merlin, 44 ans. Ingénieur pour Continental à Rambouillet, elle était aussi élève à l’école de musique et de chant L’Académie du XIIIe à Paris.

Fanny Minot, 29 ans, monteuse pour l’émission Le Supplément sur Canal + depuis plusieurs années.

Yannick Minvielle, 39 ans, travaillait dans la publicité et chantait dans un groupe de rock. Il est mort au Bataclan.

Cécile Misse, 32 ans, a été tuée au Bataclan, aux côtés de son compagnon, Luis Felipe Zschoche Valle, un musicien chilien. La jeune femme, installée à Paris depuis 2006, était chargée de production au théâtre Jean-Vilar de Suresnes, dans l’ouest parisien.

Lamia Mondeguer a été tuée rue de Charonne alors qu’elle était avec son compagnon, Romain Didier. Elle travaillait pour l’agence artistique Noma Talents.

Marie Mosser, 24 ans, une passionnée de musique originaire de Nancy, s’était récemment installée à Paris, spécialiste en communication et marketing digital, elle travaillait pour un site internet people.

Justine Moulin, 23 ans, était sur la terrasse du Petit Cambodge lorsque les jihadistes ont fait feu. La jeune femme, blessée à la tête, est décédée samedi matin à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Issue d’une famille du Nord, elle vivait à Paris.

Quentin Mourier, 29 ans, tué au Bataclan. Cet architecte, originaire de Rouffach (Haut-Rhin), enseignait à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles et collaborait avec l’association Vergers Urbains.

Victor Muñoz, 25 ans, est mort à La Belle Équipe, rue de Charonne. Il était le fils d’un élu du XIe arrondissement.

Christophe Mutez, 40 ans, était au Bataclan lorsqu’il s’est fait abattre. Ce Parisien consultant dans les logiciels informatiques était originaire du Loiret.

Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, tuée au Bataclan. Elle était maquilleuse-coiffeuse à Paris et travaillait dans la mode ou sur des tournages.

Bertrand Navarret, 37 ans. Selon le journal La Dépêche du Midi, il avait grandi à Tarbes, où son père est notaire, et vivait à Capbreton, sur la côte landaise. Il était parti à Paris pour passer quelques jours dans la capitale et assister au concert au Bataclan.

Christopher Neuet-Shalter, 39 ans, est tombé sous les balles du Bataclan, où il s’était rendu avec son meilleur ami. Consultant formateur en marketing numérique, il vivait à Clichy (Hauts-de-Seine) avec sa compagne et leur fille de 11 ans.

David Perchirin, une quarantaine d’années. Après avoir été journaliste, il était devenu récemment professeur des écoles et enseignait depuis septembre 2014 en Seine-Saint-Denis. Il est mort au Bataclan aux côtés de son ami Cédric Mauduit, rencontré à Sciences Po Rennes.

Aurélie de Peretti, 33 ans, une infographiste de formation reconvertie dans la restauration, se faisait une joie depuis des semaines d’assister au concert du Bataclan. La jeune femme, décrite comme lumineuse, a été tuée dans la salle de concert.

Manu Perez, 40 ans, directeur artistique chez Polydor.

Anna Petard Lieffrig, 27 ans, graphiste. Elle a été tuée alors qu’elle dînait à la terrasse du Petit Cambodge avec sa sœur Marion, décédée également.

Marion Petard Lieffrig (ou Lieffrig-Petard selon son profil Facebook), 24 ans. Elle a été tuée avec sa sœur Anna. Elle était musicienne et étudiante en première année du master franco-italien de musicologie à l’Université Paris-Sorbonne.

Franck Pitiot, 33 ans, était au Bataclan. Sa compagne, sans nouvelles, avait lancé des avis de recherches sur les réseaux sociaux pendant trois jours, avant que sa mort ne soit annoncée. Le jeune homme, originaire de Meudon, avait fait ses études d’ingénieur dans le BTP à Nancy.

Lacramioara Pop, roumaine, a été abattue au restaurant La Belle équipe, où elle se trouvait avec son compagnon, Ciprian Calciu.

Caroline Prenat, 24 ans, est morte au Bataclan. Cette graphiste lyonnaise était diplômée des Arts appliqués de Lyon et de l’Ecole Condé de Nancy.

François-Xavier Prévost, 29 ans, mort au Bataclan. « L’amour de ma vie, à jamais », écrit sa compagne sur la page Facebook créée pour lui rendre hommage. Ce passionné de tennis travaillait dans la publicité à Lille.

Sébastien Proisy, 38 ans, était sur la terrasse d’un restaurant rue Bichat lorsqu’il a été tué d’une balle dans le dos. Il accompagnait l’un de ses clients, avec qui il dînait, pour fumer une cigarette sur le trottoir. Diplômé de Sciences-Po Paris, il avait travaillé au Parlement européen à Bruxelles puis dans un cabinet d’avocats, avant de créer deux sociétés, l’une pour aider les entrepreneurs à s’installer en Iran et en Asie centrale, l’autre pour promouvoir l’agriculture française à l’international.

Armelle Pumir-Anticevic, 46 ans, est morte au Bataclan, où elle se trouvait avec son mari, Joseph. Chef de fabrication, mère de famille, cette Parisienne était aussi attachée aux Pyrénées-Orientales, où elle possédait une maison.

Richard Rammant, 53 ans, est mort au Bataclan en protégeant sa femme, Marie-Do, qui a survécu. Il s’est couché sur elle et a reçu plusieurs balles mortelles. Ce fan de rock et de motos Harley-Davidson, était parisien mais toujours attaché à sa région natale du Lot, où il était bénévole dans un festival de blues.

Valentin Ribet, 26 ans, tué au Bataclan, ce jeune avocat prometteur du barreau de Paris était diplômé de la London School of Economics, et a suivi des études à la Sorbonne. Spécialisé dans la criminalité en col blanc, Valentin était « un avocat talentueux, très aimé par ses collègues », a fait savoir son cabinet, la firme internationale Hogan Lovells.

Matthieu de Rorthais, 32 ans, est mort dans l’attaque du Bataclan. Son père et sa soeur lui ont rendu hommage sur Facebook, cette dernière saluant la mémoire de son grand frère, « la plus belle étoile du ciel ».

Thibault Rousse Lacordaire, 36 ans. Tué au Bataclan. Contrôleur financier depuis treize ans à la branche française du fonds de capital-risque américain Colony Capital, après des études d’économie et de gestion, il était également bénévole au Relais Frémicourt, une association parisienne visant à apporter une aide aux personnes démunies. Il voulait faire du volontariat en mettant ses compétences au service d’organisations à but non lucratif.

Raphaël Ruiz, 37 ans, mort au Bataclan. Il était « passionné de musique, de cinéma, de BD» selon l’association des anciens de Sciences Po Grenoble. Il travaillait depuis dix ans chez Ubiqus.

Madeleine Sadin, 30 ans, morte au Bataclan. Parisienne, passionnée de danse, elle enseignait le français dans un collège du Val-de-Marne.

Kheireddine Sahbi, 29 ans, ce violoniste de nationalité algérienne, il rentrait chez lui vendredi après une soirée avec des amis lorsqu’il a été tué. Après des études de sciences, il s’était tourné vers la musique et étudiait depuis un an à Paris.

Lola Salines, 28 ans, éditrice chez Gründ, est morte au Bataclan. Décrite comme « attentionnée, sensible, rigoureuse, branchée, enthousiaste », elle faisait également du roller derby sous le pseudo Josie Ozzbourne, dans l’équipe La boucherie de Paris.

Patricia San Martin, 61 ans, était la nièce de l’ambassadeur chilien au Mexique. Cette fonctionnaire à la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis) est tombée sous les balles des terroristes au Bataclan, ainsi que sa fille, Elsa Delplace.

Hugo Sarrade, 23 ans, débutait son weekend à Paris par ce concert au Bataclan, avant de rejoindre son père en région parisienne. Étudiant en intelligence artificielle à Montpellier, Hugo était persuadé que « l’obscurantisme est notre pire ennemi », selon son père, interrogé par le quotidien Midi Libre.

Claire Scesa-Camax, 35 ans, graphiste. Originaire d’Avignon, diplômée de l’Ecole professionnelle supérieure d’arts graphiques de la Ville de Paris (Epsaa), elle était graphiste à Paris depuis 2009.

Maud Serrault, 37 ans. Elle était depuis trois ans en charge du marketing et de la communication de la filiale française de la chaîne hôtellière Best Western. Diplômée du Celsa, cette jeune mariée avait auparavant travaillé chez Renault, Intermarché, puis chez Hammerson.

Sven Silva Perugini, un jeune Vénézuélien qui vivait à Palma de Majorque (Espagne), a été abattu au Bataclan, a annoncé le président du Venezuela, Nicolas Maduro.

Valeria Solesin, 28 ans, est morte au Bataclan, après avoir été prise en otage avec son fiancé et deux proches. Cette Italienne originaire de Venise, doctorante en démographie, vivait depuis quatre ans à Paris.

Fabian Stech, 51 ans, tué au Bataclan était critique d’art et aussi enseignant d’allemand dans un lycée privé de Dijon. Né à Berlin, il était installé en France depuis 1994 où il était marié à une avocate dijonnaise et père de deux enfants.

Ariane Theiller, 23 ans, est morte au Bataclan, où elle se trouvait avec des amis. Originaire du Nord, cette passionnée de bande dessinée s’était installée à Paris après des études de Lettres à Orléans et à Strasbourg.

Eric Thomé, photographe et graphiste parisien, âgé d’une quarantaine d’années, passionné de musique, mort au Bataclan.

Olivier Vernadal, 44 ans, a été abattu au Bataclan. Agent des impôts à Paris, il était originaire de Ceyrat (Puy-de-Dôme).

Stella Verry, 37 ans, dînait au Petit Cambodge, rue Bichat, lorsque les balles ont fusé. Médecin généraliste, elle avait récemment ouvert un cabinet dans le XIXe arrondissement de Paris, tout en étant médecin régulateur du Samu.

Luis Felipe Zschoche Valle, 33 ans, chilien, habitait depuis huit ans avec sa femme à Paris, où il travaillait comme musicien, selon les autorités chiliennes.

Lola, une jeune Arménienne de 17 ans, est morte au Bataclan. L’adolescente, l’une des plus jeunes victimes de la tuerie, était devenue emblématique des avis de recherches postés sur les réseaux sociaux depuis vendredi soir, tant la photo de son visage avait été partagée. Sa mort a été annoncée mercredi matin.

Cent vingt-neuf et il en manque, certaines familles n’ont pas souhaité que le nom de leur proche soit rendu public. Cent vingt-neuf ? Non, cent trente, au moment où j’écris ces lignes on apprend que Stéphane Grégoire, 46 ans, est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures. C’est long, cent trente, très long. Interminable liste. Toutes les images disparaîtront et comme il était doux ce mois de novembre à Paris, si doux, incroyablement doux, c’était l’été indien, dérèglement climatique, tout le monde était aux terrasses des cafés, c’était la joie de vivre, le bonheur à la française, à la bonne franquette, il y a quelques jours. Maintenant il va falloir entrer dans l’hiver, les arbres vont prendre l’apparence d’arbres morts et il faudra attendre le printemps, qui viendra, le printemps et Perséphone finissent toujours par venir, revenir.